ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Poser un pied aux États-Unis

Comment un programme d’accélération a aidé EmailTree



Casius Morea et EmailTree font partie des 14 premières start-up à avoir intégré un programme d’accélération américain. De quoi savoir à quoi s’attendre avant d’y poser un pied cette année. (Photo : Simon Verjus/Maison Moderne)

Casius Morea et EmailTree font partie des 14 premières start-up à avoir intégré un programme d’accélération américain. De quoi savoir à quoi s’attendre avant d’y poser un pied cette année. (Photo : Simon Verjus/Maison Moderne)

Le ministre de l’Économie Franz Fayot a annoncé, cette semaine, un troisième programme d’accélération américain accessible aux start-up luxembourgeoises. Une carte qu’EmailTree a jouée l’an dernier «à New York». Retour d’expérience.

100% des gagnants ont tenté leur chance. Le slogan de la Française des jeux pour inciter à jouer au loto devrait être le b.a.-ba des start-up. Cette semaine, le ministre de l’Économie, Franz Fayot (LSAP), a profité d’une e-mission avec le Wisconsin pour offrir des possibilités d’accès à un troisième programme d’accélération , dans le Michigan.

Chaque année, cinq start-up luxembourgeoises, dont le dossier sera étudié par Luxinnovation, pourront intégrer  Gener8tor  pour trois semaines de marathon du développement. L’offre s’ajoute au Benelux Catalyst , à New York, et à la Startup School de Nex Cubed , à San Francisco.

14 start-up ont déjà profité de l’opportunité en deux ans. Elles devaient avoir un chiffre d’affaires conséquent, une forte croissance en vue et des envies de s’implanter aux États-Unis:

Benelux Catalyst (New York)

2020: EmailTree; Yotako

2019: Flen Health; Label R; Airboxlab/Foobot

Nex Cubed Startup School (San Francisco)

2020: ViewMind; SolarCleano; OnePrivacy; Asets-Lux; Maana Electric

2019: ANote Music; SYD Cloud; Passbolt; Inkspired

«J’ai gagné du temps!»

«La crise nous a obligés à suivre ce programme en ligne», résume le CEO d’EmailTree, Casius Morea, «ce qui a été vraiment positif. Parce que j’ai pu découvrir la complexité des choses à préparer, les particularités américaines (incorporation, hiring, taxes, etc.) avant d’y aller sur place. Autrement dit, j’ai vraiment gagné du temps en faisant trois semaines intenses en ligne, au lieu de dépenser des centaines d’euros à aller sur place pour le même résultat.»

Pour le dirigeant de la start-up spécialisée dans l’automatisation des e-mails, «une fois ces infos ‘digérées’, maintenant, nous pouvons imaginer différemment comment construire notre structure là-bas (cela va être fait en 2021). Qui, comment, combien… donc une économie de temps évidente, une économie d’argent et une meilleure préparation.»

De ces trois semaines un peu particulières, M. Morea retient «l’attitude dynamique et positive des organisateurs et participants. Moi, j’ai appris énormément. Il y a eu trois ou quatre interventions qui m’ont vraiment ouvert les yeux, en l’espace de quelques minutes, sur des points assez complexes que j’appréhendais.

«Le programme Benelux Catalyst a été notre meilleur programme d’accélérateur jamais réalisé, et le plus percutant», notait Jacques Touillon, CEO de Foobot, qui y a participé en 2019, dans un billet de blog de Startup Luxembourg . «Notre succès est dû à ce programme très bien équilibré qui aide grandement une start-up luxembourgeoise à s’adapter au marché américain.»

«Le programme Startup School de San Francisco a été une formidable opportunité pour ANote Music: notre marque a rapidement obtenu une exposition internationale et est entrée en contact avec des sociétés d’investissement légendaires», reconnaissait, lui aussi, le CEO de la place de marché pour les droits musicaux, Marzio F. Schena. «Dans le même temps, le programme d’accélération de Nex Cubed nous a beaucoup appris sur la mentalité large, énergique et agressive de la Silicon Valley. Cela nous a donné une excellente occasion d’affiner notre stratégie.»

«Cela a été un véritable catalyseur pour nous, non seulement pour apprendre à mieux aborder le marché américain à la fois sur le plan opérationnel et culturel, mais aussi pour renforcer les liens avec notre pays d’origine. Cela nous permet désormais de croître sur les deux marchés en tirant parti du meilleur de chaque côté», confirme Oriane Schoonbroodt, fondatrice et CEO de Label R.

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