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Cannes, luxembourgeoise pour un jour



Guy Daleiden (Film Fund) et Donato Rotunno (Tarantula) lors du Filmpräis 2018. (Photo: Matic Zorman / Archives)

Guy Daleiden (Film Fund) et Donato Rotunno (Tarantula) lors du Filmpräis 2018. (Photo: Matic Zorman / Archives)

Alors qu’au Festival de Cannes, a lieu ce vendredi la traditionnelle journée luxembourgeoise, Paperjam a recueilli les impressions et les attentes du réalisateur Donato Rotunno et du comédien Nilton Martins, tous deux présents sur place.

C’est en effet aujourd’hui à 14h que commence la «Journée luxembourgeoise» à Cannes, lors de laquelle le Grand-Duché est mis à l’honneur. Si la visite du Premier ministre Xavier Bettel  – absent en 2018 – et de la ministre de la Culture Sam Tanson sont attendues en fin de journée lors du cocktail officiel, l’après-midi et la soirée seront jalonnés d’événements professionnels ou plus festifs autour du pavillon luxembourgeois.

Une ambiance apaisée

Après une édition 2018 influencée par le climat d’urgence sécuritaire, le Festival de Cannes semble profiter cette année d’une atmosphère plus détendue, sans être laxiste, comme l’indique Donato Rotunno : «C’est plus serein cette année, des mesures de sécurité sont évidemment mises en place, mais c’est moins oppressant.» Le fondateur de Tarantula s’enthousiasme d’ailleurs sur le fait que cette ambiance «chill mais professionnellement positive» lui a permis de passer des premiers jours de travail efficaces, qui augurent une bonne quinzaine.

De son côté, Nilton Martins, dont c’est la première venue sur la Croisette, a tenu à arriver tôt afin de profiter des premières heures du festival. Et, in fine, de se confronter à l’un des principaux défis lors de celui-ci: aller voir des films. «C’est en fait assez compliqué de voir les films car les salles sont bondées. Il y a des files pour des places en dernière minute, mais rien n’est jamais sûr. J’ai fait l’expérience d’aller au cinéma très tôt le matin, du coup c’est assez nouveau pour moi! Heureusement, le Film Fund nous aide au niveau logistique.»

L’accréditation, sésame relatif lors du Festival de Cannes. (Photo: Nilton Martins)

L’accréditation, sésame relatif lors du Festival de Cannes. (Photo: Nilton Martins)

Le networking roi

Si le fait d’être présent lors de la quinzaine est naturellement un acte de promotion en soi, surtout lorsqu’on est en compétition comme c’est le cas pour Donato Rotunno, dont la coproduction «Viendra le feu» d’Oliver Laxe figure dans la sélection «Un certain regard», le Festival de Cannes reste avant tout pour les professionnels une occasion unique de consolider des relations, d’en créer de nouvelles et de préparer les années à venir. Il précise ainsi: «C’est important de travailler très en amont dans le cinéma. Notre présence dans la sélection cette année est due grandement à nos efforts d’il y a trois ans. Bien préparer, c’est la première étape vers une prochaine sélection dans les festivals.»

Cet aspect networking, finalement très sérieux à Cannes, contraste grandement avec la relative vanité des badauds chasseurs d’autographes, comme s’en amuse Nilton Martins: «C’est assez drôle de voir les professionnels courir d’un rendez-vous à l’autre pendant que le public se plante au milieu de la rue avec des pancartes ‘besoin d’une invitation’. Il y a clairement deux festivals en parallèle.»

Enfin, le réalisateur de «Terra Mia, Terra Nostra» rappelle également que Cannes reste un endroit privilégié pour se concentrer sur les marchés et vendre les films au mieux: «Le coup d’envoi est très important, tant au niveau de l’exposition d’un film aux critiques que pour son pendant commercial.»

Le programme

Pour cette journée spéciale, les Luxembourgeois vont tout d’abord se rassembler autour d’une tradition cocasse: chaque année à cette occasion, les lauréats de la bourse octroyée par le Film Fund – trois actrices ou acteurs et deux technicien(ne)s – se jettent à l’eau sur la plage faisant face au pavillon et vont planter un drapeau luxembourgeois sur un petit îlot rocheux, quelques mètres plus loin, «histoire d’étendre symboliquement le territoire et le rayonnement du Luxembourg pour une journée», s’amuse Donato Rotunno.

Mais les conditions climatiques, loin d’être optimales, risquent bien de demander un peu plus de conviction aux baigneurs que d’habitude, notamment à Nilton Martins, qui semble plus frileux que ce que l’on pouvait imaginer.

Puis, le cocktail à 18h devrait rassembler officiels, amis de longue date, nouveaux partenaires et prospects, avant un dîner de la délégation qui se tiendra a priori au restaurant Le Tube.

Quant aux projets présents sur cette édition 2019, le film événement «Sawah» d’Adolf El Assal, dans lequel figure Nilton Martins «devrait être présenté au Marché du film ce dimanche» selon le comédien, et «Viendra le feu» sera quant à lui projeté mardi et mercredi prochains. Verdict sur le prix «Un certain regard»: vendredi 24 mai.