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Les changements à l’heure de la crise du Covid-19

«Le private equity s’adapte avec la crise»


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Les activités associées au private equity ont bien résisté aux turbulences provoquées par le Covid-19. La réelle capacité d’adaptation dont disposent les acteurs du private equity leur permet de mieux appréhender les incertitudes. À moyen terme, si cette crise peut présenter des impacts négatifs, elle est aussi source d’opportunités.

Le private equity s’adapte avec la crise

«Au cœur de cette crise sanitaire, les acteurs du private equity s’en sortent bien», commente Thierry Somma, partner – Corporate, M&A au sein du bureau luxembourgeois du cabinet d’avocats Simmons & Simmons. Si cette catégorie apparaît plus résiliente que d’autres au cœur d’une période pourtant fortement troublée, c’est en raison de sa nature propre.

«L’une des caractéristiques majeures du domaine du private equity est la connaissance des actifs sous gestion et des décisions stratégiques prises par le management des sociétés acquises. Parce qu’ils connaissent bien les actifs dans lesquels ils investissent et qu’ils ont pu développer une expertise sectorielle ciblée sur leurs actifs, les acteurs du private equity sont en mesure de réagir plus rapidement à la crise et de prendre les décisions qui s’imposent, poursuit Thierry Somma. C’est principalement ce qui permet d’expliquer pourquoi les sociétés détenues par des groupes private equity ont mieux traversé cette crise que d’autres.»

Une flexibilité appréciée

Les conséquences de la crise sur un fonds private equity vont s’apprécier diversement en fonction de la situation. «Si l’on parle d’un fonds en fin de vie, qui cherche à sortir de ses actifs, l’impact de la crise sur la valorisation sera certainement plus important, commente Augustin de Longeaux, partner – Investment Funds au sein du cabinet Simmons & Simmons. Certains secteurs, comme ceux liés au tourisme, par exemple, ont forcément été beaucoup plus touchés que d’autres. Cependant, les fonds private equity ont la chance de pouvoir bénéficier d’une certaine flexibilité pour sortir de leurs investissements. Elle leur confère la possibilité de temporiser et de procéder à certaines adaptations structurelles au niveau de l’actif, pour l’adapter à la nouvelle configuration et garantir la valeur.»

Si la durée de vie des fonds private equity est établie au départ, la plupart prévoient contractuellement des dispositions permettant de différer le désengagement des investissements, pour notamment pouvoir vendre au moment le plus opportun. C’est d’ailleurs une option qui a été retenue par de nombreux acteurs durant tout le temps du confinement et des semaines, voire mois, qui ont suivi.

De nouvelles opportunités à saisir

Autre conséquence de la crise, le confinement a rendu plus difficile le déploiement du capital par des fonds en phase d’investissement, en raison notamment des difficultés de procéder à des due diligences et des entretiens nécessaires pour évaluer les actifs. «Les fonds qui ont terminé leur collecte avant que ne survienne le virus ont tendance à adopter une position attentiste, espérant pouvoir disposer de meilleures perspectives sur le long terme en vue d’investir dans les mois à venir», poursuit Augustin de Longeaux.

Souvent, les grands asset managers gèrent plusieurs fonds et devraient pouvoir compenser une éventuelle contre-performance à court terme en allant chercher des rendements plus importants dans les années à venir.
Augustin de Longeaux

Augustin de Longeaux,  partner – Investment Funds,  Simmons & Simmons

Toute crise, au-delà des impacts négatifs, offre de nouvelles opportunités. Des actifs impactés négativement par cette crise peuvent aussi être considérés comme des leviers de valorisation plus intéressants pour l’avenir. «Souvent, les grands asset managers gèrent plusieurs fonds et devraient pouvoir compenser une éventuelle contre-performance à court terme en allant chercher des rendements plus importants dans les années à venir», assure Augustin de Longeaux.

Vers un avenir durable

Dans ce contexte, Simmons & Simmons a développé une expertise poussée dans le domaine du private equity, pour proposer un conseil juridique tout au long de la chaîne de valeur, de la structuration des fonds aux démarches d’acquisition et de fusion, en passant par le financement des opérations, aussi bien au Luxembourg que sur d’autres juridictions. Cette expertise permet d’accompagner les acteurs dans le temps.

«Un des grands enjeux pour l’avenir réside dans l’intégration des critères ESG à toute démarche d’investissement, commente Thierry Somma. Les démarches de responsabilités environnementales et sociales, associées à des modèles de gouvernance éthique, devraient être à l’avenir mieux valorisées. Pour le private equity, le défi sera de parvenir à mieux évaluer les assets en tenant compte de cet aspect, mais nous sommes persuadés de l’intérêt de ces développements.»

Si elle n’est pas ressentie, une crise économique s’annonce.
Thierry Somma

Thierry Somma,  partner – Corporate, M&A,  Simmons & Simmons

D’autre part, on assiste à un mouvement de consolidation des acteurs du secteur du private equity. «Des acteurs plus importants cherchent à diversifier leurs portefeuilles avec la volonté de renforcer leur résilience face aux aléas. Si elle n’est pas ressentie, une crise économique s’annonce, précise Thierry Somma. Les acteurs du private equity auront un rôle à jouer durant cette période pour notamment soutenir l’économie et les entreprises en parallèle des banques.»

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