ENTREPRISES & STRATÉGIES — Finance & Légal

Une CEO face à la crise

Des services «indispensables aux entreprises»



Même en télétravail, Victor Buck Services affirme assurer un service totalement sécurisé. (Photo: Victor Buck Services)

Même en télétravail, Victor Buck Services affirme assurer un service totalement sécurisé. (Photo: Victor Buck Services)

Les activités de Victor Buck Services restent sollicitées en pleine crise du Covid-19, à l’heure où les entreprises se mettent au télétravail. De la réorganisation interne à sa vision pour la suite, sa CEO, Edith Magyarics, nous livre son ressenti.

Entre communication digitale, dématérialisation et archivage électronique de documents, Victor Buck Services continue d’assurer un service sécurisé à ses clients, principalement issus du monde financier, malgré la période de crise liée au coronavirus. Le point avec sa CEO, Edith Magyarics .

Quel rôle jouez-vous auprès de vos clients au sein de cette crise?

Edith Magyarics. – «Nous sommes un prestataire international de services et nous équipons nos clients (environ un millier: des banques, compagnies d’assurances, utilities, etc.) avec des solutions sécurisées face au risque de dispersion de données vitales. Ces services sont indispensables aux entreprises et au fonctionnement de l’économie luxembourgeoise.

Par exemple, nos ‘customer communication services’ leur permettent de rester en contact avec leurs clients à travers n’importe quel canal: e-mail, courrier postal, mise à disposition de documents sur un portail web sécurisé.

La dématérialisation n’est pas en reste. Plus que jamais, les professionnels ont besoin de digitaliser leurs documents afin de faciliter le travail à distance de leurs collaborateurs. La situation actuelle met en exergue l’importance de ces services pour le fonctionnement des entreprises, surtout lorsque la conjoncture nous contraint à remettre en question nos modèles opérationnels.

La demande de la part des entreprises a-t-elle beaucoup augmenté?

«Elle n’est pas si importante, mais elle n’a pas baissé pour la plupart de nos activités.

Comment vous êtes-vous réorganisés en interne?

«Environ 60% de nos collaborateurs sont en télétravail. Les autres travaillent sur le site, sont en congés pour raison familiale ou étaient déjà en arrêt maladie.

Sur le site, nous avons divisé les équipes en plusieurs ‘shifts’ pour respecter les mesures de sécurité entre les employés. Nous désinfectons les machines et les surfaces de contact entre chaque changement. Nous avons aussi mis à leur disposition du gel hydroalcoolique, des masques et des gants.

Nous faisons quotidiennement un point de la situation sur l’évolution de la crise et entretenons une communication régulière avec le personnel et les clients afin de les rassurer et les tenir informés.

Quel système avez-vous mis en place pour continuer d’assurer la sécurité des données en télétravail?

«Vous savez, nous sommes certifiés ISO 27001 (norme internationale qui décrit les bonnes pratiques à suivre pour les systèmes de gestion de la sécurité de l’information, ndlr). Ceci nous oblige à observer des protocoles très stricts en matière de sécurité de l’information en toutes circonstances, y compris lors des accès à distance. La situation actuelle a conduit à démultiplier rapidement ce qui existait déjà. Chaque collaborateur travaillant à distance a été équipé en conséquence. Nos équipes informatiques ont été très réactives.

Sur vos 222 salariés, sept travaillent depuis vos bureaux à Singapour. Comment s’organisent-ils?

«Toute l’équipe de Victor Buck Services Asia fonctionne en télétravail et a été équipée dans le strict respect de nos standards de sécurité.

Vous avez des clients partout dans le monde: comment gérez-vous cet aspect international en période de crise?

«Ils vivent tous la crise de manière différente. Le timing n’est pas le même en Angleterre et en Asie, c’est pour cela que nous devons être disponibles 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pour les accompagner.

Quel est votre ressenti sur le rôle de CEO en temps de crise?

«Je me suis toujours dit que le CEO, c’est un capitaine. Un capitaine qui a un magnifique bateau. Mais si l’équipage n’a pas envie de travailler avec lui, il reste au port.

Comment imaginez-vous la sortie de crise?

«J’adorerais avoir une boule de cristal. Les contours de la sortie de crise restent flous. Il y a quand même des tendances. Il est évident qu’il y aura un ralentissement de l’économie. Les entreprises vont devoir remettre en question leurs business models pour minimiser l’impact sur leurs revenus et maintenir leur activité. Elles vont se recentrer sur l’essentiel et mobiliser leurs ressources pour les activités stratégiques. Dans ce cadre, nous devons continuer d’être un support pour elles.

Il y aura surement une accélération de tous les projets de transformation digitale.

Tout ceci s’ajoutera aux problématiques concrètes et bien réelles que nous ne manquerons pas de retrouver après la crise sanitaire: protection des données, revue du Luxembourg par le Gafi en octobre prochain, etc.» (Le Groupe d’action financière devrait  examiner la conformité technique en fonction de ses 40 recommandations, ainsi que l’efficacité du système de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme à l’automne 2020 .)