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Choix de carrière

Pourquoi les diplômés lorrains viennent au Luxembourg



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Un diplômé lorrain sur dix choisit le Luxembourg pour travailler. (Photo: Shutterstock)

L’Université de Lorraine a publié une étude, le 15 avril, montrant que 10% de ses diplômés choisissent le Luxembourg pour travailler. Les conditions de travail et les opportunités d’emploi font partie des raisons de l’attractivité du Grand-Duché pour les jeunes diplômés.

Un étudiant sur dix de l’Université de Lorraine passe la frontière avec son diplôme sous le bras pour venir travailler au Luxembourg. C’est ce que révèle l’étude réalisée par l’Université et le Centre européen de recherche en économie financière et en gestion des entreprises (Cerefige), publiée lundi 15 avril.

L’Université s’est basée sur les données de 70.000 étudiants diplômés entre 2010 et 2016, ayant trouvé un emploi 18 mois après leur sortie de l’université.

Si un étudiant sur deux a trouvé un emploi en Lorraine, 10% d’entre eux ont été attirés par le Luxembourg. Une proportion stable depuis 10 ans. Il s’agit néanmoins, pour la moitié d’entre eux, de non-résidents luxembourgeois.

Pourquoi le Grand-Duché attire-t-il alors les diplômés lorrains? Réponse en cinq points:

1. La situation géographique

D’abord, la Lorraine étant située à proximité du Luxembourg, de l’Allemagne et de la Belgique, les étudiants sont davantage amenés à travailler hors de France.

La localisation de la résidence parentale joue aussi beaucoup: plus elle est proche du Luxembourg, plus les diplômés ont tendance à y tenter leur chance. 53% des diplômés lorrains dont les parents résident à moins de 20 kilomètres du Luxembourg y travaillent, lit-on dans l’étude.

De plus, les étudiants ayant effectué leurs études en Moselle sont plus enclins que ceux des départements voisins à passer la frontière luxembourgeoise.

2. Les conditions de travail

Les diplômés sont attirés par les conditions de travail luxembourgeoises, plus avantageuses qu’en France. L’étude signale ainsi qu’ils perçoivent 700€ de plus que leurs homologues français.

77% des diplômés travaillant au Luxembourg disposent aussi d’un contrat à durée indéterminée (contre 62% de ceux qui travaillent en France).

Le temps partiel est également moins répandu qu’en France, et l’adéquation entre le diplôme et l’emploi est meilleure.

3. Les opportunités d’emploi

89% des diplômés de l’Université de Lorraine trouvent un emploi dans une entreprise privée au Luxembourg (contre 55% en France).

«Les emplois occupés au Luxembourg relèvent le plus souvent du domaine de l’ingénierie financière, des études et du développement informatique, et de l’expertise juridique», précise l’étude. Plus d’un tiers des diplômés travaillent au final dans le secteur financier.

4. La spécialité et le diplôme

Ce sont les formations relevant de la finance, du droit et de l’informatique qui voient le plus leurs étudiants insérés au Luxembourg.

«Cela s’explique par les besoins du marché du travail luxembourgeois, confronté à des pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs et plusieurs métiers. C’est le cas, en particulier, du master MIAGE (systèmes d’information appliqués à la gestion d’entreprise), pour lequel un diplômé sur deux s’insère au Luxembourg», explique l’étude.

Et ce sont les diplômés de niveau master 2 qui viennent le plus volontiers travailler au Grand-Duché. Seule exception: «les diplômés du master 1 issus du domaine arts, lettres et langues, plus particulièrement des langues étrangères appliquées, pour lesquels le Luxembourg est une destination attrayante (près de 20% d’entre eux s’y insèrent chaque année)», signale l’étude.

5. La nationalité des étudiants

Elle influence leur appétence à venir travailler au Luxembourg. Ainsi, 90% des étudiants lorrains d’origine luxembourgeoise retournent dans leur pays natal. Mais le Grand-Duché attire aussi 80% des diplômés d’origine portugaise et 58% de ceux d’origine belge.

«Ces constats s’expliquent probablement par la volonté d’un rapprochement géographique pour les uns et par l’existence d’effets de réseau et de la présence de communautés pour les autres, en lien notamment avec la forte immigration portugaise au Luxembourg», précise l’étude.