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Tripartite

Trois groupes de travail à la rescousse de l’aviation



De toutes les entreprises, Luxair est le plus gros employeur mais aussi la structure la plus touchée par les conséquences de la crise sanitaire du Covid-19. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

De toutes les entreprises, Luxair est le plus gros employeur mais aussi la structure la plus touchée par les conséquences de la crise sanitaire du Covid-19. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Patronat, syndicats et responsables gouvernementaux vont tenter de créer des plans de reclassement dans le secteur.

Trois entreprises, mais aussi trois impacts différents de la crise sanitaire du Covid-19: face à ce constat, la tripartite réunie jeudi matin au Kirchberg a annoncé la mise en place de trois groupes de travail destinés à proposer des solutions pour limiter la casse sociale chez Luxair (2.950 salariés), Cargolux (1.650 salariés) et Lux-Airport (330 salariés).

«Je pense qu’aujourd’hui il y a un grand consensus pour dire que le problème n’est pas seulement lié au Covid-19 chez Luxair mais qu’il y a un problème structurel», a commenté pour Paperjam Gilles Feith , le CEO de Luxair.

Le problème n’est pas seulement lié au Covid-19 chez Luxair mais il y a un problème structurel.
Gilles Feith

Gilles Feith,  CEO,  LuxairGroup

La compagnie aérienne luxembourgeoise a transporté trois fois moins de passagers sur les huit premiers mois de l’année et de l’avis général, il faudra être patient avant d’espérer renouer avec des niveaux d’activité similaires à ceux de l’avant-crise. Voilà pourquoi les groupes de travail vont s’atteler à développer des pistes allant de 2020 à 2023.

«Il y a une plus grande complexité chez Luxair que chez les autres acteurs», a souligné le ministre de la Mobilité François Bausch  (Déi Gréng). Il entend donc laisser le soin aux groupes de travail de décortiquer les chiffres pour proposer des plans permettant de limiter les pertes d’emploi.

La compagnie aérienne luxembourgeoise a transporté trois fois moins de passagers sur les huit premiers mois de l’année. (Photo: Luxair)

La compagnie aérienne luxembourgeoise a transporté trois fois moins de passagers sur les huit premiers mois de l’année. (Photo: Luxair)

La piste du reclassement de Luxair vers Cargolux évoquée

Parmi les pistes évoquées figure une cellule de reclassement qui permettrait d’affecter du personnel en sureffectif de Luxair vers Cargolux. L’OGBL évoque ainsi le scénario de techniciens ou de pilotes qui pourraient, moyennant une formation adéquate, intégrer des postes laissés vacants au sein de la compagnie de fret suite à des départs à la retraite anticipée par exemple.

«Cargolux veut bien être une partie de la solution à la crise, mais pas au prix de sa durabilité», a prévenu son CEO Richard Forson . Si son entreprise connaît pour l’heure moins de turbulences que Luxair par exemple, «je voudrais souligner que cela n’est pas le résultat d’une croissance économique, mais seulement d’une hausse des capacités de l’aviation cargo». Et au dirigeant de pointer le contexte de crise économique latente, avec une baisse de la consommation globale en ligne de mire.

Cargolux veut bien être une partie de la solution à la crise, mais pas au prix de sa durabilité.
Richard Forson

Richard Forson,  CEO,  Cargolux

Mais pour Luxair, un autre élément s’ajoute à l’équation: la convention collective arrive à son terme le 31 décembre de cette année. «Il faut de toute manière discuter de tout», a glissé Gilles Feith.

De son côté, le syndicat LCGB a dénoncé jeudi matin «l’arrogance et le manque de considération de la direction générale de Luxair». Dans un discours prononcé devant quelques centaines d’affiliés réunis devant le centre de conférences où avait lieu la tripartite, le secrétaire syndical, Paul De Araujo, a évoqué «un plan de démantèlement social honteux» présenté le 20 août dernier par la direction. Elle prévoit notamment le gel des salaires pendant trois ans, la suspension du paiement du 13e mois pendant trois ans ainsi que la réduction des jours de congé au minimum légal.

Clairement, les discussions seront animées, mais patrons, syndicats et responsables gouvernementaux affichent pour l’heure leur souhait d’avancer sur le dossier. Rendez-vous est pris le 7 octobre prochain pour la troisième réunion tripartite du secteur de l’aviation.