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Sécurité publique

Agents privés dans les rues: déi Lénk saisit le tribunal



Le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox (déi Lénk), avait effectué une visite du quartier de la gare avec les autorités communales. Ces dernières, malgré des renforts des forces de l’ordre, estiment que la situation reste problématique. (Photo: Ville de Luxembourg)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox (déi Lénk), avait effectué une visite du quartier de la gare avec les autorités communales. Ces dernières, malgré des renforts des forces de l’ordre, estiment que la situation reste problématique. (Photo: Ville de Luxembourg)

L’appel à des sociétés privées de gardiennage par la Ville de Luxembourg pour mener certaines missions de sécurité publique continue à faire des vagues. Deux conseillers communaux déi Lénk viennent de déposer deux recours devant le tribunal administratif.

Au mois de décembre, la Ville de Luxembourg a fait appel à une société privée de gardiennage pour effectuer différentes missions de surveillance dans les quartiers de la gare et de la Ville Haute jusqu’au 31 décembre. 

Mettant en avant une insécurité croissante, des forces de police en nombre insuffisant et une demande forte de la  part de la population des riverains, l’initiative a été reconduite. Le Collège souhaite donc poursuivre cette mesure à partir du 15 mai, et même l’étendre à Bonnevoie. Ce qui a suscité des débats houleux à plusieurs reprises . Un contrat a cependant été signé avec la société G4S.

Ana Correia Da Veiga et Guy Foetz, deux conseillers communaux  déi Lénk, ont donc décidé de saisir le tribunal administratif de deux recours face à une décision qu’ils estiment illégale et anticonstitutionnelle. «Les deux requérants sont bien conscients de la situation difficile, tout particulièrement dans le quartier de la gare, et ils ne veulent nullement la minimiser, mais ils demandent que le collège échevinal respecte les limites de l’État de droit», explique déi Lénk dans un communiqué.

Qui avance aussi que «le gardiennage privé sur la voie publique n’est pas un fait anodin! Il constitue une attaque en règle contre le monopole étatique en matière d’exercice de la force publique et contre une des bases de l’État de droit. (…) Ce gardiennage privé n’augmente objectivement en rien la sécurité des citoyen.ne.s et [qu’]il vaut mieux utiliser les fonds en question pour renforcer la politique de prévention, d’aide aux toxicomanes et de médiation dans les quartiers Gare et Bonnevoie.»

Le premier recours est dirigé contre les décisions de la ministre de l’Intérieur Taina Bofferding (LSAP), le second envers celles du collège des bourgmestre et échevins.

Des discussions à la Chambre

Jeudi, les commissions de la Sécurité intérieure et de la Justice ont aussi évoqué ce sujet, en présence notamment du ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox (déi gréng). 

Concernant les vols avec violences, les équipes du ministre ont évoqué un « phénomènes » spécifiques qui sont concentrés sur des périodes courtes. On ne constaterait cependant pas de changement significatif dans les statistiques des infractions. Henri Kox et les responsables de la police ont souligné que plusieurs auteurs des vols avec violences, dont certains appartiennent à des « groupes d’auteurs », seraient identifiés. Deux personnes auraient déjà été arrêtées dans ce contexte.

Quant aux rassemblements lors desquels la distance de sécurité pour éviter une propagation du coronavirus n’est pas toujours respectée, les députés ont voulu savoir quelle était la stratégie de la police. Ses représentants ont souligné qu’elle favorisait le principe de désescalade. Cela signifie que la police intervient pour constater des infractions, mais que les policiers ne dispersent pas les personnes en recourant à des interpellations en masse ou à la force. 

Interdire un accès à un bâtiment

Un projet de loi permettant d’Interdire à une personne de séjourner à l’entrée d’un bâtiment et donc d’en bloquer l’entrée a en son temps été évoqué. Et reste d’actualité.  Henri Kox a indiqué qu’une demande a été formulée auprès du Conseil d’état afin que celui-ci analyse l’opportunité d’une telle mesure.