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Projet avorté à luxembourg

Les trottinettes électriques, c’est fini



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Lancé en octobre, le concept de trottinettes électriques en libre-service est mort quelques mois plus tard. (Photo: Troty)

Info Paperjam – On ne verra pas réapparaître les trottinettes électriques en libre-service avec le printemps, du moins celles du projet de sébastien pourbaix. Faute de soutien et de partenaires, le projet est abandonné.

Les trottinettes électriques en libre-service, du moins à Luxembourg, c’est pour le moment terminé. Sébastien Pourbaix -  qui a disposé un temps des licences Troty avant de vouloir reprendre le concept à son compte- avait lancé ses engins en octobre à Luxembourg , de manière très ambitieuse, a décidé de jeter l’éponge. «Je viens de recevoir un courrier de la bourgmestre,  Lydie Polfer (DP), qui m’explique la position du collège de la Ville», explique l’entrepreneur français. «On me rappelle qu’il n’existe pas de cadre légal pour l’utilisation des trottinettes électriques sur la voie publique. Mais aussi que la Ville a développé ses propres initiatives en matière de mobilité douce: les stations de vélos Vel’oh et le carsharing via Carloh. On m’écrit donc qu’un troisième système n’est pas acceptable.» 

La Ville est, il est vrai, très ambitieuse à l’égard de ses deux initiatives. Une nouvelle flotte de vélos électriques Vel’oh est en cours de déploiement , même si cela ne se fait pas sans mal. Tandis que 2,8 millions d’euros vont être investis dans Carloh avant l’été via une augmentation de capital.

Pour Sébastien Pourbaix, c’est l’écueil de trop. «Je pourrais tout de même tenter ma chance, mais ce serait prendre un risque inconsidéré. Je sens bien qu’on ne me facilitera pas les choses», constate-t-il. Un peu amer, car il pensait avoir fait le plus dur. «J’ai d’abord disposé des licences de la société Troty. Mais pour différentes raisons, nous avons mis un terme à notre collaboration. J’ai néanmoins voulu poursuivre l’aventure à mon compte, car j’y croyais. J’ai donc fait réaliser des études pour une trottinette spécifique à Luxembourg. J’ai reçu le bon de commande quelques heures après le courrier de la Ville, heureusement. Si je l’avais signé, c’était un vrai problème», consent Sébastien Pourbaix.

Problématique logistique

Il s'est aussi heurté au problème de la logistique, notamment pour le ramassage des trottinettes le soir et leur mise en place le matin. Des acteurs privés ont décliné l'offre. «Je comptais pas mal sur l'aide de la Ville», avoue encore Sébastien Pourbaix. «Mais sans cela, ce n'est pas possible.» 

Fun et moderne, le concept avait pas mal d’atouts pour plaire. Sébastien Pourbaix nourrissait donc de grandes ambitions pour lui . Finalement, il est mort sans avoir même vu réellement le jour. Une occasion ratée, selon lui. «J’entends beaucoup de gens parler de mobilité douce. Mais quand un projet neuf arrive, on y fait barrage. Dommage... Les trottinettes avaient été retirées du service pour l’hiver et devaient faire leur retour entre mars et mai. Ce ne sera donc pas le cas», conclut-il.

Le concept de la trottinette en libre-service fait fureur dans certaines villes européennes comme Varsovie ou Madrid. Via une appli, on recherche la trottinette la plus proche de là où on se trouve. Via un code reçu par SMS, on débloque son verrouillage. On paie ensuite l’utilisation à la minute ou à l’heure, avant de reverrouiller l’engin là où on se trouve, à un poteau, une gouttière... Mais le service pose aussi quelques problèmes à certains endroits, notamment quand les trottinettes encombrent les trottoirs ou sont déposées dans des endroits non conçus pour. C’est le cas à Paris. Cela a peut-être aussi joué dans le choix de la Ville de ne pas aller plus loin dans le cadre du projet de Sébastien Pourbaix.

Ce qui m'écarte pas la possibilité de voir d'autres prestataires avoir la volonté de tenter l'aventure. Selon les infos de Paperjam Troty a en effet toujours un grand intérêt pour le marché luxembourgeois et aurait même déjà trouvé un nouveau prestataire local.