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Sécurité et gardiennage

G4S: 60 agents de sécurité dans l’incertitude



G4S, plus grand prestataire en matière de sécurité et de gardiennage au Luxembourg, souhaite s’alléger de 80 postes sur les 1.200 personnes employées au Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

G4S, plus grand prestataire en matière de sécurité et de gardiennage au Luxembourg, souhaite s’alléger de 80 postes sur les 1.200 personnes employées au Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

Après une première réunion entre la direction et la délégation du personnel, G4S souhaite réduire ses effectifs avec le licenciement de 60 personnes. 

Après une première réunion entre la délégation du personnel et la direction de G4S, les détails d’un plan social à venir ont filtré. La direction souhaite licencier directement 60 agents de sécurité. Une décision qui va s’alourdir puisque G4S ne compte pas renouveler 20 postes en CDD, intérim et départ à la retraite… Soit  80 postes sur les 1.200 personnes travaillant actuellement au sein du plus grand prestataire en matière de sécurité et de gardiennage au Luxembourg. 

La faute à la pandémie

Les raisons invoquées par la direction de G4S portent sur la réduction de l’activité suite à la crise sanitaire. «Ce n’est un secret pour personne, nous avons une réduction des activités en lien avec la pandémie. Il y a des réductions de structures, des sociétés privées sur le marché qui ont réduit les surfaces des bureaux, il y a beaucoup moins, voire une annulation complète des manifestations aussi bien dans le domaine public que dans le privé. Trouvez-moi aujourd’hui une société qui fait un cocktail le soir pour ses clients et qui a besoin de services de sécurité. Il y a vraiment une réduction conjoncturelle de l’activité. Cela va revenir, mais le timing est tout de même incertain, même si on commence à retrouver des événements culturels qui voient le jour, mais avec des jauges très réduites», affirme Laurent Jossart , directeur général de G4S Luxembourg. 

Certaines sociétés ont revu les contrats de sécurité et de gardiennage à la baisse du fait du recours massif au télétravail. Garder des immeubles vides n’a pas vraiment de sens. Pourtant, la crise a aussi ouvert certains marchés. Les hôpitaux ont eu recours à davantage d’agents de sécurité tout comme les magasins ou encore la bourgmestre de la capitale qui veut lutter contre l’insécurité dans le quartier de la gare. 

«On a remporté le marché avec la Ville de Luxembourg. Cela compense un peu les choses, mais pas complètement. On a pas mal redoublé d’efforts sur les derniers mois pour employer un maximum de personnes. L’objectif est quand même de garder de l’activité pour l’intégralité du personnel, mais malheureusement, ce n’est pas encore le cas aujourd’hui», indique Laurent Jossart. 

De son côté, les syndicats s’étonnent de l’annonce et de sa brutalité. «La direction a informé les salariés de ce désir de licencier entre 5% et 10% des effectifs en trois phases. Une première dès la signature du plan social, une deuxième en septembre prochain et une troisième et dernière en décembre. Nous sommes opposés à cela et nous voulons un plan de maintien dans l’emploi et l’utilisation des outils sociaux pour éviter les licenciements secs», lance Paul Glouchitski, secrétaire syndical au sein du LCGB. «Le procédé est étonnant et brutal. On aurait aimé que la direction se tourne directement vers la délégation et les syndicats pour tenter de trouver des solutions au lieu de se diriger vers un plan social», souligne Michelle Cloos, secrétaire centrale au sein de l’OGBL, qui est majoritaire au sein de la délégation du personnel de G4S.

D’autant plus qu’avec la prochaine réouverture des lieux comme les salles de spectacle, de cinéma, les restaurants et autres, la relance se rapproche. «Je crois que la direction a également peur de la fin du chômage partiel, car il y a encore pas mal d’employés qui en bénéficient. Même si pour le moment, il n’y a pas eu de communication du gouvernement sur une éventuelle fin de ce dispositif après le mois de juin», tente d’expliquer Michelle Cloos.

Un démantèlement de G4S

Paul Glouchitski s’interroge sur les réelles motivations de G4S. «On a constaté que la direction a encore récemment communiqué avec ses salariés sur la possibilité d’obtenir une prime pour le parrainage d’une future recrue. Il y a également un recrutement de 11 personnes en CDI pour l’aéroport. Pourquoi licencier d’un côté pour recruter de l’autre? Depuis l’acquisition du groupe G4S par l’américain Allied Universal et la vente des activités de transport de fonds de G4S à Brink’s Security , on se demande si G4S n’est pas en train d’être démantelé petit à petit», s’interroge-t-il.

La prochaine réunion entre les parties aura lieu le 18 mai prochain. Les syndicats s’opposent fermement à des licenciements secs, et présenteront des solutions comme le chômage partiel, le prêt temporaire de main-d’œuvre, la préretraite-ajustement, la réduction des temps de travail, etc. Entre-temps, ils vont demander une entrevue d’urgence avec la direction de G4S ainsi qu’avec la Fedil Security Services, et revendiquent un plan de maintien dans l’emploi sectoriel.