PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Assurances

Conversation – Octavie Dexant

«Seul un changement radical de tous peut limiter le risque climatique»



Octavie Dexant, CEO d’AXA Luxembourg et AXA Wealth Europe depuis janvier dernier, se livre sur l’évolution du métier d’assureur, entre crises climatique et pandémique. Si elle ne peut prévoir le futur, elle tente néanmoins d’en modéliser les risques et opportunités pour en dessiner les contours… en vert, forcément.

Après près de 100 jours de recul sur votre fonction, quel regard portez-vous sur la Place luxembourgeoise et le rôle qu’AXA peut y tenir?

Octavie Dexant.  «Nous sommes sur un marché très sain, en croissance et porté quasi exclusivement par des réseaux physiques. Non pas parce que c’est traditionnel, mais parce que c’est ­culturel. Il y a, ici, un grand sens de la relation, une importance donnée à la confiance inter­personnelle. C’est un atout précieux. Côté offre, le marché reste en revanche encore relativement traditionnel, et c’est là que nous pourrions sans doute amener de la nouveauté. Ce que l’on a déjà fait sur des sujets assez inédits au Luxembourg, comme le domaine de la ‘pet insurance’ ou le fait d’avoir été les premiers à assurer les navettes autonomes dans le Grund.

Vous avez toujours occupé des postes à dominante stratégique. En quoi votre mission ici sera-t-elle différente de celles que vous avez menées jusqu’alors?

«Il y a toujours eu la stratégie, effectivement, même si la dominante était plutôt business ces dernières années. La vraie rupture est plutôt le fait de passer de projets de construction, via des acquisitions ou des montages de gros deals commerciaux, à un défi de transformation d’une entité qui est installée et qui fonctionne, pour la préparer à soutenir sa croissance de demain. Et, là-dessus, mes projets passés, et notamment le digital, vont sans aucun doute m’aider.

Peut-on envisager que la direction générale d’AXA à Luxembourg se stabilise, puisque Mirjam Bamberger n’est pas restée longtemps (un an et huit mois) après Marie-Hélène Massard (huit ans)?

«La direction générale d’AXA Luxembourg a toujours été stable historiquement. Mirjam a été appelée à prendre une fonction au sein du groupe qui constituait une opportunité, dont on ne peut que se réjouir pour elle, et cela ne change en rien la stratégie, qui est toujours cohérente. La continuité est là, d’autant plus que l’on a mené une transition main dans la main depuis décembre. Comment je m’y projette? Je peux juste vous dire que j’ai fait déménager au Luxembourg mari et enfants, je ne l’aurais certainement pas fait si j’envisageais le poste comme un rôle à court terme. Et je m’en réjouis.

Le groupe AXA affiche des records de croissance avec 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021, comme nombre de compagnies d’assurances, dans un contexte post-pandémie et post-inondations. Quelle est la part du Luxembourg dans ces résultats?

«Sur les 100 milliards d’euros, AXA Luxembourg a émis 275 millions d’euros de primes brutes en 2021, avec une croissance soutenue que ce soit en vie ou en non-vie. Quant à AXA Wealth Europe (la branche gestion de fortune d’AXA au Luxembourg, ndlr), on est passé de 450 millions d’euros de primes brutes émises en 2020 à 610 millions en 2021. Une grosse performance pour cette branche créée il y a seulement six ans. La dynamique est là.

La branche AXA Wealth Europe est arrivée tardivement au Luxembourg…

«Nous sommes, à vrai dire, le dernier arrivé. Mais on a su trouver notre place avec une très belle croissance sur ce segment et une forte agilité. C’est l’avantage d’être arrivés récemment, le modèle a été bâti avec des outils nouveaux et un souci de digitalisation de l’expérience client. La qualité de service et l’efficacité d’AXA Wealth Europe sont reconnues, et je dois dire que cette dynamique convient bien à mon caractère assez speed. J’ai naturellement une forme de sens de l’urgence. On ne remet jamais au lendemain ce qui peut être fait le jour même!

Comment allez-vous investir vos bénéfices à Luxembourg?

