POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

romain schneider, ministre de l’agriculture

«L’agriculture luxembourgeoise sera bien soutenue»



Romain Schneider estime que l’accord obtenu va contribuer à développer l’agriculture du futur. (Photo: Mario Salerno)

Romain Schneider estime que l’accord obtenu va contribuer à développer l’agriculture du futur. (Photo: Mario Salerno)

Après de longues négociations, les 27 ministres de l’Agriculture des états membres de l’UE sont arrivés à un compromis quant aux objectifs de la prochaine politique agricole commune. Romain Schneider (LSAP) se félicite que les spécificités luxembourgeoises soient prises en compte. 

Les négociations autour du texte de la future politique agricole commune, menées à Luxembourg, ont été longues, mais ont connu une issue heureuse?

Romain Schneider . – « On a terminé de discuter à 4h30 du matin , après deux jours de débat. Mais nous sommes en effet parvenus à un compromis sur un texte entre les différents états. Ce qui nous permet de donner maintenant un mandat au Conseil pour négocier avec le Parlement et la Commission. Il reste donc des étapes, avec une mise en œuvre qui devra avoir lieu en 2023 au plus tard.

Que signifie financièrement la PAC pour le Luxembourg?

«Cela veut dire un apport européen de 32,7 millions par an en ce qui concerne le premier pilier, celui des aides directes. Et 97 millions pour le second pilier, celui du développement rural: protection de l’environnement, modernisation des exploitations, bien-être animal… Cela en plus des aides nationales. L’agriculture luxembourgeoise sera donc bien soutenue. Dans son ensemble, la PAC est le plus important budget de l’Union: 387 milliards à utiliser en 7 ans.

Quelles sont les nouveautés de ce projet de PAC?

«Tout d’abord que chaque état disposera d’une plus grande marge de manœuvre pour traduire la PAC à travers ses plans stratégiques nationaux. C’était particulièrement important pour le Luxembourg, terre d’élevage qui doit pouvoir conserver prairies et pâturages. Ensuite, on va vers une agriculture plus ‘durable’ avec le système des écorégimes qui vont récompenser les efforts faits par les agriculteurs en faveur de l’environnement. 20% des aides directes européennes dépendront de ces efforts. À ce niveau, les agriculteurs luxembourgeois avaient déjà fortement anticipé cette évolution et réalisé de gros progrès dans l’usage des pesticides, des engrais chimiques… Nous sommes donc bien placés.

Un enjeu majeur était la rémunération des agriculteurs?

«Car c’est ce qui assure la survie des entreprises agricoles (en 2017, la moyenne du résultat ordinaire d’une entreprise agricole au Luxembourg était de 60.200 euros, ndlr). On a obtenu le maintien des aides directes et aussi le paiement ‘jeunes agriculteurs’ via un forfait équitable pour tous. Les règles seront aussi plus simples et plus claires pour tous. Un revenu stable pour les acteurs du monde agricole était un impératif!

Cette nouvelle PAC incarne l’agriculture du futur?

«Oui, une agriculture plus verte, plus durable, qui s’inscrit dans la volonté globale de gérer le changement climatique. Une agriculture orientée vers une volonté de qualité. Et une agriculture qui offre des perspectives à ceux qui la font vivre.»