PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Chronique des chefs économistes

Le private equity a le vent en poupe



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Stefan Van Geyt, group CIO pour KBL epb. (Photo: KBL epb)

La bourse n’est pas toujours le meilleur moyen d’obtenir des capitaux ni, pour un investisseur, de s’assurer le meilleur retour. Dans sa chronique de cette semaine, Stefan Van Geyt, group CIO au sein de KBL European Private Bankers, met en avant les atouts du private equity.

Bon nombre des entreprises les plus dynamiques aujourd’hui ne sont pas cotées en bourse. Malgré les rumeurs persistantes d’introduction en bourse, certaines «licornes», ces sociétés privées valorisées à plus d’un milliard de dollars ou SME, sont restées aux mains du secteur privé.

De nombreuses entreprises ont décidé de rester dans la sphère privée pour diverses raisons.

Par exemple, les marchés boursiers font l’objet de contrôles minutieux; la valeur d’une société est directement impactée par la santé des marchés financiers, ou encore les sociétés doivent obéir à des normes réglementaires et de gouvernance détaillées.

Un grand nombre d’entre elles prévoient d’entrer en bourse à terme, mais ne voient aucune raison de se hâter tant qu’elles restent en mesure de lever des fonds auprès d’investisseurs en private equity.

Pour les investisseurs, les raisons d’examiner de près le capital-investissement sont nombreuses.

Stefan Van Geyt,  group CIO,  KBL epb

Pour les investisseurs, les raisons d’examiner de près le capital-investissement sont nombreuses. Les performances peuvent être supérieures à celles offertes par les principaux marchés boursiers.

Selon une étude publiée par la British Private Equity & Venture Capital Association en 2017, les placements en capital-investissement au Royaume-Uni ont produit des performances annuelles moyennes de 21,2% au cours des trois années précédentes et de 17,8% sur cinq ans, contre 10,1% et 10,3% pour l’indice FTSE All-Shares sur ces mêmes périodes.

Il convient également de noter que le private equity porte une prime d’illiquidité, c’est-à-dire un supplément de rémunération que les investisseurs exigent en raison de la difficulté d’acheter et de vendre ce type de placements.

Contrairement aux sociétés cotées en bourse, il n’est pas possible d’acheter ou de vendre des titres sur un marché régulé ou réglementé: les investisseurs doivent alors compter sur une vente à une autre entreprise, une introduction en bourse ou à un autre fond de private equity pour réaliser leur investissement.

En outre, ce type d’investissement constitue une source de diversification intéressante. Bien que les performances restent influencées par le cycle économique – les sociétés de capital-investissement, comme leurs homologues cotées en bourse, ont tendance à surperformer dans un contexte économique porteur –, la classe d’actifs n’évolue pas au même rythme que les marchés boursiers, notamment en raison de son horizon à plus long terme.

Développer les sociétés

Pour les investisseurs privés, la principale voie d’accès à cette classe d’actifs est le fonds de private equity. Un portefeuille de fonds de private equity comprend souvent des sociétés se situant à différents stades de développement, ce qui permet de lisser les performances pour les investisseurs sur la durée.

Les gérants d’un fonds de private equity vont typiquement détenir une société pendant cinq à sept ans. Durant cette période, ils vont mettre à profit leur expertise, afin de développer les sociétés qu’ils détiennent en portefeuille et de générer de la valeur pour leurs investisseurs.

Toutefois, la plupart des fonds qui cherchent à attirer des investisseurs privés et fortunés auront tendance à cibler des petites et moyennes entreprises bien gérées dans lesquelles ils peuvent acquérir une participation significative et utiliser les compétences internes et l’accès au financement pour améliorer ou développer l’activité.

Certains cabinets de capital-investissement se spécialisent dans des marchés particuliers, comme la technologie, la distribution ou la santé.