«C’est très clair, puisque c’est dans la continuité de ce que nous avons commencé à faire depuis quelques années: nous investissons massivement dans la transformation interne de l’entreprise. Au niveau IT, nous renouvelons les outils existants pour être capables d’évoluer avec les besoins du client et délivrer ‘ce qui compte vraiment’ pour lui, que ce soit en termes d’offre ou de service. On a vu que la pandémie avait amené plus de digitalisation et un besoin de flexibilité auquel nous devons pouvoir répondre.

Comment la compagnie française se démarque-t-elle sur la Place, notamment face aux majors Lalux-Foyer-Bâloise qui ont un ancrage historique?

«Je pars du principe que nous sommes sur un marché en croissance où chacun peut trouver sa place. Il y a effectivement quatre assureurs principaux (Lalux-Foyer-Bâloise-AXA, ndlr), qui servent bien ce marché, et notre ambition ne s’exprime pas en termes de concurrence ou de classement. Quant à l’ancrage historique, nous sommes, en réalité, issus de La Paternelle qui a été la première compagnie à avoir reçu l’agrément d’assureur au Grand-Duché… en 1853!

Il ne faut pas négliger la part de l’intuitu personae!
Octavie Dexant

Octavie Dexant

Foyer et Lalux sont des acteurs locaux. Bâloise est multipays, mais plutôt régional, là où AXA est un acteur résolument mondial, ce qui est un atout sur un marché dont près de 50% de la population est internationale. Les nouveaux arrivants connaissent souvent déjà notre marque, qu’ils retrouvent d’un pays de résidence à un autre. Si AXA au Luxembourg peut se démarquer, c’est par la force de sa marque et la puissance du groupe qu’il y a derrière.

Peut-on encore dire que les Luxem­bourgeois vont davantage se tourner vers des assureurs d’ancrage local et que les Français vivant au Luxembourg vont se tourner vers AXA?

«C’est sans doute un petit peu cliché… J’imagine que la population française peut avoir le réflexe AXA en arrivant, car nous avons tous tendance à aller vers ce qui nous est familier. Mais je ne suis pas sûre que les chiffres soient aussi nets, car il y a toujours ce fameux relationnel, absolument clé au Luxembourg. Il ne faut pas négliger la part de l’intuitu personae! En tout cas, je peux vous dire que mon propriétaire, qui est Luxembourgeois, est assuré chez nous…

L’objectif d’investissements verts de votre groupe d’ici 2023 passe de 24 à 26 milliards d’euros. Quel rôle peuvent jouer les assureurs dans l’expansion de projets d’énergies renouvelables ou d’électro­mobilité dont l’Europe a besoin?

«Les assureurs ont un double rôle à jouer, en étant à la fois sélectifs et incitatifs.

Sélectifs en tant qu’investisseurs, par l’exclusion de certaines activités ou de certains acteurs non engagés dans la transition, mais aussi par l’investissement dans plus de projets permettant la transition vers les énergies vertes et faibles en carbone.

Incitatifs en tant qu’assureurs, en encourageant et en accompagnant les transitions de leurs clients, que ce soient des entreprises ou des personnes. Cela passe par le développement de nouvelles couvertures ou par l’encouragement des comportements vertueux. C’est ce que nous avons mis en place, avec des réductions de 15 à 25% sur les primes des véhicules hybrides et électriques.

D’autres exemples?

«Ils sont multiples. Le climat est en effet un sujet sur lequel AXA s’est fortement engagée depuis longtemps. Nous avons même une entité entièrement dédiée au sujet, AXA Climate. Nous avons développé de nouveaux types d’assurances, comme le paramétrique, des produits spécifiquement modélisés sur le risque climatique pour les agriculteurs, des couvertures intégrées pour couvrir les nouveaux équipements de type panneaux photovoltaïques ou pompes à chaleur. Nous avons même monté une école du climat appelée AXA Climate School, qui permet de former les employés d’entreprises désireuses de s’engager dans une transition durable. Une formation que nous avons pour objectif de faire suivre à tous nos salariés au Luxembourg cette année.

Vis-à-vis de vos clients, il n’y a, pour l’instant, que des incitations à vivre de manière «plus durable», mais aucune obligation?

