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Les Belges devront faire preuve de patience



Alexander De Croo n’a guère laissé de place au doute: un relâchement semble peu probable au mois de mars. (Photo: Shutterstock)

Alexander De Croo n’a guère laissé de place au doute: un relâchement semble peu probable au mois de mars. (Photo: Shutterstock)

Un nouveau comité de concertation se réunira en Belgique vendredi pour aviser des mesures de lutte contre la pandémie. Mais ce lundi, le Premier ministre belge a d’ores et déjà dressé les pistes envisagées pour un futur déconfinement. Et celui-ci n’est pas pour demain.

Expliquer la situation sanitaire en chiffres et quelles sont les projections scientifiques qui guideront les autorités belges: voilà la raison d’être de l’exercice mené ce lundi par le Premier ministre belge, Alexander De Croo (Open VLD), encadré des deux porte-parole fédéraux, Yves Van Laethem et Steven Van Gucht. Tout cela en prélude à un comité de concertation qui aura lieu vendredi et au terme duquel des décisions seront prises.

Et les Belges devront sans doute encore attendre avant d’assister à un assouplissement net des mesures actuellement en vigueur . Car si la Belgique se trouve «sur un plateau», les experts soulignent que l’immunité collective est encore bien éloignée. «Dans les premiers mois de la pandémie, la Belgique a subi la plus haute mortalité d’Europe et peut-être du monde», a mis en avant Steven Van Gucht. «Mais, à présent, par million d’habitants, la situation est meilleure que dans les pays voisins.» Bref, ce n’est pas le moment de prendre des risques et de relâcher l’effort.

Quatre scénarios présentés

Quatre scénarios de déconfinement ont été présentés. Ils se basent sur les chiffres, leur évolution et des projections mathématiques. Avec une part d’incertitude puisque des facteurs pourraient les toucher, comme le variant britannique ou même la saison et des températures plus douces. 

Premier scénario: les mesures actuelles sont maintenues en l’état dans les prochains mois. Dans ce cas, les scientifiques estiment qu’il y aura une troisième vague due au variant britannique, mais aux effets limités.

Deuxième scénario: une levée des mesures au 1er mars et une situation alors identique dans la société civile à celle de septembre. Dans ce cas, les hospitalisations repartiront en flèche et le dérapage pourrait très vite devenir incontrôlable.

Troisième scénario: même chose, mais en date du 1er avril. Les courbes d’infection seront alors beaucoup moins aiguës et la situation mieux maîtrisée, notamment grâce à une campagne de vaccination qui aura pu être plus efficace.

Quatrième scénario: toujours les mêmes mesures de relâchement, mais au 1er mai. Alors, même dans le pire des cas, la situation restera maîtrisée. Ce qui offrira alors de bonnes perspectives pour les mois de juin, juillet et août.

C’est évidemment la quatrième hypothèse qui tient la corde, car «tout doit être fait pour éviter une troisième vague» et que la pression ne pourra réellement baisser sur les hôpitaux qu’à partir de début mai.

«Le futur n’est pas un futur lointain. Il est à quelques semaines devant nous avec l’apparition du printemps. On va arriver avec une accélération nette de la vaccination», a fait valoir Alexander De Croo. Mais les Belges, cela semble certain, vont devoir encore être patients.