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Spéculation

Credit Suisse et les comptes du scandale Archegos



Credit Suisse avait prêté des milliards d’euros au fonds Archegos pour soutenir ses activités spéculatives. (Photo: Shutterstock)

Credit Suisse avait prêté des milliards d’euros au fonds Archegos pour soutenir ses activités spéculatives. (Photo: Shutterstock)

Credit Suisse prévoit une perte trimestrielle supérieure à 800 millions d’euros après l’affaire du fonds Archegos. Elle réduit donc dividendes et bonus et fait porter la responsabilité à deux de ses directeurs.

Dix jours après le scandale du fonds Archegos, la banque Credit Suisse vient de décider des mesures fortes. D’après ses calculs, les prêts accordés au family office de Bill Hwang lui coûteront 900 millions de francs suisses – 813 millions d’euros – de pertes pour les résultats du 1er trimestre, qui seront annoncés à la fin de ce mois.

Elle a en effet estimé que cette affaire lui coûterait, au total, 4,2 milliards d’euros.

Des mesures fortes

Une première mesure décidée par la banque helvétique, ce mardi 6 avril, a été d’annoncer la réduction des bonus de ses cadres et la diminution des dividendes qui seront versés aux actionnaires.

Au niveau humain, deux membres de la direction ont payé pour n’avoir pas su estimer le risque lié à Archegos, un family office que l’on découvre aujourd’hui plus proche du fonctionnement d’un hedge fund.

Ce véhicule d’investissement a en effet largement recouru à l’emprunt auprès de grandes banques pour pouvoir spéculer sur des sociétés technologiques chinoises et américaines, sans visiblement attiser les craintes des courtiers de ces géants de la banque d’investissement.

Credit Suisse a donc décidé de congédier Brian Chin, le directeur de la banque d’investissement, et Lara Warner, directrice du risque.

Des casseroles qui s’accumulent

La banque suisse accumule les déboires depuis plusieurs mois. En février 2020, son CEO, Tidjane Thiam, avait été contraint à la démission après une sombre affaire d’espionnage. Les dirigeants de Credit Suisse avaient en effet lancé une opération d’espionnage contre un de ses banquiers stars, passé à la concurrence.

Il y a un mois à peine, elle a aussi été prise dans la tourmente de la faillite de la fintech Greensill, qui menace la santé du groupe sidérurgique Liberty Steel, propriétaire du site de Dudelange racheté à ArcelorMittal.