«Pas d’obligation de manière générale, si ce n’est les exclusions que nous faisons qui, elles, s’imposent à nos clients. Nous verrons ce que dira l’avenir… Le vrai impact serait que les gens le fassent non pas parce qu’ils y seraient obligés, mais parce qu’ils en seraient convaincus. C’est là que nous avons un rôle à jouer via l’éducation et la prévention.

Est-ce que cela signifie que demain, tout pourra être assurable?

«Sur le principe, à partir du moment où il y a un aléa (en l’occurrence, personne ne peut contrôler la météo), que c’est modélisable et que c’est mutualisable, tout est assurable. Sur les aspects climatiques, le risque est, comme pour la pandémie, que la simultanéité des cas vienne briser le principe de mutualisation puisque tout le monde se retrouve touché en même temps.

Spécialiste des missions stratégies et acquisitions, mais aussi transformation et digital, Octavie Dexant dirigera les marchés Europe et Amérique latine du groupe avant de prendre les rênes d’AXA Luxembourg en janvier 2022, à 38 ans. (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne)

Spécialiste des missions stratégies et acquisitions, mais aussi transformation et digital, Octavie Dexant dirigera les marchés Europe et Amérique latine du groupe avant de prendre les rênes d’AXA Luxembourg en janvier 2022, à 38 ans. (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne)

Devrait-on rendre l’assurance contre certains risques climatiques (en fonction du pays – ici, les inondations, par exemple) obligatoire, comme l’est l’assurance responsabilité civile?

«Plus que d’obligation de s’assurer, je parlerais de droit à la protection des citoyens. Cela peut passer par un mécanisme d’assurance individuelle privée obligatoire comme par un système de fonds de garantie dont le financement est assuré par les acteurs publics et privés, par une taxe climat. Les solutions possibles sont multiples.

Mais la clé réside aussi et surtout dans le fait de continuer à mettre en place des mécanismes de prévention efficaces pour limiter l’impact de ces risques climatiques via des systèmes d’alerte des citoyens toujours plus réactifs et efficaces, et via la construction de boucliers contre ces déchaînements climatiques, que ce soit au niveau des matériaux de construction, du renforcement des digues…

Le risque pandémique est-il désormais pris en compte?

«Cela fait des années que le risque figure dans notre top 10 des risques à venir. Nous publions un rapport sur les risques futurs chaque année, dans lequel le risque d’épidémie mondiale figurait parmi les risques majeurs tels que le réchauffement climatique, les cyberattaques, l’instabilité géopolitique, le terrorisme, etc. Il y avait déjà eu des épidémies qui avaient fait craindre une pandémie, notamment le Sras et le virus H1N1, et ces signaux alliés à la mondialisation et à l’uniformisation des modes de vie avaient poussé nos actuaires à commencer à développer un nouveau modèle actuariel pour les pandémies. Ce n’était pas le risque auquel on s’attendait le plus, mais il avait été modélisé. D’où l’intérêt de travailler sur du long terme, car le risque arrive toujours plus tôt qu’on ne l’imagine. Reste le principe de mutualisation, qui est remis en cause en cas de pandémie – puisque, par nature, la pandémie touche tout le monde en même temps – et qui nécessite de trouver un nouveau moyen de faire face en alliant acteurs publics et acteurs privés.

À l’avenir, le plus grand risque sera-t-il climatique ou pandémique?

«Si l’on interrogeait les gens, ils répondraient peut-être encore la pandémie, car il y a ce traumatisme d’une société à l’arrêt et qui n’était pas prête à répondre à la situation, ne serait-ce qu’en termes logistiques avec l’absence de matériels de protection les plus basiques. À titre personnel, je pense que le risque majeur est clairement le changement climatique, contre lequel personne ne peut se prémunir seul, quand c’est au moins partiellement possible sur des risques de type pandémique via l’isolement, les masques, etc. Seul un changement radical de tous peut permettre de limiter le risque climatique. Il faut arriver à mettre fin à une inertie collective.

Combien ont coûté les inondations de juillet au groupe AXA?

«L’impact a été significatif pour AXA en Europe, compte tenu d’une part de marché comprise entre 10 et 20% sur ses trois marchés touchés (Allemagne, Belgique, Luxembourg). Cet impact a été partiellement mitigé par des mécanismes de réassurance et d’inter­vention étatique.

