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Gros plan sur les microentrepreneurs (5/9)

Vitor Murteira lave plus blanc



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Vitor Murteira, accompagné de son associée, Elvira Brochado (au centre) et de Carla Costa, une de ses employées. (Photo: DR)

Depuis plus de trois ans, l’entreprise luxembourgeoise de microcrédit Microlux soutient financièrement des petits entrepreneurs, auxquels nous consacrons une série de portraits. Avec Netto Bureau, Vitor Murteira veut rendre des lettres de noblesse au secteur du nettoyage.

En créant Netto Bureau en 2015, Vitor Murteira (41 ans) a opéré un virage à 180 degrés dans sa vie professionnelle. D’origine portugaise, il est arrivé au Luxembourg grâce à un transfert entre PwC Portugal, à Lisbonne, et PwC Luxembourg. Diplômé en business administration, il a ensuite travaillé pendant huit ans comme auditeur financier.

«À un moment, je me suis rendu compte que j’avais déjà tout ce dont j’avais besoin. Une maison pour la famille, une voiture… Fallait-il encore se battre pour avoir des choses plus grandes, plus chères?»

Il lance donc la société de nettoyage Netto Bureau sous la forme d’une entreprise d’impact sociétal. «Je voulais avant tout faire travailler des mères de familles défavorisées, comme le prône Muhammad Yunus, le père de la microfinance. Or, c’est souvent dans les sociétés de nettoyage qu’on les retrouve», explique-t-il.

Le secteur lui étant par contre inconnu, il s’associe à Elvira Brochado, la dame qui nettoyait son bureau et qui bénéficie d’une expérience de 30 ans dans le secteur.

Cinq grands principes

Netto Bureau définit alors cinq grands principes pour apporter de l’impact dans la société en se démarquant de ce qui se fait dans le secteur:

1. Offrir des salaires décents

2. Proposer des prix bas aux clients privés pour lutter contre le travail au noir

3. Travailler selon des horaires classiques de journée

4. Prendre des mesures concernant la santé

5. Assurer l’intégration sociale des employés

«Je viens aussi du secteur des services, mais dans le secteur financier les professionnels sont respectés, ce qui n’est pas vraiment le cas des professionnels du nettoyage.» D’où les différentes formations assurées en matière de santé (usage de produits écologiques, formations pour apprendre à protéger son corps lors de tâches pénibles), les horaires réguliers en journée par respect pour la vie de famille – «une fois qu’on leur explique, nos clients les admettent sans problème» – et des salaires décents.

Nous avons renversé la logique du secteur en investissant dans nos employés.
Vitor Murteira

Vitor Murteira,  fondateur et directeur,  Netto Bureau

«Nous avons renversé la logique du secteur en investissant dans nos employés. Ils travaillent donc avec une certaine fierté et beaucoup de professionnalisme.» Netto Bureau fonctionne actuellement avec six employés et ignore quasiment le turnover.

La relation avec les banques a par contre été plus compliquée. Vitor Murteira justifie les craintes des organismes financiers classiques par le manque d’actifs à placer en garantie dans un métier comme le nettoyage. «Ceci dit, même ceux qui annonçaient qu’ils soutenaient les sociétés d’impact sociétal n’ont pas voulu nous aider. Je suis donc reconnaissant à Microlux de nous avoir accordé son support.»