ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Entreprise familiale

«L’aventure Bonn continue»



«Une grande maison nous a sollicités pour reprendre les lieux jusqu’ici occupés par notre magasin et les restaurer pour retrouver son aspect d’origine de 1926», indique Jean-Claude Lazard. (Photo: Matic Zorman)

«Une grande maison nous a sollicités pour reprendre les lieux jusqu’ici occupés par notre magasin et les restaurer pour retrouver son aspect d’origine de 1926», indique Jean-Claude Lazard. (Photo: Matic Zorman)

Jean-Claude Lazard, à la tête de Mobilier Bonn, prépare le nouveau chapitre de l’entreprise familiale. Entre valorisation d’un patrimoine immobilier prestigieux et évolution du concept de vente, l’agenda 2020 est déjà bien fourni.

La «Bonn attitude», en «Bonn forme». Les jeux de mots sont faciles. L’anticipation des besoins des clients et des prochaines tendances dans l’ameublement et la décoration d’intérieur l’est peut-être moins. Voici pourtant deux ressorts que l’entreprise Mobilier Bonn, fondée en 1855, veut entretenir.

«Nous assistons à des changements de cycle tous les 30 ans, et la maison Bonn s’adapte à chaque fois: en 1967, première transformation de l’immeuble par mon grand-père Paul Lazard; en 1994, une totale redistribution des espaces par mes parents André et Éliane Lazard; et maintenant, par moi-même», déclare Jean-Claude Lazard, directeur de Mobilier Bonn. «De nos jours, les clients sont mieux informés. Nous prenons davantage le rôle de conseiller, et assistons le client dans l’aménagement de son intérieur.»

Une nouvelle approche motivée par une hausse des ventes sur commande qui ne nécessite plus forcément de disposer d’une aussi vaste surface d’exposition. «Nous devons rester à l’écoute du client, évoluer avec la technologie et les modes de consommation», ajoute Jean-Claude Lazard. «Nous n’observons pas de baisse de fréquentation, mais les clients sont à la recherche de conseils et d’aide dans l’aménagement de leur intérieur. D’où notre volonté de redéfinir les espaces dans ce sens à l’horizon 2020.»

Nouvel aménagement pour Carré Bonn

C’est en réalité un double chantier qui s’ouvre pour Mobilier Bonn, dont les surfaces de vente sont réaménagées provisoirement au centre de la Galerie Bonn, entrée 7, rue Philippe II et 20, rue de la Poste. Mais c’est de l’autre côté de la rue que l’avenir s’écrira, là où l’arrière-grand-père Myrtil Bonn avait implanté le magasin il y a près de 100 ans.

«D’ici 2020, nous allons réaménager deux espaces différents. Le premier dans l’immeuble au 3, rue de la Poste (actuellement Spazio Moda, ndlr), avec la volonté de nous démarquer par des éditions limitées, des pièces anciennes et rares, une sorte de cabinet de curiosités, de ‘Wunderkammer’», ajoute Jean-Claude Lazard, qui évoque aussi des collaborations avec des artisans et designers. «Face aux grandes chaînes de décoration, nous devons proposer des produits exclusifs ou uniques pour nous démarquer.»

Le deuxième espace, dans la Galerie Bonn, entrée côté place d’Armes, sera un show-room consacré au mobilier et luminaire design, doublé d’un cabinet d’aménagement intérieur à l’étage.

«Les planètes sont alignées», constate Jean-Claude Lazard. «Parallèlement à notre réaménagement, une grande maison nous a sollicités pour reprendre les lieux jusqu’ici occupés par notre magasin et les restaurer pour retrouver son aspect d’origine de 1926. L’aventure Bonn continue.»

Pas question donc de vendre un immeuble iconique du centre-ville, à l’angle de la rue Philippe II et de la rue de la Poste. 

«Ma famille n’a jamais envisagé de vendre cet immeuble, et j’espère qu’il ne le sera pas par les prochaines générations», explique Jean-Claude Lazard. (Photo: DR/Archives)

«Ma famille n’a jamais envisagé de vendre cet immeuble, et j’espère qu’il ne le sera pas par les prochaines générations», explique Jean-Claude Lazard. (Photo: DR/Archives)

Un actif qui a connu plusieurs aménagements au fil du temps. Le dernier marquant fut opéré de 1990 à 1994, lorsque la partie commerciale de 3.000m2, sur sept niveaux, fut fortement réduite pour laisser la place sur les étages à des bureaux et logements.

Un secteur qui doit évoluer

À la fin de la sixième transformation à venir, Bonn aura réalisé une nouvelle mue plus de 160 ans après que les ancêtres ont débuté dans la vente de tissu dans la région de Sierck-les-Bains, avant de venir s’établir dans la capitale et de se consacrer à l’aménagement intérieur.

Pour Jean-Claude Lazard, «tombé dans la marmite du commerce quand il était petit», l’heure n’est pas au pessimisme à l’égard du commerce urbain.

«C’est une bonne chose que des travaux de réaménagement soient en cours, que le tram arrive, que les Galeries Lafayette ouvrent d’ici peu, que l’offre culturelle soit très développée. Cela ne peut amener que des avantages à la ville.»

À ceux qui regrettent un manque de diversité dans le commerce de la ville haute, Jean-Claude Lazard leur répond en citant la présence de boutiques, que ce soit dans le domaine de la mode ou des produits de bouche, rue Philippe II, offrant toutes les gammes de prix.

«Ce mélange est intéressant. Je ne partage pas certaines analyses pessimistes. La ville de Luxembourg change avec le temps et s’adapte ainsi à l’évolution des consommations et au mode de vie de ses habitants.»