POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Finances publiques

Plus de sérénité pour le budget 2022



Pierre Gramegna dit retrouver des eaux plus calmes au niveau des finances publiques. (Photo: SG9LU/archives)

Pierre Gramegna dit retrouver des eaux plus calmes au niveau des finances publiques. (Photo: SG9LU/archives)

Le gouvernement pourrait avoir de la marge de manœuvre pour son budget 2022. À deux semaines de sa présentation, le ministère des Finances décrit une situation financière de l’État rassurante.

«Les chiffres révèlent que le pays est bien engagé dans la voie de la normalisation», se réjouit le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP). Des données rassurantes à deux semaines du discours sur l’état de la Nation et de la présentation du projet de budget pour 2022. Elles permettent «d’aborder le prochain exercice budgétaire avec davantage de sérénité», dit le ministre. Il a présenté, vendredi 1er octobre, lors d’une réunion de la commission des finances et du budget (Cofibu) et de celle du contrôle de l’exécutif budgétaire (Comexbu), à la Chambre des députés, la situation financière de l’État au 31 août 2021.

Déficit inférieur aux prévisions

Les recettes totales encaissées par l’Administration centrale s’élèvent à 14,4 milliards d’euros, +20,2% par rapport à fin août 2020, après une année fortement marquée par la pandémie. Ses dépenses atteignent 14,5 milliards d’euros, en diminution de 2,3%, ce qui s’explique par un recours moins important aux aides étatiques. Mais si l’on compare à 2019, les dépenses publiques augmentent tout de même de 15%.

Résultat: une amélioration du solde de l’Administration centrale qui passe de -2,9 milliards d’euros au 31 août 2020 à -124 millions d’euros.

Des dépenses importantes restent à effectuer, signale le ministère, comme le déboursement des fonds mis à disposition à hauteur de 100 millions d’euros pour faire face aux conséquences des inondations de juillet dernier. «Il est d’ores et déjà possible d’affirmer que le déficit sera inférieur aux prévisions d’avril dernier dans le programme de stabilité et de croissance.»

Une dette publique de 17,9 milliards d’euros

L’Administration des contributions directes (ACD) a perçu, de son côté, 6,5 milliards d’euros de recettes, +16,3% par rapport au mois d’août 2020 et +6,2% si l’on compare à 2019. De même, les recettes de l’Administration de l’enregistrement, des domaines et de la TVA (AED) s’élèvent à 4,6 milliards d’euros, +28,1% en un an et +17,5% par rapport à 2019. Ce qui traduit une relance de la consommation au Luxembourg. Les recettes de l’Administration des douanes et accises (ADA) s’élèvent, quant à elles, à 1,2 milliard d’euros, une hausse de +14,5% si l’on compare avec 2020 et de 1,7% si l’on prend les chiffres de 2019. Cela s’explique par la baisse des ventes de carburant liée au télétravail, mais aussi à la hausse des prix.

La dette publique reste finalement stable, à 17,9 milliards d’euros, soit 25,9% du PIB. «Bien en dessous» de la barre des 30% fixée au programme gouvernemental, se félicite le ministère. Qui reste tout de même nuancé. «Les chiffres de fin août confirment le bien-fondé de la politique économique du gouvernement tout au long de la crise et de la gestion souple de la pandémie. Tout en saluant l’évolution positive des finances publiques, la prudence doit rester de mise dans l’exécution budgétaire pour accompagner la reprise de manière équilibrée.»