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«Le private equity, c’est palpitant»



Stéphane Pesch: «Le secteur a constamment besoin de nouveaux talents, des profils plus sophistiqués que dans d’autres secteurs.» (Photo: Patricia Pitsch / Maison Moderne)

Stéphane Pesch: «Le secteur a constamment besoin de nouveaux talents, des profils plus sophistiqués que dans d’autres secteurs.» (Photo: Patricia Pitsch / Maison Moderne)

Stéphane Pesch a pris la direction de la Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association (LPEA) le 1er septembre dernier. Il se donne pour mission de mieux faire connaître le secteur et d’attirer de nouveaux talents. Malgré… ou grâce à la crise.

Vous avez pris vos nouvelles fonctions en septembre. Le climat n’est évidemment pas idéal…

Stéphane Pesch. – «Le private equity a bien tiré son épingle du jeu en période de Covid. Pour ma part, je suis arrivé à la LPEA en octobre 2019, en tant que directeur de la stratégie. J’ai donc pu me familiariser avec les activités et travailler déjà un peu sur mes trois grands chantiers: les relations publiques, le développement de contenu et l’attraction de talents, un sujet qui m’intéresse beaucoup.

Qu’est-ce qui vous a conduit vers le private equity?

«J’ai travaillé 14 ans dans les services financiers avant de rejoindre la LPEA. En étant de plus en plus exposé à cette famille d’actifs, j’y ai pris goût. J’ai surtout été attiré par l’esprit entrepreneurial qui règne dans le private equity. Souvent, d’ailleurs, les investisseurs d’aujourd’hui sont des entrepreneurs qui ont réussi. Ce secteur, imprégné par les cultures anglo-saxonnes, transpire le leadership, l’énergie d’entreprendre. C’est palpitant.

La recherche de talents, ça reste d’actualité?

«Le secteur a constamment besoin de nouveaux talents, des profils plus sophistiqués que dans d’autres secteurs. Il faut des gens à la tête bien faite, motivés et disposant d’un cursus d’études qui colle à l’activité. Même si nous pouvons aussi proposer des programmes de perfectionnement.

La crise économique pourrait-elle faciliter cette recherche? Il y a des gens sur le marché…

«C’est possible! Certains préparent très certainement des plans de départ, d’autres vont essayer de se refaire après le trou noir du printemps. Il y aura certainement des opportunités, mais pour l’instant, l’avenir qui se dessine n’est pas encore très clair.

Vous placez aussi les relations publiques dans vos priorités?

«Il s’agit avant tout de promouvoir le private equity au Luxembourg et au niveau européen et d’en expliquer les bienfaits: le financement de start-up et de PME pour leur permettre de continuer à se développer ou de passer d’une période un peu compliquée à une période plus stable. L’objectif est surtout de faire grandir ces sociétés pour pouvoir les revendre en tant que «championnes».

Le private equity reste-t-il mal compris?

«Oui. C’est encore malheureusement souvent perçu comme une black box, ou confondu avec des hedge funds. C’est une pratique encore parfois qualifiée d’opportuniste ou de rapace. Ce sont de vieilles images. Mais il y a un travail de pédagogie à réaliser par rapport aux gens qui ne perçoivent pas l’activité qui se cache derrière ce terme.

Par contre, il n’est toujours pas accessible à tous…

«Effectivement, ce n’est pas dédié à un investisseur retail. Ce sont des fonds fermés, et ils préfèrent se limiter à un certain nombre de gros investisseurs. Il existe des tentatives pour démocratiser le secteur, mais on part quand même d’un certain niveau. Par contre, le secteur offre des pistes intéressantes pour les family offices, qui sont de plus en plus présents au Luxembourg.

Comment a-t-il résisté à la crise?

«Cela dépend. Certains venture capitalists ont investi dans des start-up qui avaient développé le produit, que la crise a permis de faire exploser. Mais d’autres start-up se sont retrouvées les ailes coupées, sans financement ou sans approvisionnement. Idem pour les investissements dans les PME. Je pense que les grands fonds de private equity ont fait leur travail d’accompagnement pendant la crise, mais ça n’empêche qu’une entreprise a pu se trouver face à un problème d’importation de pièces ou de technologies d’un pays fortement touché par la crise sanitaire. Chaque cas est différent.

Il pourrait donc désormais y avoir plus d’opportunités sur le marché…

«Oui, dans des cas où la famille détentrice des parts se retrouve étranglée sans financement ou parce qu’elle a perdu des clients.

Mais elles sont peut-être plus risquées…

«Selon le secteur dans lequel on investit, on sait à quoi s’attendre. Mais si une entreprise a trinqué pendant la crise, les investisseurs vont évidemment négocier sur base d’une valeur inférieure. Des opportunités, il y en aura donc certainement.»

Cet article a été rédigé pour l’édition magazine de  Paperjam datée d’«octobre»  qui est parue le 24 septembre 2020.

Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine, il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam.

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