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#européennes2019

Plusieurs coalitions européennes possibles



Manfred Weber est le candidat du PPE à la présidence de la Commission. (Photo: Shutterstock)

Manfred Weber est le candidat du PPE à la présidence de la Commission. (Photo: Shutterstock)

Pour la première fois depuis 1979, les sociaux-démocrates (S&D) et la droite (PPE) ne disposent plus d’une majorité à eux deux au Parlement européen. Plusieurs scénarios sont donc possibles.

Les élections européennes ont eu lieu dimanche et, depuis ce lundi, les nouveaux députés ont entamé des discussions afin de se regrouper en familles politiques, dont certaines devront former une coalition pour le 2 juillet. Un groupe doit comporter au moins 25 membres et représenter un quart des pays de l’Union.

Huit grandes familles politiques

Au sein du Parlement 2014-2019, on comptait 8 grandes familles: le PPE auquel est lié le CSV, le S&D au sein duquel on retrouve le LSAP, l’ADLE avec le DP parmi ses affiliés, les Verts avec Déi Gréng, mais aussi ECR (groupe des conservateurs et réformistes, avec notamment le parti conservateur anglais ou les belges de la N-VA), ENL (Europe des nations et des libertés, qui inclut notamment le Rassemblement national français ou la Ligue du Nord italienne), EFDD (groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe, au sein duquel on retrouve le parti anglais pour le Brexit mais aussi le Mouvement 5 étoiles italien, ou Les Patriotes de Florian Philippot), GUE/NGL (Gauche unitaire et Gauche verte nordique). Plus les non-inscrits.

Pour la première fois depuis 1979, le S&D et le PPE ne disposent plus de la majorité à eux seuls. Ils n’ont en effet récolté ensemble que 43,80% des voix, soit 329 sièges. Or il en faut 376 pour obtenir une majorité. Du coup, plusieurs scénarios sont possibles, via de nouvelles alliances. D’autant que sur certains textes, PPE et S&D s’étaient retrouvés face à des défections de certains de leurs élus, mais avaient pu compter sur certains Verts et libéraux de l’ADLE.

Quelles sont les unions possibles?

PPE, S&D, ADLE et Verts

C’est la coalition la plus large possible, dégageant 67,5% des voix. C’est évidemment gage d’une grande sécurité. Notamment en ce qui concerne le vote de certains textes.  

PPE, S&D et ADLE

On fait avec les mêmes, mais sans les Verts. La majorité serait de 58,31% et donc assez large. Mais le signal envoyé serait-il le bon? De plus, la CSU et le CDU, membres du PPE, n’aimeraient sans doute pas voir mis de côté des Verts avec qui ils seront peut-être appelés à travailler au niveau national. Mieux même: certains estiment que le Parlement européen pourrait être le parfait banc d’essai de leur future possible coalition nationale.

PPE, S&D et Verts

Une majorité avec 52,99% qui apparaît fragile. La tradition européenne veut en effet que la majorité soit large pour que les eurodéputés disposent d’une certaine liberté dans leurs votes. Elle serait ici réduite au profit de la cohésion du groupe. De plus, souligne notamment Ouest France, les Verts français ne seraient pas enchantés de devoir ainsi toujours faire front avec un PPE où siègent Brice Hortefeux ou Nadine Morano.

PPE et S&D

Comme dit précédemment, ils ne pèsent plus que 43,80% des voix. Former une coalition minoritaire qui ferait appel à l’appui d’autres groupes en fonction des dossiers est presque illusoire.

S&D, Verts, ADLE et GUE/NGL

Soit une coalition de la gauche et du centre qui ferait 48,33%. L’espoir serait de convaincre les nouveaux élus (3,86%) de les rejoindre. Cela mettrait aussi le PPE sur la touche. Une perspective séduisante pour certains.

PPE, ECR, ENF et ELDD

L’alliance de la droite et de l’extrême droite, qui regrouperait alors 47% des suffrages. Elle est peu probable car des accords, par exemple entre Les Républicains (PPE) et le Rassemblement national (ENF), seraient difficiles à faire admettre sur le plan national.

Entrée en fonction le 2 juillet

La nouvelle législature débutera le 2 juillet. Les députés éliront leur président et les 14 vice-présidents.

Par la suite, sans doute à la mi-juillet, ce sera aussi au Parlement de valider le nom du nouveau président de la Commission, qui sera proposé par les États membres.

Trois candidats font figure de favoris. Manfred Weber est le candidat du PPE, mais ne bénéficie pas du soutien du président français Emmanuel Macron. Frans Timmermans est pour sa part mis en avant par le S&D et peut se targuer d’avoir emporté les élections aux Pays-Bas. Enfin Margrethe Vestager, commissaire sortante, est la candidate danoise de l’ADLE. Son profil est très apprécié des grands capitaines d’entreprise.