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Pandémie

Tour de vis en France



Jean Castex ne veut pas baisser la garde et maintient la pression. (Photo: Shutterstock)

Jean Castex ne veut pas baisser la garde et maintient la pression. (Photo: Shutterstock)

Jean Castex annonce un couvre-feu généralisé à 18 heures sur tout le territoire français, et n’exclut pas un troisième confinement.

L’annonce était attendue: la France passe sous le régime du couvre-feu généralisé. Un couvre-feu qui permettrait de diviser par trois les contaminations, avance le gouvernement en comparant les courbes des zones où il était en vigueur et des zones où il ne l’était pas. Un couvre-feu justifié par la nécessité de faire barrière aux variants britanniques et sud-africains du Covid, qui inquiètent fortement les autorités sanitaires.

C’est justement pour faire barrage au variant sud-africain que des mesures de restrictions d’urgence vont être mises en place en Guyane ainsi qu’à Mayotte et à la Réunion. Et de manière plus générale, tout voyageur venant de pays autres que ceux de l’Union européenne et voulant pénétrer sur le territoire français devra présenter un test négatif.

2,5 millions de personnes vaccinées fin février

En parallèle, le gouvernement français va accélérer sa campagne vaccinale – campagne dont les débuts laborieux avaient suscité la polémique. Olivier Véran, le ministre français de la Santé, annonce que plus d’un million de personnes seront vaccinées d’ici la fin  janvier, et 2,5 millions d’ici là fin février. Et dès le 18 février, en plus des plus de 75 ans, la vaccination sera ouverte également aux personnes atteintes de pathologies qui provoquent des formes graves de la maladie. Il y aura environ 700 centres ouverts dès ce lundi pour accueillir les 6 millions de personnes appelées à se faire vacciner.

Si le vaccin permet d’espérer une sortie de crise d’ici l’été, avance Jean Castex, les secteurs fermés vont devoir le rester encore quelques semaines au moins. Les secteurs de la restauration et de la culture ne voient toujours pas de perspective de réouverture avant fin février. Les dispositifs de soutien économiques sont maintenus et affinés en fonction des secteurs d’activité. À titre d’exemple, le fonds de solidarité connaît trois changements majeurs: la vente à emporter et la livraison à domicile ne seront plus intégrées dans le chiffre d’affaires de référence pour les restaurateurs, et donc plus déductibles du fonds de solidarité; pour les entreprises dont le chiffre d’affaires a baissé de 70% au moins, il y aura désormais une aide jusqu’à 20% de leur chiffre d’affaires dans la limite de 200.000 euros au lieu de 10.000 euros jusqu’à aujourd’hui, et; les coûts fixes seront pris en charge à 70% pour toutes les entreprises fermées qui ont un chiffre d’affaires d’au moins un million d’euros par mois, et l’aide sera plafonnée à trois millions d’euros sur janvier-juin 2021. 

Petite ouverture pour l’enseignement supérieur

Dans les écoles, qui restent ouvertes, les protocoles sanitaires seront renforcés. Toutes les pratiques d’intérieur sont suspendues pour le sport en milieu scolaire, tandis que les protocoles sanitaires seront renforcés dans les cantines pour éviter les brassages entre classes. D’ouverture, il en est question dans l’enseignement supérieur. Une ouverture très limitée, puisqu’elle ne concerne que les travaux dirigés pour les élèves de première année dans l’enseignement supérieur. Et ce par demi-groupe.

Si Jean Castex se dit confiant dans les bienfaits à attendre du couvre-feu, il prévient qu’un troisième confinement serait appliqué «sans délai» en cas de «dégradation épidémique forte».