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Procédure de destitution

Trump se rebiffe contre l’enquête du Congrès



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Le président américain Donald Trump refuse de se plier à la procédure lancée par la Chambre des représentants. (Photo: Shutterstock)

Le président américain compte bien entraver par tous les moyens l’enquête menée par le Congrès dans le cadre de sa mise en accusation («impeachment»).

Sous le coup d’une procédure lancée par la Chambre des représentants à majorité démocrate, sous la tutelle de la speaker Nancy Pelosi, Donald Trump n’a pas l’intention de faciliter la tâche à ses détracteurs, quitte à provoquer une crise constitutionnelle.

La Maison Blanche a en effet fait savoir à Mme Pelosi, mardi, qu’elle allait s’opposer à toutes les requêtes ayant trait à la procédure de destitution. «Le président ne peut permettre que vos procédures constitutionnellement illégitimes le détournent, lui et les autres représentants du pouvoir exécutif, de leur travail pour le compte des Américains.»

«Le président a un pays à diriger», déclare le conseiller juridique du président dans cette lettre. «À la lumière des nombreuses lacunes que nous avons identifiées dans votre procédure, nous espérons que vous abandonnerez ces efforts (…) et que vous vous joindrez au président pour vous concentrer sur les nombreux objectifs qui comptent pour le peuple américain.»

Mardi matin, M. Trump avait déjà empêché l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE, Gordon Sondland, de témoigner à huis clos devant la Chambre des représentants, dénonçant un «tribunal de pacotille».

Vous cherchez à annuler les résultats de l’élection de 2016 et à priver le peuple américain du président qu’il a choisi librement.

conseiller juridique de la Maison Blanche

La Maison Blanche considère que la procédure est entachée d’inconstitutionnalité puisqu’aucun vote solennel ne l’a ouverte. Un vote facultatif toutefois. Elle dénonce également le fait que la minorité républicaine n’ait pas pu solliciter de témoignages.

«En termes simples, vous cherchez à annuler les résultats de l’élection de 2016 et à priver le peuple américain du président qu’il a choisi librement», affirme la Maison Blanche. «Et de nombreux démocrates considèrent apparemment maintenant que la mise en accusation est non seulement le moyen d’annuler les résultats démocratiques de la dernière élection, mais aussi une stratégie pour influencer la prochaine, qui se déroulera dans moins d’un an.»

Réponse de Mme Pelosi: «Pendant un temps, le président a tenté de normaliser l’illégalité. Maintenant, il essaie d[’en] faire une vertu.» La lettre de la Maison Blanche s’avère, selon elle, «une autre tentative de cacher les faits à propos des efforts éhontés de l’administration Trump pour faire pression sur des pouvoirs étrangers afin qu’ils interfèrent dans les élections de 2020».

Mme Pelosi a lancé la procédure de destitution après la révélation d’une conversation entre le président américain et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, au cours de laquelle le premier exhorte le second à rouvrir des enquêtes visant le fils de l’ancien vice-président et candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden. Et ce, en échange du déblocage d’une aide américaine en faveur de l’Ukraine.