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Simon Delcomminette, un concierge en or!



Simon Delcomminette est non seulement le chef concierge de l’hôtel Le Royal depuis 25 ans, mais aussi le président de l’association Les Clefs d’Or de Luxembourg.  (Photo: Hôtel Le Royal)

Simon Delcomminette est non seulement le chef concierge de l’hôtel Le Royal depuis 25 ans, mais aussi le président de l’association Les Clefs d’Or de Luxembourg.  (Photo: Hôtel Le Royal)

Simon Delcomminette préside au Luxembourg, avec autant de rigueur que de bonne humeur, une profession encore souvent méconnue mais primordiale dans l’hôtellerie: concierge «aux Clefs d’Or»…

Pouvez-vous nous décrire votre parcours?

Simon Delcomminette. – «Je suis né il y a bientôt 58 ans en Allemagne, d’un père belge et d’une mère allemande. Après avoir passé ma jeunesse en Belgique, je suis arrivé au Luxembourg à l’âge de 25 ans. J’ai fait des études de commerce et j’étais plutôt doué pour les langues étrangères. J’ai tenté de suivre, comme mon père, une voie diplomatique, mais sans succès... J’ai alors décidé de bifurquer de suite vers l’hôtellerie! Après trois ans à Bruxelles dans un hôtel 4 étoiles et des stages de management en Suisse dans divers palaces, j’ai rejoint l’hôtel Le Royal en mai 1988 en tant que concierge pendant un an avant d’être nommé assistant au chef concierge. C’est toujours au sein de cet établissement que j’occupe depuis près de 25 ans la fonction de chef concierge et président des Clefs d’Or luxembourgeoises.

Quelles sont les missions d’un concierge, et les spécificités des Clefs d’Or?

«Il me plaît à dire concernant le métier de concierge ‘aux Clefs d’Or’ que ‘ce que client veut, concierge le peut, aussi longtemps que nous restons dans la moralité et dans la légalité’. Être concierge dans un hôtel de prestige tel que Le Royal est un challenge de chaque jour. Nous prenons notre service sans savoir ce que sera la bonne surprise du jour! Les clients peuvent nous solliciter pour ce qu’ils veulent et il est de notre devoir de les satisfaire. Cela va de la commande d’un bouquet de fleurs à l’organisation d’un voyage, une réservation d’hôtel ou de restaurant, d’un jet privé, mais aussi l’impossible... Je me souviens par exemple avoir réalisé un décor de table pour l’anniversaire d’un chien, avoir commandé 200 saumons fumés d’Écosse un soir pour le lendemain matin. Subtilité: ces saumons devaient être tranchés à la main pour être chargés le lendemain à 10h sur un avion privé à destination d’un pays arabe! Un de mes premiers défis a été de trouver un soir 1.000 roses rouges pour le petit-déjeuner du lendemain d’un amoureux fou! Pour toutes ces demandes, nous avons le soutien de confrères de l’association Les Clefs d’Or.

Un concierge aux Clefs d’Or doit tout d’abord aimer servir ses clients, quels qu’ils soient. Il manie les langues étrangères avec aisance et fait évidemment preuve d’un minimum de savoir-vivre... Beaucoup de diplomatie est exigée dans ce métier. Un petit examen de passage et une expérience de cinq ans dans un métier de l’accueil sont obligatoires avant de recevoir les Clefs d’Or.

Quel est votre rôle en tant que président de l’association Les Clefs d’Or de Luxembourg?

«Mon rôle au sein de l’association est surtout de réunir une équipe de concierges dans mon pays qui ont cette volonté de servir des clients prestigieux. Ensuite, j’aime être l’ambassadeur de mon hôtel ainsi que des autres hôtels du pays auprès des quelque 4.500 membres de l’association dans la cinquantaine de pays où l’on trouve des concierges aux Clefs d’Or. Je participe autant que possible à des activités de découverte à Luxembourg et je représente ma section à l’étranger. Bien sûr, je ne suis pas seul dans cette tâche: nous avons un vice-président et un secrétaire très actifs! Pour promouvoir le pays, ses hôtels, ses commerces et ses restaurants, nous utilisons les réseaux sociaux locaux, mais aussi ceux de l’Union internationale des concierges d’hôtels Les Clefs d’Or, dont le siège est basé rue Cambon à Paris. Cette association fut fondée en 1953 et n’a eu de cesse de grandir depuis lors.

Comment évolue et s’adapte le métier, avec notamment l’arrivée de la nouvelle génération et les défis sanitaires du moment?

«Le métier change, en effet. Elle est bien loin l’époque où tous les clients passaient par la loge pour demander des tas de conseils et de recommandations. Beaucoup maintenant ont l’aide d’internet pour trouver leur chemin ou les sites touristiques. Il en va de même pour sortir, trouver un restaurant... Néanmoins, nous avons à nouveau de plus en plus de clients qui préfèrent faire confiance au concierge de l’hôtel qui connaît sa région, sa ville et ses attractions pour avoir LE bon tuyau, le coin caché, l’adresse d’insider ou le super restaurant du moment. Les grands guides gastronomiques sont de moins en moins fiables et les clients le savent. Quant à la situation actuelle avec le Covid-19, nous n’avons pas eu d’autre choix que de nous adapter. Nous avons moins de visiteurs, ce qui nous permet de nous en occuper mieux encore et plus. Nous leur rappelons les règles sanitaires en vigueur à la fois dans l’hôtel et dans la ville pour les protéger de ce virus. La direction de l’hôtel Le Royal est consciente de l’importance d’une bonne conciergerie avec des éléments fidèles: certains sont là depuis plus de 36 ans!

Quel serait le rêve professionnel, même pour un jour, de Simon Delcomminette?

«Ma vie d’homme aux Clefs d’Or est remplie de beaux moments et de magnifiques rencontres. J’ai eu l’occasion de visiter plus de 40 pays en participant aux congrès et autres réunions des Clefs d’Or du monde. J’ai séjourné dans les plus beaux palaces et j’ai mangé dans les plus belles adresses des cinq continents. Un dernier petit rêve professionnel serait toutefois de recevoir la Reine Elizabeth II d’Angleterre. Ne me demandez pas pourquoi! Un rêve…»

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