PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Vue des marchés

Le variant Delta inquiète les marchés



Les places boursières souffrent depuis quelques jours face à la résurgence de l’épidémie, qui fait craindre un affaiblissement de la dynamique de croissance. Le CAC 40 a, par exemple, en quelques jours, abandonné plus de 5% par rapport à son point haut du 17 juin dernier à 6.666 points, pour revenir à son niveau d’il y a deux mois. (Photo: Shutterstock)

Les places boursières souffrent depuis quelques jours face à la résurgence de l’épidémie, qui fait craindre un affaiblissement de la dynamique de croissance. Le CAC 40 a, par exemple, en quelques jours, abandonné plus de 5% par rapport à son point haut du 17 juin dernier à 6.666 points, pour revenir à son niveau d’il y a deux mois. (Photo: Shutterstock)

La recrudescence des cas de Covid, liée au variant Delta, pèse sur les bourses en faisant planer une menace sur le scénario de la réouverture des économies et d’un retour rapide à la normale, ce scénario qui tire vers le haut la croissance des marchés. Avec, à la clé, une série de corrections.

Les investisseurs qui pariaient sur une reprise solide et durable de l’économie mondiale depuis le début de l’année se montrent désormais plus prudents. Ils se préparent à une croissance moins forte qu’espérée et à une hausse de la volatilité liée aux incertitudes relatives à l’évolution des campagnes vaccinales qui semblent marquer le pas et à la manière dont cette quatrième vague sera gérée par les autorités. Tous les secteurs gagnants depuis le début de l’année, c’est-à-dire ceux liés à la reprise de l’économie, ont cédé du terrain. C’est le cas pour les actions des secteurs touristiques ou de l’aéronautique, ainsi que pour les matières premières.

Le cours du pétrole reculait fortement lundi. Le baril de Brent a chuté de plus de 6,02%, à 69,11 dollars, repassant sous les 70 dollars pour la première fois depuis début juin, tandis qu’à New York, le baril de WTI plongeait, pour août, de 6,62%, à 66,82 dollars. Une baisse à laquelle on pouvait s’attendre suite à l’accord trouvé au sein de l’Opep sur la relance progressive de la production, mais qui a surpris les observateurs par son ampleur et sa vitesse. Effectivement, l’accord trouvé à l’Opep ne doit prendre effet qu’en août.

Logiquement, les investisseurs reviennent aux valeurs refuges, notamment aux obligations souveraines. Les rendements – qui évoluent dans le sens inverse du prix – sont orientés à la baisse. C’est le cas, par exemple, du taux à 10 ans américain, qui a atteint son plus bas niveau depuis la mi-février.

Toute la question est de savoir si nous sommes face à une crise de pessimisme ou si ces mouvements boursiers ont une cause plus profonde.

Des sources d’inquiétude plus profondes

Des sources d’inquiétude autres que le Covid contribuent à ce mouvement baissier. Comme les tensions sur le secteur immobilier chinois en raison des incertitudes concernant une grosse société immobilière qui aurait du mal à rembourser sa dette. En Chine toujours, les autorités qui, jusqu’à présent, insistaient sur la nécessité de limiter la hausse de l’endettement dans le pays, évoquent désormais la possibilité d’un relâchement de la politique monétaire au second semestre, semant ainsi le trouble chez des investisseurs qui interprètent ce revirement comme le signe avant-coureur d’un ralentissement de la croissance chinoise plus important qu’attendu.

La baisse du taux à 10 ans américain – que l’on prend comme témoin d’une plus grande aversion au risque – s’explique aussi pour une grande partie par l’inquiétude des marchés face à la position plus dure adoptée par la Réserve fédérale, qui évoque de plus en plus clairement un futur «tapering», c’est-à-dire un ralentissement de ses achats d’actifs et un retour à une politique monétaire plus classique.

Malgré ces reculs, les niveaux des marchés actions restent à des niveaux très élevés et les fondamentaux économiques restent bien orientés. La majorité des analystes continue de réviser à la hausse les prévisions de bénéfices des entreprises pour 2021 et pour les années suivantes, tenant ainsi éloigné le scénario d’un krach brutal.