ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Web Summit

Pourquoi il fallait écouter Brad Smith et Tony Blair



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Tony Blair a appelé les hommes politiques à faire de la technologie une priorité absolue. (Photo: Paperjam)

Le président de Microsoft, Brad Smith, et l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, étaient alignés sur la même idée, ce mercredi matin, sur la scène principale du Web Summit à Lisbonne.

Mon premier est Américain, à la tête d’un géant des tech, Microsoft, et forcément détestable pour les observateurs coincés dans leurs certitudes.

Mon second est Britannique, ancien Premier ministre et plus convaincu par les technologies que lorsqu’il était aux affaires au 10 Downing Street.

Brad Smith et Tony Blair se sont pourtant rejoints, ce mercredi matin, sur la scène principale du Web Summit, sur quelques thématiques communes.

Comme la nécessité de défendre des valeurs au cours de la prochaine décade, à un moment où les technologies abordent une nouvelle croissance exponentielle. Que Brad Smith a résumé en quatre axes: l’ordinateur quantique, plus de cloud et d’innovations sur la donnée, la 5G et l’ordinateur ambiant, et enfin l’ intelligence artificielle généralisée .

Pour le président de Microsoft, il s’agit d’encadrer des technologies comme l’intelligence artificielle pour qu’elles soient au service de la communauté internationale.

L’ auteur de «Tools and Weapons»  a appelé à relever de nouveaux défis. Dans ses héros du quotidien, il a cité Louise Mamer, qui a compté parmi les grands artisans du déploiement à grande échelle de l’électricité aux États-Unis. Ou, plus près de nous, Anne Taylor, employée de Microsoft qui, aveugle, a créé un appareil pour smartphone. En combinant l’intelligence artificielle et le cloud, cela permet à un aveugle de savoir ce que voit son smartphone.

L’Américain a aussi cité, puis invité sur scène,  Nick Wise, soucieux de remédier à la surpêche, notamment illégale, qui a lancé OceanMind , un outil d’observation des océans capable de donner aux autorités les moyens de lutter contre ce phénomène. Le système est déjà utilisé au Costa Rica.

Pour l’ancien Premier ministre, Américains et Européens devraient collaborer à l’établissement d’un cadre général commun au lieu d’établir des standards.

Alors même que «le cadre rigide de la supervision n’est plus adapté», a ajouté l’ancien patron du Labour. «Ni les régulateurs ni les régulations ne sont adaptés au rythme auquel les technologies évoluent. S’il doit y avoir un cadre, comme pour le RGPD, il faut lui donner davantage de flexibilité.»

Tony Blair a aussi appelé les politiques à aller beaucoup plus vite pour définir les cadres propices au développement des technologies. «Quand le politique ne comprend pas quelque chose, il régule… Si vous regardez un événement comme le Web Summit, vous voyez que les spécialistes des technologies sont dans une pièce et les politiques dans une autre. Il faut qu’ils se rencontrent et que les politiques comprennent mieux la technologie plus vite.»

«L’essor des populismes, de gauche comme de droite, aux États-Unis, au Royaume-Uni et à peu près partout en Europe, c’est lié au pessimisme. Or, la technologie apporte des opportunités et donc de l’optimisme, et c’est précisément pour cela que nous devons y travailler», a encore dit l’ancien Premier ministre.