Le CEO de l’Aca – votre association sectorielle –, Marc Hengen, s’interroge sur la capacité financière du secteur à continuer d’assurer les dégâts causés par les catastrophes naturelles, si elles deviennent récurrentes. Qu’en pensez-vous?

«Encore une fois, c’est assurable lorsqu’il y a un aléa modélisable et mutualisable. Le principe de mutualisation commence à être remis en cause lorsque le nombre de cas simultanés devient trop important et lorsque la modélisation et la tarification deviennent compliquées quand la fréquence s’emballe. Le prix requis pour s’assurer pourrait devenir un frein. Je pense que c’est le point de vue de Marc.

Allez-vous augmenter vos primes?

«Nous avons procédé à une augmentation très modérée sur les primes 2022, à l’instar des autres assureurs, du fait de l’évolution des coûts (augmentations des réassureurs suite aux différentes inondations de 2021, inflation des matières premières pour reconstruire, inflation du coût de la main-d’œuvre, etc.), mais en aucune façon nous n’avons augmenté les primes de façon à provisionner de futures catastrophes naturelles qui pourraient arriver au-delà de 2022.

Comment la volonté de limiter le «potentiel de réchauffement» du groupe AXA au sein de ses propres activités (selon un rapport préliminaire à la COP26 sur la limitation de certains investissements) se traduit-elle jusque dans la gestion des portefeuilles de wealth management au Luxembourg?

«AXA Wealth Europe ne gère pas les portefeuilles. En revanche, les structures de gestion du groupe sur lesquelles nous nous appuyons (AXA IM et Architas) ont déjà intégré les facteurs ESG dans leur processus de sélection des investissements. Et, de façon générale, nous nous assurons de notre côté que, dans l’offre proposée, il y ait toujours une ­représentativité significative de fonds labellisés (ESG, ISR, Greenfin, Luxflag…). L’enjeu est maintenant de pouvoir offrir un choix d’investissements ‘propres’ toujours plus large à nos clients.

En matière d’ESG, AXA a renforcé ses critères d’exclusion sur le pétrole et le gaz. Le principe d’exclusion en matière d’investissements suffit-il à durabiliser un portefeuille?

«Étant donné l’ampleur du défi, ce n’est évidemment pas le seul levier, mais il est nécessaire!

L’exclusion seule ne suffit pas et doit bien évidemment s’accompagner d’une politique active d’accroissement des investissements soutenant les énergies renouvelables et la transition énergétique. C’est comme pour tout, il ne s’agit pas seulement d’empêcher le pire d’arriver, mais de s’engager activement pour faire émerger le meilleur.

Le rapport climat du groupe prévoit des objectifs à 2050. N’est-ce pas un peu trop éloigné? Quels sont les objectifs à court terme?

«Sur un risque comme le risque climatique, la projection et la capacité à avoir un impact ­significatif sont forcément longues… 2050 est l’horizon que nous avons pris pour nous aligner avec les objectifs de l’accord de Paris sur le climat (2015). Bien évidemment, nous avons des objectifs intermédiaires pour mesurer l’avancée de notre stratégie climat. AXA a ainsi mis en place l’Indice AXA pour le progrès. Il prévoit, notamment, de réduire l’empreinte carbone des actifs de son fonds général de 20% d’ici 2025, d’accroître ses investissements verts pour atteindre 25 milliards d’euros d’ici 2023 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2025 en réduisant les émissions de ses opérations de 20% (énergie, déplacements, digital) et en compensant les émissions résiduelles.

Dans quelle mesure êtes-vous concernés par le blocage des actifs russes en Europe?

«Nous avons la chance de ne pas avoir été impactés par ces blocages.

Plus que la digitalisation, j’ai une obsession pour la simplification. C’est là l’objectif, la digitalisation n’est qu’un moyen.
Octavie Dexant

Octavie Dexant

La réglementation forte du Luxembourg, en complément des directives européennes, est-elle un avantage concurrentiel ou un frein au développement?

