POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Plan d’urgence pandémie

La BCE prête à réinjecter des milliards d’euros



La BCE pourrait se montrer prête à faire tourner à nouveau la planche à billets pour augmenter les rachats de dettes. (Photo: Shutterstock)

La BCE pourrait se montrer prête à faire tourner à nouveau la planche à billets pour augmenter les rachats de dettes. (Photo: Shutterstock)

Lors de son conseil des gouverneurs, ce 4 juin, la Banque centrale européenne pourrait déjà apporter une rallonge à son programme d’urgence lié à la pandémie. Les États de la zone euro ont dépensé plus qu’estimé pour maintenir les économies à flot.

Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne se réunit ce jeudi 4 juin. Les regards se tourneront donc à nouveau vers Francfort afin de voir si l’institution, qui est parvenue à casser la spirale baissière des marchés financiers en mars dernier, sortira de nouvelles cartouches.

Rappelons que le 18 mars, après une réunion exceptionnelle, elle a annoncé le lancement du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP), qui lui permet de racheter de la dette d’États et d’entreprises de la zone euro pour un montant de 750 milliards d’euros.

«Je pense que la BCE va annoncer une augmentation de ce programme à 1.000 milliards d’euros, voire au-delà», estime Alexandre Gauthy, macroéconomiste chez Degroof Petercam Luxembourg.

Je pense que la BCE va annoncer une augmentation de ce programme à 1.000 milliards d’euros, voire au-delà.
Alexandre Gauthy

Alexandre Gauthy,  macroéconomiste,  Degroof Petercam Luxembourg

Il estime qu’au rythme d’achat actuel, le PEPP sera épuisé à la fin du mois de septembre. Or, le besoin se fait toujours ressentir. «Lorsque ce montant a été décidé initialement, on s’attendait à une hausse de 4% du déficit budgétaire de la zone euro pour cette année, ce que les 750 milliards auraient permis de couvrir. Mais certains États ont continué à dévoiler des mesures supplémentaires de soutien budgétaire. Aujourd’hui, les estimations envisagent donc une augmentation d’environ 8% du déficit budgétaire de la zone euro en 2020 par rapport à 2019», poursuit l’économiste.

Dernière fenêtre de tir

S’il estime que la BCE va décider une augmentation du programme PEPP d’au moins 250 milliards d’euros lors de sa réunion du 4 juin, c’est lié à une certaine urgence. Mais peut-être pas celle que l’on imagine. «Le virus semble reculer en Europe, et les différents pays ont entamé un processus progressif de retour à la normale. Si la BCE n’augmente pas son programme ce jeudi, elle ne pourra plus vraiment le justifier en juillet ou en août.»

Mais Alexandre Gauthy estime que c’est la seule décision qui sera prise ce jeudi. La BCE ne devrait pas revoir les taux d’intérêt à la baisse. Elle s’y était montrée réticente lors des précédentes réunions. Elle ne devrait pas non plus annoncer de nouvelles mesures concernant les prêts accordés aux banques, pour lesquels des assouplissements étaient intervenus en avril .