POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Statec

Le Covid coûtera 4% de croissance



C’est le dynamisme du secteur des services qui explique la bonne performance du Grand-Duché. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

C’est le dynamisme du secteur des services qui explique la bonne performance du Grand-Duché. (Photo: Romain Gamba / Maison Moderne)

Le Statec chiffre la perte du PIB en volume à 4% pour 2020. Une baisse importante par rapport aux performances économiques habituelles. Pour autant, l’économie a mieux résisté au Luxembourg qu’ailleurs en Europe. Une résilience qui se constate sur le front de l’emploi.

Après un premier semestre de crise, le troisième trimestre a bénéficié d’un fort rebond suite au déconfinement, explique le Statec dans la présentation de sa seconde note de conjoncture pour cette année 2020. Une dynamique qui semble cependant s’essouffler au quatrième trimestre à cause de la nouvelle vague d’infections. Corrélativement, des signes d’inquiétude ressurgissent. 70% des entrepreneurs estiment que le coronavirus pèse sur leur activité. On atteint même 82% dans les services non financiers.

L’évolution de la pandémie rend les prévisions pour 2020 et 2021 assez difficiles, prévient d’emblée le Statec, qui annonce une marge d’incertitude importante. L’office statistique a bâti deux scénarios en fonction des développements de la crise sanitaire. Le premier est basé sur une progression limitée des infections et impactant peu l’activité. Le second intègre une deuxième vague de contaminations plus significative et des restrictions sanitaires plus conséquentes sur la conjoncture.

Pour 2020, la croissance oscille dans une fourchette allant de -4,5 à -3,5%. Pour 2021, on sera entre une croissance de 4% et un repli de l’activité de -0,5%.

Pas d’index avant 2022

L’inflation reste limitée et relativement stable. Le Statec table sur un niveau de 0,9% pour 2020 et de 1,8% pour 2021. Conséquence concrète, il n’y devrait pas y avoir d’indexation avant 2022. Les salariés devront attendre. Pour les entreprises, c’est synonyme de stabilisation de la progression des coûts salariaux. Un coût qui a fortement reculé en 2020 (-6%), grâce aux mesures de soutien aux entreprises, mais qui devrait rebondir de 6% en 2021.

Le Statec estime important le potentiel de rebond de la consommation, principalement à cause de l’épargne constituée depuis le début de l’année et d’une envie du consommateur de rattraper le temps perdu. Mais une dégradation de la confiance pourrait compromettre ce rebond.

La politique de soutien aux entreprises a également eu un effet sur le chômage. Selon la Commission européenne, le Luxembourg sera le seul pays de l’Union où l’emploi ne reculera pas en 2021. Il progressera de 2% en 2020 et 2021 pour un taux de chômage de 6,4%.

C’est, sans surprise, au niveau de l’équilibre des finances publiques que l’impact de la crise s’est fait le plus ressentir. Les recettes publiques ont reculé de 2%. Pour 2021, le Statec prévoit un rebond de +2%. Les dépenses ont, elles, progressé de 15%. Le solde «très négatif» de 2020 (-4,8% du PIB) devrait se résorber en 2021 ou, si la pandémie s’aggravait, tourner autour de -2%.