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Pandémie

Retour au bureau: des chercheurs ont analysé différents scénarios



Quelle est la meilleure option de retour au bureau pour limiter la propagation du Covid? Des chercheurs français se sont penchés sur la question. (Photo: Shutterstock)

Quelle est la meilleure option de retour au bureau pour limiter la propagation du Covid? Des chercheurs français se sont penchés sur la question. (Photo: Shutterstock)

Le télétravail reste l’option la plus sécurisée pour freiner la propagation du Covid. Des chercheurs ont cependant comparé l’efficacité d’alternatives pour permettre un retour au bureau. Diviser les équipes en deux groupes, qui s’alternent sur le lieu de travail une semaine sur deux, donne les meilleurs résultats.

La rentrée approche, les campagnes de vaccination se poursuivent et de nombreuses entreprises souhaitent voir revenir leurs salariés au bureau. Mais quelle est la meilleure stratégie pour limiter les risques de propagation du virus? Une première étude scientifique qui tente de le déterminer vient d’être publiée. Des chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, de l’École normale supérieure (ENS) de Lyon et de l’Inria, en collaboration avec l’Institut Pasteur et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), ont analysé quatre méthodes de télétravail partiel.

Ils ont mené leur étude dans une école primaire, un lycée et un espace professionnel pour comparer dans ces lieux la probabilité d’une épidémie (au moins cinq personnes infectées par un premier cas), sa vitesse et le nombre cumulé moyen d’infections jusqu’à l’extinction des épidémies. Avec un taux de reproduction local d’environ 1,25.

Dans tous les cas, les résultats convergent. Et l’option la plus efficace est… la division des équipes avec une rotation hebdomadaire. Alors que, sans mesures de télétravail, les risques d’épidémie se situent entre 25 et 27%, ils descendent à 12% en effectuant une rotation hebdomadaire entre les effectifs.

Vient ensuite la rotation quotidienne, avec un risque de 12,4%.

L’alternance complète, c’est-à-dire une semaine où tout le monde est présent et une semaine où tout le monde reste chez soi, peut être privilégiée pour maintenir la cohésion des équipes. Mais elle est moins efficace. La probabilité d’épidémie est alors estimée à 15,6% avec l’alternance complète hebdomadaire et à 17,4% avec une alternance complète quotidienne.

Les probabilités d’infection diminuent le plus en télétravail, en rotation, puis en alternance. (Photo: capture d’écran issue de l’étude)

Les probabilités d’infection diminuent le plus en télétravail, en rotation, puis en alternance. (Photo: capture d’écran issue de l’étude)

Attention cependant: l’analyse menée et ses résultats sont purement scientifiques et ciblent le seul phénomène de risque de propagation épidémique. Il n’est pas tenu compte des impacts négatifs du télétravail, partiel ou total, sur les salariés et sur leur entreprise, des difficultés qui en découlent en matière de gestion RH, de gestion manageriale, de productivité, d’évaluation… Autant de paramètres qui doivent aussi être pris en compte dans le cadre d’un souhait de «retour au bureau», outre la sécurité sanitaire.

Au Luxembourg, les règles d’alternance entre bureau et télétravail varient d’une entreprise à l’autre, chacune devant s’assurer de la santé et de la sécurité des salariés. À l’école, le dispositif sanitaire de rentrée doit être présenté lors d’une conférence de presse le 3 septembre prochain.