POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Reprise dans le fondamental

Classes et efforts dédoublés pour la rentrée



Les communes et le personnel enseignant ont mis la dernière main aux préparatifs d’une rentrée scolaire inédite, qui aura lieu ce lundi 25 mai. L’application des directives ministérielles et la créativité locale aboutissent à un environnement sécurisant. Exemple à Reckange-sur-Mess.

Arrivée en classe par des accès séparés, reconversion du hall sportif, division de la cour… comme dans les autres établissements du pays, la vie en communauté sera forcément un peu différente à partir de ce lundi 25 mai à l’école communale de Reckange-sur-Mess (2.500 habitants).

Mais l’objectif est atteint pour les responsables d’une opération d’envergure: permettre aux 250 enfants du cycle fondamental de reprendre l’école en tenant compte des mesures sanitaires et autres «gestes barrières» pour limiter la propagation du coronavirus.

«Nous travaillons ensemble depuis plus d’un mois», résume Christian Tolksdorf, échevin de la Commune de Reckange-sur-Mess. Tout a commencé avec les instructions du ministère de l’Éducation nationale, l’assimilation des mesures et de ce qui représente la «nouvelle normalité», jusqu’à l’éradication ou la maîtrise du virus. «Nous avons travaillé main dans la main avec le comité de l’école qui regroupe les enseignants, notre service technique et les responsables de la maison relais.»

Un maître-mot: communication

Très vite, l’attention s’est focalisée sur le point-clé du dispositif: le dédoublement des salles de classe pour aboutir aux 32 unités nécessaires. À compter de lundi, chaque classe sera divisée en deux, et le mode d’enseignement alterné: une semaine d’école et une semaine d’études surveillées.

«Nous avons voulu garder tout sur un seul site», ajoute Serge Vermeulen, ingénieur, chef du service technique de la Commune. «Nous avons transformé des salles habituellement utilisées par la maison relais ainsi que la bibliothèque et équipé le hall sportif de modules pour en faire des salles de classe.»

Un chantier dont la réussite a reposé en grande partie sur la communication entre les parties prenantes: des enseignants aux services communaux et aux élus, en passant par les instances ministérielles qui se sont rendues sur place pour échanger et apporter des conseils supplémentaires.

Quant aux enseignantes rencontrées ce vendredi matin, elles ne cachaient pas leur impatience de pouvoir reprendre leur métier sans écran interposé. «Nous nous sentons prêtes, nous sommes rassurées. Il y avait forcément beaucoup de questions au début, mais la communication entre tous a été un point fort», déclarent Christine Marson et Martine Peters, membres du comité de l’école.

Une approche ludique

Lundi, seuls les enfants seront autorisés à pénétrer dans l’enceinte de l’école. À Reckange-sur-Mess, des figurines représentant des animaux (au visage masqué, évidemment) leur serviront de repères pour trouver leur chemin et reconnaître par exemple la toilette à utiliser. Une signalétique qui, combinée à la division des classes et à l’échelonnage de la récréation, permet de limiter les contacts entre un trop grand nombre d’élèves et de remonter plus facilement à la source en cas de problème éventuel.

La gestion des flux des élèves a aussi fait partie de la préparation de la rentrée. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Les sanitaires, un lieu sensible. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Les personnages rappellent aussi les gestes essentiels. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Les animaux servent de guide, aussi chez les plus petits. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Les enfants sortiront à tour de rôle, par groupe, en récréation. Et resteront dans une zone délimitée par un numéro pour limiter les contacts. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Encore quelques réglages… (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Le personnel enseignant dispose aussi de masques avec visière en plexiglas lorsque le besoin d’une plus grande audition se fait sentir, pour un énoncé par exemple. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Les classes n’attendent plus que le retour des élèves. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Les classes n’attendent plus que le retour des élèves. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Les entrées se font ici, par des accès séparés permis par l’architecture des lieux. Une école signée par Christian Bauer. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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De gauche à droite: Christine Marson et Martine Peters (enseignantes), Julien Primout (responsable de la communication), Serge Vermeulen (responsable du service technique) et Christian Tolksdorf (échevin).  (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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«Nous avons aussi prévu une équipe de nettoyage de trois personnes présentes durant les heures de cours. Toutes les poignées de porte et les endroits susceptibles d’être touchés par les enfants seront désinfectés», ajoute Christian Tolksdorf. Le savon (et non du gel pour préserver la peau des enfants) est déjà en place. Les bureaux des élèves sont positionnés au-delà de la distance règlementaire. Les affiches préconisant les gestes barrières et le port du masque sont nombreuses. La capacité du service de transport scolaire a été multipliée par deux pour respecter les distances et les groupes d’élèves constitués.

La cause de la santé publique en général, et celle des enfants en particulier, n’a pas de prix, mais elle aura un coût que les autorités chiffreront a posteriori. L’urgence était de pouvoir rouvrir l’école, si importante pour la vie sociale et l’apprentissage des enfants.

«La première journée sera peut-être un peu moins spontanée qu’auparavant. Nous devrons désormais garder nos distances, nous ne pourrons pas les prendre par la main», ajoutent les enseignantes. «Lundi, nous allons aussi passer du temps à expliquer le nouveau contexte aux enfants, sachant qu’ils ont déjà reçu des informations lors des classes tenues via Teams.»

Personnel enseignant, responsables communaux et services techniques, tous ceux qui ont œuvré en coulisses sont impatients de pouvoir accueillir les enfants qui font souvent preuve d’une plus grande adaptabilité que les adultes. À quelques heures de la reprise, chacun est conscient que de nouvelles questions surviendront à l’usage. Et qu’elles devraient trouver réponse via la même méthode que celle employée durant les dernières semaines.

Avec un peu de bon sens de la part de chacun et de pédagogie, cette «rentrée pas comme les autres» devrait se solder par une réussite collective dans toutes les communes du pays.