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Covid-19: un conseil de gouvernement très attendu



Le gouvernement doit se réunir aujourd’hui. La ministre de la Santé fera évidemment un état des lieux de la situation sanitaire. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne/Archives)

Le gouvernement doit se réunir aujourd’hui. La ministre de la Santé fera évidemment un état des lieux de la situation sanitaire. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne/Archives)

Alors que le nombre d’infections augmente de manière spectaculaire, le conseil de gouvernement se réunira aujourd’hui. Ses possibles décisions sont attendues avec une certaine anxiété.

416 mardi, 595 mercredi… , le nombre d’infections au Luxembourg connaît une véritable explosion. La courbe statistique le démontre largement. Le taux de reproduction du virus augmente aussi, ce qui signifie qu’un même malade contamine de plus en plus de monde.

Alors que la situation devient de plus en plus délicate à contrôler, un conseil de gouvernement se réunira aujourd’hui, mais aucune communication publique n’est encore prévue. Il n’est pas encore question non plus de la tenue d’une conférence de presse.

Néanmoins, un point sur la crise sanitaire figurera bien à l’ordre du jour. On imaginerait d’ailleurs mal que cela ne soit pas le cas. «Il faut qu’on regarde les chiffres et leur évolution. Et envisager si des mesures sont à prendre ou pas», confie discrètement un ministre contacté par Paperjam.

La ministre de la Santé,  Paulette Lenert  (LSAP), a souvent rappelé que l’analyse luxembourgeoise était multifactorielle . Cela restera le cas. «Selon moi, le nombre de cas d’infection ne doit pas, en effet, être celui qui prédomine. Ce qui compte surtout, c’est la capacité hospitalière, la tension dans les services par rapport au nombre de lits occupés. Il faut tenir compte de plusieurs facteurs différents», poursuit notre interlocuteur.

Des hôpitaux sous tension

Malheureusement, si la capacité d’accueil demeure importante, la tension augmente tout de même lourdement puisque les représentants des hôpitaux ont rencontré la ministre de la Santé jeudi et que le passage en phase d’alerte orange est envisagé. Ce qui signifierait une limitation des interventions non urgentes, selon RTL. Le personnel n’échappe en effet pas au virus. Une soixantaine de membres du CHL sont en quarantaine actuellement. 22 le sont au sein des équipes de Robert Schuman, et 14 sont positives au Covid-19.

De plus, des mesures strictes sont prises dans presque tous les pays européens, notamment en France et en Belgique, tandis que l’Allemagne a de plus en plus de mal à tenir le virus sous contrôle. Voici plusieurs semaines, Paulette Lenert avait indiqué qu’il faudrait aussi faire preuve de solidarité au niveau européen si la situation globale venait à se dégrader. Et donc parfois se mettre au diapason des autres, aussi pour éviter de devenir «le lieu de fête de la Grande Région», même si des mesures existent au Luxembourg.

Mais cette semaine, elle a indiqué: «Il n’y a pas de raison de prendre des mesures dans l’urgence parce que l’on voit d’autres pays le faire.» Tout en précisant que le gouvernement et la Chambre se tenaient prêts à en prendre… quand même.

Tout cela fait donc un peu désordre et il est bien difficile de s’y retrouver, même si on comprend que rien n’est simple face à une situation très changeante.

Fermer l’horeca seul n’aurait pas de sens.
François Koepp

François Koepp,  secrétaire général,  Horesca

Dans le secteur horeca, on retient son souffle. Mercredi, alors qu’une première nette hausse des contaminations était annoncée,  François Koepp , secrétaire général de l’Horesca, s’inquiétait de nouvelles mesures de confinement dans ce secteur d’activité. «Fermer l’horeca seul n’aurait pas de sens. Il faut alors aussi fermer les écoles, et donc les crèches, les supermarchés… Les principaux lieux de contamination sont, selon moi, les transports en commun, les écoles, les familles. L’horeca ne vient qu’après.

Pour le responsable, il ne faut donc pas sombrer dans la précipitation: «Il faut en tout cas éviter de prendre des décisions sans communiquer et analyser les chiffres avec précision. Où ont lieu les contaminations? Quelles sont les tranches d’âge concernées? Quand vous avez trois personnes de 85 ans hospitalisées, cela fait de suite bouger les chiffres. Gardons notre calme. Fermer un commerce de réparation de vélos, est-ce nécessaire? Il n’y a pas tant de monde que cela qui y passe. Ces gens peuvent continuer à travailler, à mes yeux. Il faut aussi laisser les bouchers et autres petits commerçants ouverts. Une fermeture de l’horeca n’est donc pas une solution puisque cela ne ferait pas baisser les chiffres! Mais que le gouvernement envisage un couvre-feu, par exemple, je peux le croire.»