«La différence principale que j’ai vue à ce stade, entre les directives européennes et la réglementation locale, porte sur le secret professionnel. Par principe, la réglementation a toujours pour objectif de protéger les assurés, mais aussi la société dans son ensemble, puisque les assureurs jouent un rôle majeur dans l’économie. L’objectif du régulateur est de rendre le marché sain, stable et structuré.

Mais on voit, dans le cas spécifique du secret professionnel, que son application stricte rend parfois difficiles les transformations que doivent engager les assureurs, que cela concerne le digital ou le cloud. Il y a toujours un juste équilibre à trouver pour continuer à protéger les intérêts des assurés sans aller vers une sur­réglementation qui hypothèquerait le futur. Ce qui n’est pas un sujet propre au Luxembourg!

Outre la stratégie, vous êtes également très attachée à la digitalisation du secteur. Sur la base de votre expérience, qu’allez-vous apporter au Luxembourg?

«Plus que la digitalisation, j’ai une obsession pour la simplification. C’est là l’objectif, la digitalisation n’est qu’un moyen. Au-delà de la simplification, c’est la transparence et la pertinence de ce que l’on fait qui m’importe: être là au bon moment, celui qui compte pour notre client. Mon objectif: simplifier la vie de nos clients, comme celle de nos agents et de nos employés.

L’intelligence artificielle peut-elle faire disparaître les agences, comme c’est le cas avec les banques?

«Non, on ne remplace pas les agents par des robots. L’IA peut venir en soutien des agents pour faciliter certaines tâches, mais ne remplace en rien le relationnel, l’expertise et le devoir de conseil. Et encore moins dans un marché comme le Luxembourg, où l’interpersonnel est clé et où le nombre de nouveaux résidents augmente chaque année. Entrer dans une agence et trouver quelqu’un pour vous informer et vous conseiller sur le mode de fonctionnement d’un pays dont vous ne connaissez pas encore les règles, cela n’a pas de prix et ne se remplace pas. Parole de nouvelle résidente!

Quel rôle souhaitez-vous jouer auprès d’associations sectorielles comme l’Aca?

«J’ai eu l’occasion de découvrir l’Aca la première semaine de mon arrivée, car il y avait un conseil d’administration. J’ai été chaleureusement accueillie et de la même façon que le marché est sain, le relationnel l’est aussi, bien que nous soyons tous concurrents. Il y a un vrai souhait de trouver ensemble comment faire évoluer l’assurance et protéger au mieux nos clients. Je suis vice-présidente de la Commission Marché local présidée par Christian Strasser, de LaLux. Je suis encore en phase d’apprentissage à ce stade en ce qui concerne le marché luxembourgeois, mais j’imagine que le rôle que je pourrai jouer à terme est celui d’apporter une ouverture sur les expériences d’autres marchés et d’autres modèles que j’ai pu expérimenter depuis 12 ans et que je continue à suivre à travers le groupe.

Vous avez figuré dans le dossier 50 Femmes CEO d’entreprises de plus de 100 personnes, publié dans l’édition de mars dernier de Paperjam. Comment percevez-vous cette mise en avant des femmes dirigeantes?

«Au-delà de l’impact sur ma personne, je suis heureuse et fière de représenter l’industrie de l’assurance, et encore plus de participer à la normalisation du fait d’être une femme, jeune, sur ce type de responsabilités. J’ai eu la chance d’être inspirée par des femmes chez AXA qui m’ont montré que c’était possible, et je considère que c’est à mon tour d’en être la preuve pour la génération qui suit. Je mentore régulièrement des jeunes femmes de façon formelle ou informelle en interne. On a d’ailleurs lancé un programme de mentoring, début mars, en interne. J’essaie de leur donner les clés que j’ai pu mettre des années à trouver et que j’aurais aimé connaître plus tôt, et j’essaie de faire tomber les barrières mentales à cause desquelles on peut parfois se bloquer toute seule.

À aucun moment je n’ai eu l’impression d’avoir à sacrifier ma vie personnelle pour mener ma carrière et vice versa. Pour preuve: ma petite tribu, dont la dernière a un an, et le fait qu’à chaque retour de congé maternité… j’ai été promue!»

Cet article a été rédigé pour l’édition magazine de Paperjam du mois de mai 2022 parue le 27 avril 2022. Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine. Il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam.

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