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Vaccins contre le covid-19

2,8 millions de doses pour le Luxembourg



9.700 doses du premier vaccin sur le marché, celui de BioNTech-Pfizer, sont destinées au Luxembourg. (Photo: SIP / Luc Deflorenne)

9.700 doses du premier vaccin sur le marché, celui de BioNTech-Pfizer, sont destinées au Luxembourg. (Photo: SIP / Luc Deflorenne)

La Commission européenne a annoncé, mardi, avoir porté ses commandes de vaccins aux laboratoires de 1,4 à 2 milliards de doses, réparties au prorata de la population, selon sa stratégie dévoilée en juin. Soit 2,8 millions de doses pour le Luxembourg.

Passer une grosse commande de vaccins, c’est bien. La récupérer pour pouvoir vacciner ses ressortissants, c’est mieux. Face à l’effet ciseau – beaucoup de commandes, mais peu de livraisons à ce jour – et à la grogne d’une partie de la population européenne pour qui la campagne de vaccination ne va pas assez vite, la Commission européenne a dû relancer activement ses négociations avec les principaux laboratoires.

Mardi 5 janvier, elle annonce avoir porté ses commandes de 1,4 milliard de doses, soit 3,1 par Européen, fin décembre, à 2 milliards, ou 4,47 par Européen.

Selon la stratégie européenne présentée en juin, les États membres recevront un nombre de vaccins proportionnel à leur population, soit 2,8 millions de doses dans le nombre de commandes, actualisé mardi.

Retards, production insuffisante… et pertes

Quel besoin d’avoir 4,47 doses par habitant, alors que deux doses suffisent, en théorie, à l’immuniser contre le virus qui a mis la planète à l’arrêt? D’abord, tous les laboratoires n’en sont pas au même point dans l’élaboration, puis la mise au point, de leur vaccin. Le français Sanofi, à qui l’Union européenne a passé une précommande de 300 millions de doses, ne devrait pas commercialiser son vaccin avant le troisième trimestre, au mieux.

Ensuite, même quand un vaccin a obtenu le feu vert des autorités sanitaires, comme l’Agence européenne des médicaments, il faut le produire. Et comme toute la planète se rue sur les vaccins, la production n’arrive pas à suivre… et ne devrait pas réussir à répondre aux besoins en 2021. Cet été, la Commission européenne avait injecté 100 millions d’euros via la Banque européenne d’investissement pour doper la production du vaccin BioNTech-Pfizer.

La Commission européenne a promis, dans sa stratégie, d’avoir une sorte de stock d’urgence, si, d’aventure, dans un des États membres, le virus venait à se propager à une vitesse exponentielle, pour éviter que cet État ne doive attendre une livraison au prorata de sa population. Car l’accord prévoit aussi qu’aucun des États membres ne mène de négociations avec les laboratoires pharmaceutiques, permettant à l’Union européenne de mutualiser les commandes et d’obtenir de meilleurs tarifs.

Enfin, comme le Premier ministre français, Jean Castex, l’a dit dans une interview, il est aussi possible que 20 à 30% des vaccins soient «perdus» dans la chaîne logistique. Perdus physiquement, entre celui qui stocke et celui qui doit l’administrer. Ou perdus parce que les premiers vaccins de Pfizer doivent être conservés dans des conditions très particulières.

Le vaccin de Moderna, dont l’UE a commandé jusqu’à 160 millions de doses, pourrait être autorisé sur le marché européen cette semaine.