ENTREPRISES & STRATÉGIES — Artisanat

Un emploi et un logement

L’entreprise de Rambrouch tend la main à un SDF belge



Après avoir lu un article de presse sur l’histoire de Grégory, qui vit depuis des mois dans un parking, l’entrepreneur Jonathan Dewalque a voulu lui venir en aide. (Photo: Touchèque Lux)

Après avoir lu un article de presse sur l’histoire de Grégory, qui vit depuis des mois dans un parking, l’entrepreneur Jonathan Dewalque a voulu lui venir en aide. (Photo: Touchèque Lux)

Ému par la très médiatisée histoire d’un SDF belge, ancien couvreur-charpentier, Jonathan Dewalque, administrateur de Touchèque Lux, veut lui proposer un emploi. Une offre «win-win» pour l’entreprise luxembourgeoise touchée par le manque de main-d’œuvre. 

L’histoire de Grégory a été largement évoquée par nos confrères belges de Sudinfo la semaine passée. Cet homme de 32 ans, sans domicile fixe, originaire de La Roche-en-Ardenne, vit depuis trois mois dans le parking du Quadrilatère à Huy. Les articles faisant état de son expérience en tant que couvreur-charpentier vont peut-être l’aider à entrevoir un avenir plus serein. Plusieurs entreprises ont en effet tenté d’entrer en contact avec lui pour lui proposer un emploi. L’une d’entre elles a son siège à Rambrouch: Touchèque Lux.

Un accord «win-win»

«Samedi matin, je lisais le journal numérique, et je vois ce jeune homme d’une trentaine d’années qui a une fille de sept ans. Moi-même papa, son histoire m’a interpellé. Je me suis ensuite rendu compte qu’il avait une formation de couvreur-charpentier, ce que nous recherchons», raconte Jonathan Dewalque, administrateur de l’entreprise située du côté luxembourgeois de la frontière avec la Belgique. «Étant donné la pénurie de main-d’œuvre dans la construction, je me suis dit ‘pourquoi pas’. Si on peut aider et que cela nous sert, c’est un deal ‘win-win’», résume-t-il. L’entrepreneur a donc contacté le journal pour qu’il transmette ses coordonnées au Service d’entraide familiale (SEF), Grégory n’ayant pas de téléphone. Depuis lors, il attend un retour de leur part. «Ce n’était que samedi, c’est encore prématuré. Est-ce que Grégory nous rappellera ou non? Je ne sais pas, j’ai lu que d’autres entreprises avaient pris contact avec lui. La balle est dans son camp.»

Pourquoi ne pas être allé directement à sa rencontre, sur le parking où il se trouvait? «Je n’en ai pas eu l’opportunité. Et puis, je lance un appel, je n’ai pas envie de m’immiscer dans la vie des gens. Il n’a peut-être pas envie de venir, pour l’une ou l’autre raison. S’il veut travailler, la porte est ouverte.»

En tout cas, il y a du travail dans le secteur de la construction. «Bien sûr. Mais ce n’est pas notre rôle d’aller dans la rue» pour chercher de nouveaux profils. S’il y en a, «et si on peut aider, c’est d’autant plus intéressant», affirme Jonathan Dewalque.

Son entreprise emploie 37 personnes et recherche trois ou quatre ouvriers, même si «la demande fluctue» selon les chantiers.

Un logement à 350 euros pour se relancer

L’entrepreneur a aussi proposé à Grégory un logement à 350 euros, charges comprises. Cela correspond à une chambre d’environ 20 mètres carrés avec cuisine et salle de bains communes. «C’est parce qu’il est à la rue, c’est une formule qui peut l’intéresser», justifie-t-il.

Mais il s’agit d’une offre exceptionnelle, le temps de se relancer. Les associés de l’entreprise disposent, à titre privé, de trois chambres de ce type, dont deux sont occupées par des salariés qui viennent de loin ou pour de courts CDD. Cela se décide «au cas par cas. Le but de cette aide est d’essayer de sortir quelqu’un de la rue, pour autant qu’il en ait envie et qu’il dispose des qualifications nécessaires, et non de promouvoir des logements à loyer réduit», insiste-t-il.

Plus de nouvelles

Grégory va-t-il accepter l’offre? «Effectivement, il a eu plusieurs propositions d’emploi», explique l’éducatrice qui s’occupait de lui au sein de la maison d’accueil du SEF, Audrey Pirson. Mais ce n’était pas la première fois qu’on lui proposait de l’aide, rappelle-t-elle, et il en avait, par le passé, déjà refusé plusieurs. Il avait d’ailleurs prévu de rappeler un des entrepreneurs qui l’avait contacté pour décliner sa proposition. «Je ne sais pas s’il l’a fait, son numéro est toujours sur mon bureau.» 

Hélas, depuis la fin de la semaine dernière, plus de nouvelles de Grégory. «Je ne sais pas où il est parti. Il avait déjà disparu il y a quelques mois. J’étais tracassée, j’ai fait le tour des commissariats et des hôpitaux. Et il a réapparu deux ou trois semaines plus tard, annonçant qu’il était allé chez des gens qu’il connaissait.» Peut-être est-ce le cas cette fois encore, espère du moins l’éducatrice.