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Privilégier une économie positive



Jacques Attali, Fondation Positive Planet. (Crédit: Maison Moderne)

Jacques Attali, Fondation Positive Planet. (Crédit: Maison Moderne)

Lors de la 5e édition de la Conférence Dialogue de SOGELIFE, l’économiste et écrivain Jacques Attali a souligné l’intérêt de privilégier une vision à long terme (autrement dit, passer d’une économie de la survie à une économie de la vie) face aux problèmes et menaces qui nous attendent. Une approche qui peut également être adoptée par les entreprises pour devenir réellement «positives».

La situation actuelle complexe se caractérise par de nombreuses problématiques: pandémie du Covid, élections américaines, récession économique, boom financier des marchés, ou encore terrorisme. Dans ce contexte, prendre du recul et adopter une vision à long terme est primordial. «Beaucoup ont compris que le monde est menacé par le fait que de trop nombreux individus, institutions, dirigeants ou banques se concentrent sur des processus et objectifs à court terme et choisissent de traiter en priorité ce qui est urgent et non ce qui est important.»

Il y a quelques années, le sujet d’une éventuelle pandémie était un problème important dont personne ne se souciait, excepté la Corée du Sud. Après avoir fait face à une autre pandémie auparavant, le pays s’est préparé en se munissant de masques et d’une capacité de tracing. Résultat: 400 morts sur une population de 50 millions de citoyens, ainsi qu’un confinement et une crise sociale évités. «Cela signifie qu’il est donc possible d’éviter le pire et que l’Europe aurait dû en être capable si nous avions pris en compte les problèmes à long terme.»

Se soucier des générations futures

Nous faisons en réalité face à trois types de menaces: écologique, sociale et gouvernementale. «La démocratie, le totalitarisme, le terrorisme, l’équilibre hommes/femmes ou la corruption sont des sujets qui s’envisagent sur le long terme, dont les entreprises et la société doivent constamment se préoccuper. Cela signifie aussi pour chacun d’entre nous de se demander s’il fait ce qu’il faut pour améliorer le monde dans les trois domaines cités.» À cela s’ajoute une quatrième dimension: l’économie. Dans ce contexte, une société, une entreprise ou un fonds se définissent comme positifs lorsqu’ils se soucient de l’intérêt des prochaines générations sur ces quatre dimensions. Améliorer la gestion des déchets, s’occuper des inégalités, de la santé ou de l’éducation, mais aussi de la corruption, de l’équilibre des genres et de la liberté d’information.

Nous faisons en réalité face à trois types de menaces: écologique, sociale et gouvernementale. (Crédit: Maison Moderne)

Nous faisons en réalité face à trois types de menaces: écologique, sociale et gouvernementale. (Crédit: Maison Moderne)

L’altruisme rationnel

Être positif présente un intérêt nettement plus concret: attirer des clients, des fonds, des talents qui seront fiers de faire partie d’une telle entreprise. Cette dernière en bénéficiera elle-même en retour. Il n’est pourtant pas facile de le devenir. «Nous avons développé un concept de ce que pourrait être une société, entreprise, pays, banque, fonds positif, et avons mesuré la positivité des pays. Les pays scandinaves arrivent en tête. La France, l’Allemagne et le Luxembourg sont, eux, dans la moyenne.»

Tenir compte de l’intérêt des prochaines générations n’est pas évident dans une démocratie, et encore moins dans une dictature. Dans le cas d’une entreprise qui souhaite durer, le plus important pour les dirigeants est de se concentrer sur la capacité de réussir à long terme, plutôt que sur les résultats du prochain trimestre. «L’entreprise qui ne se soucie pas de la positivité et ne place pas celle-ci au cœur de son comportement va mourir. La crise nous a fait réaliser que de nombreux secteurs importants sont trop concentrés sur le profit à court terme.»

Tenir compte de l’intérêt des prochaines générations n’est pas évident dans une démocratie, et encore moins dans une dictature. (Crédit: Maison Moderne)

Tenir compte de l’intérêt des prochaines générations n’est pas évident dans une démocratie, et encore moins dans une dictature. (Crédit: Maison Moderne)

L’entreprise est amenée à se concentrer sur des secteurs favorables à l’économie de la vie. Parmi eux, l’assurance. «Celle-ci pousse les gens à se soucier des générations futures. Lorsque vous souscrivez une assurance, vous réfléchissez aux problèmes à long terme. L’assureur doit guider les clients pour éviter une catastrophe et qu’ils n’aient à payer une prime ou des dommages élevés. S’il veut être positif, il doit se concentrer sur les investissements dans les secteurs de l’économie de la vie.»

En s’intéressant davantage à ce type de secteurs, l’Europe pourrait devenir un continent positif. «En tant qu’acteur financier, vous pouvez jouer un rôle important en poussant votre entreprise à adopter un meilleur comportement.»