POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Tilly Metz (4/6)

«Une chance de se réinvestir pour l’UE et le Green Deal»



«Le problème de pénurie de médicaments nous a montré que nous avons une trop forte dépendance à l’égard, par exemple, de la Chine», estime la députée européenne Tilly Metz (Déi Gréng, groupe des Verts/Alliance libre européenne au niveau européen). «Il faut relocaliser cette production et davantage investir dans la recherche et la santé publique afin de garantir un accès aux soins pour tous.» (Photo: Mike Zenari/archives)

«Le problème de pénurie de médicaments nous a montré que nous avons une trop forte dépendance à l’égard, par exemple, de la Chine», estime la députée européenne Tilly Metz (Déi Gréng, groupe des Verts/Alliance libre européenne au niveau européen). «Il faut relocaliser cette production et davantage investir dans la recherche et la santé publique afin de garantir un accès aux soins pour tous.» (Photo: Mike Zenari/archives)

Pour beaucoup, l’Union européenne a raté son rendez-vous avec la crise du Covid-19. Manque de coordination, frontières qui se referment, mécanismes d’aide tardivement proposés… Paperjam a interrogé à ce sujet les députés européens luxembourgeois, dont Tilly Metz (Déi Gréng).

La réaction de l’UE face à la crise du Covid-19 a-t-elle été adéquate?

Tilly Metz (Déi Gréng). – «Certains se plaignent du manque d’action de l’UE. Mais dès le début, la Commission a agi. Certes, l’UE manque de compétences dans le domaine de la santé, qui relève davantage des États membres, mais elle a tout de même des compétences en matière de coordination et de prévention. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a ainsi joué un rôle important pour centraliser les informations et aider à prendre des décisions coordonnées.

La Commission a essayé de faire face et de faciliter l’entraide entre les hôpitaux, notamment au sujet de la pénurie de médicaments. Mais elle peut faire encore davantage au niveau de la coordination, par exemple en organisant des stress tests au niveau des hôpitaux, ce qui pourrait relever de la compétence de l’ECDC, ou en créant une health taskforce européenne.

Vous mentionnez la pénurie de médicaments. Comment éviter ce problème à l’avenir?

«Le problème de pénurie de médicaments nous a montré que nous avons une trop forte dépendance à l’égard, par exemple, de la Chine. Il faut relocaliser cette production et davantage investir dans la recherche et la santé publique afin de garantir un accès aux soins pour tous.

Qu’en est-il de la réaction de l’UE dans le domaine économique?

«Au-delà de la santé, quand on voit ce que l’UE a pu libérer comme fonds, pour les PME, pour l’assurance-chômage, dans le domaine économique et de l’emploi, on ne peut pas dire que l’UE n’a pas réagi. Et elle a montré qu’elle pouvait faire preuve de flexibilité, notamment concernant les aides d’État.

Certains États ont fermé leurs frontières de manière unilatérale, remettant ainsi en cause le principe de l’espace Schengen. L’UE a-t-elle été suffisamment vigilante sur ce point?

«Il n’y a pas eu de coordination au sujet de la fermeture des frontières, et l’UE n’était pas tenue informée. Les messages du Parlement et de la Commission ont pourtant été clairs: cela n’empêche pas le virus de circuler. La volonté de solidarité est ainsi mise à l’épreuve. Il faut que des pays comme les Pays-Bas et l’Allemagne comprennent que la crise qui a lieu en Italie et en Espagne aura des répercussions économiques sur eux et qu’il est nécessaire d’être solidaires.

Êtes-vous optimiste quant à l’avenir?

«La crise a montré des failles. Certains conservateurs et libéraux veulent faire passer la transition écologique au deuxième rang. Mais je crois que beaucoup de gens se sont posé des questions sur le monde qu’ils veulent après la crise et ont pris conscience de la nécessité d’une solidarité au-delà des frontières et d’une Europe plus durable. Je crois que nous avons plus de citoyens derrière nous. Cela peut être une chance de se réinvestir pour l’UE et pour le Green Deal. En tout cas, je sais pour quoi je vais me battre.»