PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Denis Costermans (Arendt Business Advisory)

«Le principal défi reste la rentabilité»



Denis Costermans: «La règlementation pèse lourd, et il faut faire face au digital. Ce n’est pas nouveau, cela fait plus de 5 ans que les difficultés s’accumulent. (Photo: Arendt)

Denis Costermans: «La règlementation pèse lourd, et il faut faire face au digital. Ce n’est pas nouveau, cela fait plus de 5 ans que les difficultés s’accumulent. (Photo: Arendt)

Denis Costermans, lead advisor banking & financial institutions chez Arendt Business Advisory, revient sur la situation du secteur de la banque privée dans le supplément private banking de l’édition juillet/août 2020 de Paperjam.

Comment se porte le secteur de la banque privée au Luxembourg?

«Bien, si l’on considère l’évolution du secteur durant ces 10 dernières années: croissance des actifs, réinvention vers un modèle onshore, repositionnement sur une clientèle (U)HNWI, sophistication de l’offre. Quel chemin! Moins bien, si l’on re­garde les difficultés actuelles. La croissance reste lente et bénéficie d’effets de marché, la concurrence est forte, la chasse aux équipes est ouverte, les coûts grimpent, la règlementation pèse lourd, et il faut faire face au digital. Ce n’est pas nouveau, cela fait plus de 5 ans que les difficultés s’accumulent. Et la crise du Covid-19 les a exacerbées.

Quels sont les principaux défis à relever aujourd’hui?

«Le principal défi reste probablement la rentabilité. On voit qu’elle se dégrade et que des banques peinent à dégager un bénéfice, ce qui laisse peu de marge de manœuvre. C’est encore davantage le cas avec la crise du Covid-19. Cela implique à court terme des mesures d’optimisation, et à moyen terme de trouver ou retrouver un modèle rentable pour pouvoir fonctionner sur un marché aux marges plus réduites. C’est un gros défi.

Comment y parvenir? Quels sont les remèdes à envisager?

«En principe, il faudrait commen­cer par poser un cadre: que voudra faire la banque, dans 5 ans? Mais le Covid-19 a aussi imposé ses urgences: sauver 2020 et replanifier 2021. Globalement, il faut se simplifier: fonctionnement, processus, offre commerciale, clients cibles, marchés. Des remises à plat sont nécessaires, en considérant aussi le digital. Enfin, ne perdons pas de vue le client. Que recherche-t-il in fine? La performance de ses placements et une qualité de relation, qui peut prendre plusieurs définitions. Cela doit rester la base de tout programme.»