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La voiture d’occasion, star de l’été post-confinement



Chez Bilia-Emond, les Mini décapotables se sont vendues comme des petits pains, selon le responsable marketing. (Photo: Shutterstock)

Chez Bilia-Emond, les Mini décapotables se sont vendues comme des petits pains, selon le responsable marketing. (Photo: Shutterstock)

Même s’ils n’ont pas suffi à combler le vide du confinement, ces derniers mois marquent une hausse des ventes de véhicules d’occasion chez les concessionnaires. Les clients veulent des véhicules électriques, plaisir et rapidement.

Rouler à toute vitesse à bord d’une décapotable, les cheveux dans le vent, en a séduit plus d’un cet été… Olivier François, responsable marketing du concessionnaire Bilia-Emond (BMW et Mini), a remarqué une «tendance hédoniste» chez les clients, plus marquée que les années précédentes. Peut-être une autre répartition du budget vacances de la part de ceux qui ont opté pour les Vakanz Doheem…

Ainsi, les modèles qui ont le mieux marché chez BMW sont les plus sportifs, comme ceux badgés M ou la Série 8, «notre vaisseau amiral». Si bien qu’en juin, juillet et août, les ventes de véhicules neufs ont augmenté de 7,3% en un an.

Chez Mini, «au 23 septembre, on a déjà vendu autant de cabriolets que sur toute l’année dernière, sachant qu’il nous reste plus de trois mois et qu’il y a eu deux mois de confinement», illustre Olivier François. Cela correspond à environ 90 véhicules neufs.

Problèmes de stock

Autre phénomène notable: les clients étaient pressés à la sortie du confinement. Si d’habitude, ils passaient facilement commande malgré des délais moyens de quatre à cinq mois, cet été, ils voulaient tous leur voiture tout de suite et achetaient les modèles en stock. L’occasion a donc fait un bond: plus de 50% de ventes en plus sur juin, juillet et août 2020 par rapport à 2019 chez Bilia-Emond. Là encore, «les cabriolets Mini d’occasion se sont vendus comme des petits pains». Pourquoi tant d’impatience? «Nous sommes certains que des clients ont acheté de nouveaux véhicules parce qu’ils voulaient partir en vacances par la route au lieu de prendre l’avion», explique le responsable marketing. Il déduit, de différentes conversations avec des clients, que d’autres ont acheté une voiture parce qu’ils ne souhaitaient plus se rendre au travail par les transports en commun, par exemple.

Cela crée «une réelle problématique» selon lui, même s’il assure avoir suffisamment de stock pour l’Autofestival qui aura lieu du 25 janvier au 8 février 2021. «Depuis la fin du confinement, les usines tournaient pour rattraper leur retard et livrer les clients qui avaient passé commande avant la crise. Elles sont seulement revenues à une situation normale depuis mi-septembre», témoigne-t-il.

Le besoin automobile estival de 2020 ne compense pas totalement les pertes liées au Covid-19. Si le retard a été à peu près rattrapé pour Mini, BMW note toujours une baisse de 6% de ses ventes en moyenne. Ce qui pèsera sur le chiffre d’affaires du concessionnaire, qui était de 120 millions d’euros en 2019. Il emploie 160 personnes au Grand-Duché.

Le trou du confinement

Le groupe Car Avenue (300 salariés au Luxembourg) a également constaté quelques achats plaisir sur son pôle Mercedes et PSA, faisant le bonheur des «belles cylindrées» et des quelques cabriolets.

Ici aussi, «les gens étaient pressés», confirme Benjamin Bauquin, directeur général Belux du concessionnaire. Ils se sont donc davantage tournés vers l’occasion, où les ventes ont été légèrement supérieures à celles de l’été dernier (+10 à 20%). Le stock reste important pour l’occasion, mais pour les véhicules neufs, «les délais sont rallongés» à cause du retard pris par les usines: il faut compter entre trois et six mois pour recevoir sa commande en moyenne, contre environ deux en temps normal.

«La tendance de fond du marché est quand même très mauvaise», avertit-il cependant. Les ventes estivales ne compensent pas toutes celles perdues lors du confinement, et l’activité reprend doucement à cause d’une «sorte d’attentisme», selon lui… «Le Luxembourg vient d’être de nouveau classé comme zone rouge par la Belgique. Cela concerne une partie de nos clients frontaliers qui se déplaceront moins chez nous», s’inquiète le directeur général, qui ne communique pas sur son chiffre d’affaires.

Situations différentes d’un garage à l’autre

«L’occasion connaît un boom», corrobore Merbag (600 collaborateurs). Le concessionnaire Mercedes reporte un volume de ventes plus important que l’année dernière à la même période sur ce segment, sans pouvoir le chiffrer. Il l’explique par la volonté de recevoir sa voiture tout de suite, mais aussi par un budget revu à la baisse par des ménages qui auraient perdu une partie de leurs revenus pendant la crise sanitaire, et tourneraient le dos aux voitures neuves.

Quoi qu’il en soit, «on doit encore rattraper le retard (du confinement, ndlr)», affirme-t-il. «Mais les ventes reprennent à des niveaux similaires à ceux de l’année dernière à la même période».

Chez les trois concessionnaires, l’hybride et l’électrique séduisent aussi de plus en plus.

Frank Lentz, secrétaire de la Fedamo (Fédération des distributeurs automobiles et de la mobilité), complète: «Les ventes de voitures ont repris, oui, mais pas toujours au même niveau qu’avant la crise». Il ne dispose pas de données chiffrées, mais garantit que la situation «diffère d’un garage à l’autre».