ENTREPRISES & STRATÉGIES — Artisanat

à la rencontre des jeunes artisans (7/10)

«Sans épaules larges, il est difficile d’être indépendant»



Charel Roemen estime que «le gouvernement a bien réagi pour protéger la population». (Photo: Carrosserie Roemen)

Charel Roemen estime que «le gouvernement a bien réagi pour protéger la population». (Photo: Carrosserie Roemen)

La crise du coronavirus ne l’a pas laissé indifférent: Charel Roemen a réalisé au printemps dernier à quel point le basculement peut être rapide. Mais le carrossier de 29 ans installé à Kehlen se montre plutôt confiant.

Des véhicules de pompiers aux petits camions en passant par les aménagements de camionnettes: Carrosserie Roemen adapte tous types de véhicules à destination d’une clientèle professionnelle, mais aussi des administrations.

Charel Roemen dirige la production et les réparations dans cette PME artisanale où le confinement a certes ralenti l’activité sans néanmoins la paralyser. «Nous avons réduit l’équipe pour respecter les restrictions sanitaires du gouvernement», explique le jeune artisan.

Celui-ci n’a pas été particulièrement heurté par les propos du ministre du Travail Dan Kersch  (LSAP), en avril dernier, qui avait justifié l’exclusion des indépendants au chômage partiel par le motif qu’ils «ont les épaules larges» . Pour Charel Roemen, «sans épaules larges, il est difficile d’être indépendant». Il assure justement avoir eu les épaules larges avant la pandémie pour y faire face, au même titre que ses aïeux fondateurs de cette société née en 1936.

Les ingrédients de la relance

Et si le carnet de commandes s’est quelque peu tassé pendant le confinement, «l’activité est rapidement revenue», dit-il. «Une aggravation de la situation sanitaire serait gérable pour notre société», assure celui qui est affilié à Jonk Handwierk .

Une aggravation de la situation sanitaire serait gérable pour notre société.
Charel Roemen

Charel Roemen,  carrossier,  Carrosserie Roemen

Pas de nouveau produit ni de nouveau projet: la crise sanitaire a certes débarqué de manière impromptue sur la route de la PME familiale sans pour autant la faire dévier de sa trajectoire. Quelques salariés ont toutefois utilisé les canaux numériques pour réaliser leurs tâches administratives à distance durant les premières semaines du confinement.

Reconnaissant le caractère exceptionnel de la crise sanitaire du Covid-19, il estime que «le gouvernement a bien réagi pour protéger la population». Mais à ses yeux, la relance économique passe par un soutien aux investissements des sociétés. «Pas seulement via des subsides, mais aussi par des accélérations et des simplifications administratives», clame-t-il.

Le message est lancé, et puisqu’une crise est toujours l’occasion de tirer des leçons, reste à ce qu’il soit entendu.