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Dialogue social

La tripartite vole-t-elle en éclats?



Le président de l’OGBL estime que l’UEL brise l’esprit tripartite qui a couvert le dialogue social luxembourgeois depuis plusieurs décennies. (Photo: Matic Zorman / Archives)

Le président de l’OGBL estime que l’UEL brise l’esprit tripartite qui a couvert le dialogue social luxembourgeois depuis plusieurs décennies. (Photo: Matic Zorman / Archives)

L’OGBL accuse l’UEL de vouloir «rompre le dialogue» en quittant le Comité permanent du travail et de l’emploi.

S’exprimant à l’issue du comité national de rentrée de l’OGBL, son président,  André Roeltgen , a annoncé à la presse que «le patronat nous a dit qu’il ne veut plus traiter des futures réformes sociales au Comité permanent du travail et de l’emploi», une instance tripartite née dans les années 1970, et plusieurs fois remaniée depuis.

La dernière réunion du CPTE, la semaine dernière, a manifestement tourné au vinaigre entre les partenaires sociaux sous l’œil du ministre du Travail et de l’Emploi, Dan Kersch . «Nous n’avons pas de commentaire à faire par rapport à une séance de travail ni par rapport aux positions de M. Roeltgen», répond l’UEL, interrogée par Paperjam.lu.

C’est un revirement historique pour le Grand-Duché, parfaitement néfaste.
André Roeltgen

André Roeltgen,  président,  OGBL

Le CPTE est un théâtre de discussions régulières entre le patronat, les syndicats et le gouvernement représenté par le ministère du Travail et de l’Emploi. Il est «chargé d’examiner régulièrement la situation en matière d’emploi et de chômage, de conditions de travail, de sécurité et de santé des travailleurs», indique la dernière loi, datant de 2007.

«Le CPTE est l’instance principale qui permet au gouvernement de discuter, d’un front commun avec patronat et syndicat, des grandes réformes à venir», souligne M. Roeltgen. «C’est dans ce comité que tous les compromis sociaux les plus aboutis ont été pris.» Le retrait de l’UEL, s’il se confirme, «est un revirement historique pour le Grand-Duché, parfaitement néfaste».

Les syndicats doivent se concerter

Pour l’OGBL, «l’UEL rompt le dialogue et n’entend plus se positionner comme un partenaire social». L’organisation patronale aurait justifié son retrait par le fait qu’elle serait sortie systématiquement perdante des discussions en CPTE, et que notamment la réforme de la loi PAN sur l’aménagement du temps de travail aurait été menée au bénéfice exclusif des salariés.

L’OGBL appelle l’UEL à «reconsidérer ce pas fatal». Sinon, les syndicats mèneront «d’autres moyens d’actions» pour arriver à leurs fins. Le syndicat d’Esch-sur-Alzette annonce déjà une réunion avec la CGFP et le LCGB afin d’évoquer la réaction syndicale face à cette situation.

Le syndicat a enfin évoqué ses revendications pour les salariés, du droit fondamental au travail à temps partiel à la restriction des heures d’ouverture des magasins, en passant par la taxation des multipropriétaires de terrains et de maisons, ou encore l’indexation des prestations familiales par rapport au salaire médian et l’augmentation du salaire minimum de 9,1%.