POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

MON ANNÉE POLITIQUE (3/10)

«La crise climatique est une priorité absolue»



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Djuna Bernard: «Notre parti note clairement un besoin pour une Constitution moderne, qui représente les développements sociaux d’aujourd’hui.» Jan Hanrion / Maison Moderne Publishing SA

Préparer la rentrée politique, c’est le devoir de vacances que Paperjam a donné à plusieurs acteurs de la vie publique! Aujourd’hui, Djuna Bernard et Christian Kmiotek, coprésidents de Déi Gréng, nous confient leurs objectifs et les enjeux qui attendent le Luxembourg cette année.

L’urgence de la crise climatique est une priorité absolue pour notre parti. Après de nombreuses démarches participatives, nous attendons la finalisation du plan national intégré en matière d’énergie et de climat (PNEC), avec le but d’atteindre la neutralité climatique du Luxembourg et de l’UE d’ici 2050. De plus, le Luxembourg prend un rôle pilote en adoptant une loi transversale sur la protection du climat, afin d’assurer une approche coordonnée entre les différents ministères.

Dans le domaine de la mobilité, nous soutenons le développement qualitatif du réseau ferroviaire et de la gare du Luxembourg, suivi d’une réorganisation nationale du réseau de bus RGTR, ainsi que l’extension considérable des pistes cyclables.

Notre parti souhaite un débat sur l’évaluation de la loi de 2009 sur l’organisation des écoles fondamentales et sur le futur de notre système éducatif.
Djuna Bernard

Djuna Bernard,  députée,  Déi Gréng

Nous soutenons aussi des mesures pour lutter contre la spéculation foncière, sachant que la majorité des terrains appartient à une minorité aisée. Le Pacte logement sera retravaillé, et il faut mettre l’accent sur la location de logements sociaux, tout en responsabilisant les communes concernant le logement social à coût abordable. Avec le projet de loi sur la protection du patrimoine, nous attendons la création d’un centre de la culture industrielle et la protection des bâtiments relatifs, comme notamment la Halle des Soufflantes à Esch-Belval.

Notre parti est favorable à l’introduction d’une loi moderne sur la protection de la jeunesse, basée sur la convention des Nations unies des droits de l’enfant, et qui crée des infrastructures de support et de réhabilitation pour adolescents et jeunes adultes.

De plus, notre parti souhaite un débat sur l’évaluation de la loi de 2009 sur l’organisation des écoles fondamentales et sur le futur de notre système éducatif. Tenant en compte les défis actuels et futurs, comme, entre autres, le nombre d’enseignants, les défis concernant l’accueil et l’inclusion, et la coopération entre services d’éducation et d’accueil et les écoles.

Nous préconisons une stratégie nationale créant des structures d’accueil qualitatives permettant aux réfugiés d’y vivre dignement. En parallèle, la «Shuk» devra être remplacée par une nouvelle structure semi-ouverte permanente avec une gestion plus holistique et individualisée.

Le parti vert s’attend aussi à des débats plus transversaux avec les différents ministères, le législateur, et surtout avec la population.
Djuna Bernard

Djuna Bernard,  députée,  Déi Gréng

De plus, il faut entamer les procédures législatives afin de garantir l’accessibilité des traitements médicaux d’assignation du sexe à un âge où les personnes intersexes sont en mesure de donner leur consentement libre et éclairé, ainsi que d’en garantir le remboursement par les caisses de santé publiques.

La réforme fiscale modernisera notre fiscalité afin de ne plus tenir compte de la situation personnelle changeante du contribuable, mais de la charge effective et de la capacité contributive de chacun. Les impôts étant un instrument de pilotage des politiques par excellence, la réforme contiendra des mesures quant au logement, ainsi que des incitations visant la réduction de l’utilisation des ressources naturelles et du rejet de gaz à effet de serre.

À part ces projets de loi précis, le parti vert s’attend aussi à des débats plus transversaux avec les différents ministères, le législateur, et surtout avec la population. Concernant le débat sur la croissance économique qualitative, nous observons que, suite au lancement du processus «Rifkin» et des consultations y relatives avec le grand public il y a quelques années, il n’y a plus eu de débat sur ce sujet. Avec les débats récents autour des projets de Google et de Fage , nous estimons qu’il s’agit du bon moment pour relancer ce débat.

Finalement, n’oublions pas les discussions récentes autour de la Constitution, où notre parti note clairement un besoin pour une Constitution moderne, qui représente les développements sociaux d’aujourd’hui.