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Que faut-il attendre en 2019 sur les marchés?

Une année mouvementée sur le marché des actions



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Jean-François Jacquet: «Malgré les inquiétudes suscitées par le ralentissement de la croissance mondiale, la hausse des taux d’intérêt et les conflits commerciaux mondiaux, nous restons optimistes quant au potentiel de croissance des bénéfices en 2019.» (Photo: KBL Luxembourg)

Les contributeurs de la chronique financière livrent leurs prévisions sur les marchés en 2019. Que faut-il attendre comme tendances? Quels marchés seront porteurs? Éléments de réponse avec Jean-François Jacquet, chief investment officer chez KBL Luxembourg.

Le pic de croissance des bénéfices est peut-être déjà derrière nous, mais les marchés continuent d’afficher du potentiel. À travers le monde, où se situent les principaux risques et opportunités?

Malgré les inquiétudes suscitées par le ralentissement de la croissance mondiale, la hausse des taux d’intérêt et les conflits commerciaux mondiaux, nous restons optimistes quant au potentiel de croissance des bénéfices en 2019 aux États-Unis, au Japon, en Europe et sur les marchés émergents, la Chine en tête.

L’an passé, l’économie américaine a bien performé. Bien qu’un ralentissement de la croissance soit attendu cette année, les effets de la réforme fiscale continueront d’être favorables. Le cycle économique, qui résiste bien à la hausse progressive des taux d’intérêt, semble lui aussi en bonne santé.

Tokyo, une destination de choix

Les perspectives des actions japonaises restent favorables par rapport aux autres régions, reflétant l’attrait persistant des niveaux de valorisation et la solide croissance des bénéfices. Dans la mesure où la Banque du Japon (BoJ) et les fonds de pension continuent d’acheter des actions et où la politique unique de contrôle de la courbe des taux de la BoJ maintient même les rendements des obligations d’État à 10 ans proches de zéro, Tokyo semble rester une destination de choix pour investir. 

Après une année 2018 décevante, l’Europe semble être le marché le plus susceptible cette année de souffrir des révisions à la baisse des bénéfices. Outre l’incertitude politique permanente, le manque de dynamisme du secteur privé a laissé de nombreuses questions fondamentales sans réponse. Cette situation a contribué à la sous-performance à long terme des actions européennes, et la rentabilité sera érodée encore davantage par le ralentissement de la croissance économique.

Néanmoins, largement délaissées par les investisseurs, les actions européennes présentent aujourd’hui de la valeur. Les bénéfices à court terme progressent à un rythme satisfaisant grâce à l’amélioration des marges et le risque politique semble moins élevé que les années précédentes du fait d’un programme électoral relativement allégé.

Les marchés émergents, qui semblent actuellement sous-évalués, devraient finir par retrouver la confiance des investisseurs en 2019.

Jean-François Jacquet, CIO, KBL Luxembourg

Les marchés émergents, qui semblent actuellement sous-évalués, devraient finir par retrouver la confiance des investisseurs en 2019. Ici, la Chine mérite la plus grande attention. 

De façon générale, nous préconisons une approche sélective en ce qui concerne les placements en actions en 2019. 

Nous préférons adopter une position défensive et privilégions la qualité plutôt que la valeur ou la croissance. Par «qualité», on entend les entreprises qui sont en mesure de dégager régulièrement de solides bénéfices, avec des marges importantes, un rendement élevé du capital investi et un faible niveau d’endettement. 

En outre, les investisseurs doivent évaluer la volonté et la capacité de la direction à affecter les ressources de manière stratégique et à maintenir un avantage concurrentiel à long terme. L’impact en termes d’environnement, sociétal et de gouvernance (ESG) doit faire partie intégrante de cette évaluation, alors que la valeur ajoutée d’une telle approche n’est désormais plus à démontrer.

Au final, 2019 pourrait être une année de stagnation pour les actions à l’échelle mondiale, marquée par une volatilité accrue et de fortes divergences entre régions, secteurs et styles d’investissement. Préparez-vous, l’année s’annonce mouvementée.