POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Country report

Le FMI salue la réactivité du Luxembourg face à la crise



Pour Pierre Gramegna, le rapport du FMI est «un grand éloge de Washington, dont on peut se réjouir. Ceci confirme le bien-fondé de la politique poursuivie pendant la pandémie.» (Photo: Maison Moderne/archives)

Pour Pierre Gramegna, le rapport du FMI est «un grand éloge de Washington, dont on peut se réjouir. Ceci confirme le bien-fondé de la politique poursuivie pendant la pandémie.» (Photo: Maison Moderne/archives)

Le Luxembourg a apporté «une réponse rapide, ciblée et appropriée» à la crise du Covid: c’est la conclusion du dernier rapport mené par le FMl. Des félicitations doublées de quelques recommandations de réformes.

C’est une reconnaissance appréciable. Face à la crise du Covid, «le Luxembourg a géré la situation bien mieux qu’initialement prévu», ont résumé les experts du Fonds monétaire international (FMI) lors de la présentation ce 26 mai de l’édition 2021 du Country report, travail mené en mars dernier après consultation d’interlocuteurs du gouvernement, des secteurs privé et public. Outre l’investissement budgétaire massif de 18,6% de son PIB qui a permis d’amortir les conséquences sociales, économiques et humaines de la pandémie, les experts ont souligné que le passage rapide au télétravail a permis au pays de traverser la crise «relativement bien».

Suite à la contraction de 1,3% du PIB en 2020, le FMI confirme sa prévision de croissance de 4,1% en 2021 et 3,6% en 2022. «Bien que l’activité économique demeurera dans un premier temps inférieure au niveau d’avant la crise, une maîtrise rapide de la crise pourrait conduire à une croissance beaucoup plus rapide. En raison des incertitudes à l’échelle mondiale, des mesures d’accompagnement ciblées sont cruciales pour l’économie jusqu’à ce qu’une reprise sûre soit atteinte», lit-on dans le rapport du FMI.

Ne pas oublier les réformes en route

Une fois que la reprise aura pris de l’ampleur, l’institution de Washington appelle à «soutenir les développements écologiques et numériques et à combler les lacunes en matière d’infrastructures».

Tout en «conservant une marge de manœuvre budgétaire compte tenu des perspectives en matière de fiscalité internationale des entreprises et en vue des objectifs ambitieux que le gouvernement s’est fixés en matière d’émissions de CO2».

Concernant le secteur financier, le FMI insiste sur le fait que les risques croissants, bien que gérables, doivent continuer à être surveillés de près et traités conformément aux recommandations du programme d’évaluation du secteur financier (PESF) de 2017.

«Dans l’ensemble, le secteur financier reste résilient grâce à son ratio de fonds propres élevé et à ses réserves de liquidité, mais les perspectives à court terme pour la qualité des actifs et la performance des banques dépendent de la reprise et de la poursuite du soutien politique, en particulier aux ménages et aux entreprises vulnérables.»

Parallèlement, les risques de solvabilité dans le secteur non financier – soit le risque de faillites post-pandémie une fois les soutiens publics passés – et leurs conséquences négatives sur la rentabilité des banques doivent être surveillés de près.

La crainte d’une bulle immobilière

L’autre souci concernant la résilience du secteur financier, c’est l’endettement des ménages. Un endettement dû aux crédits hypothécaires et aux prix de l’immobilier. Le FMI plaide pour une révision du système actuel de ratio prêt/valeur, voire, «si les pressions sur le marché du crédit réapparaissent», un resserrement du volet de fonds propres. Le gouvernement est par ailleurs «encouragé» à renforcer encore la création de logements et à permettre à plus de personnes d’y accéder.

Concernant l’industrie des fonds d’investissement, le FMI appelle à un renforcement de la surveillance macroprudentielle, «compte tenu de la nouvelle recherche de rendement» et encourage le Luxembourg à réglementer davantage.

Enfin, les experts du FMI conseillent au Luxembourg de continuer à soutenir le marché du travail, et en particulier les profils fragiles: «Avec la reprise, l’accent devrait être mis sur la création d’emplois et l’orientation vers les secteurs dynamiques plutôt que sur la seule conservation des emplois.»