POLITIQUE & INSTITUTIONS — Education

Alors que les enfants ukrainiens commencent l’école

Les places en crèche se font rares pour les réfugiés



Le Luxembourg s’efforce d’accueillir les enfants ukrainiens dans ses écoles, mais les réfugiés font état de longs délais et de recherches laborieuses pour faire garder leurs enfants. (Photo: LaLa La Photo)

Le Luxembourg s’efforce d’accueillir les enfants ukrainiens dans ses écoles, mais les réfugiés font état de longs délais et de recherches laborieuses pour faire garder leurs enfants. (Photo: LaLa La Photo)

Les premiers enfants des familles ukrainiennes réfugiées au Luxembourg ont retrouvé le chemin de l’école, mais les parents qui cherchent des places en crèche évoquent les problèmes rencontrés pour en trouver.

Environ 4.000 réfugiés ukrainiens ont posé leurs valises au Luxembourg au cours des trois dernières semaines, à la suite de l’offensive russe en Ukraine. Environ un tiers d’entre eux sont des enfants et des adolescents de moins de 18 ans. Et si leurs parents ont obtenu le droit de travailler au Grand-Duché dans le cadre d’un mécanisme de protection temporaire, trouver une garde d’enfants peut s’avérer difficile.

«Je ne peux pas mettre mon fils à l’école tant que je n’ai pas obtenu un statut de protection temporaire», déclare une mère de famille à Delano par l’intermédiaire de l’association LUkraine. «Nous avons soumis les formulaires au ministère des Affaires étrangères il y a deux semaines et demie. Mais aucune réponse à ce jour.»

Pendant que la procédure de protection temporaire est en cours, le ministère de l’Éducation se charge, quant à lui, de conseiller les parents quant aux options scolaires, indique un porte-parole du ministère, ajoutant qu’il ne devrait y avoir qu’un délai d’un à trois jours entre le moment où les parents contactent le ministère et une première rencontre.

Toutefois, des parents ont signalé le manque d’aide de la part de fonctionnaires communaux qui ne semblent pas connaître les procédures mises en place et les délais de réponse du ministère. Par exemple, une famille qui a inscrit son garçon de sept ans auprès des autorités scolaires, le 9 mars, déclare ne plus avoir de nouvelles depuis cette date. On leur avait pourtant assuré que la procédure pouvait «prendre deux à trois semaines pour que la famille soit contactée par l’école responsable». L’attente est donc de mise.

Une ligne d’assistance téléphonique

Vendredi, le gouvernement a indiqué avoir mis en place une ligne d’assistance en anglais et en ukrainien pour que les familles puissent s’adresser à son service spécialisé dans les options scolaires pour les étrangers (Secam). Le bureau est situé au 38, rue Philippe II à Luxembourg-ville et la ligne d’assistance est accessible au 247-76570 (anglais) et au 247-76976 (ukrainien).

Les parents qui ont contacté les autorités de la commune où ils sont hébergés sont vivement encouragés à joindre le Secam pour bénéficier de ses services. Le bureau propose généralement plusieurs options et en discute avec les parents. L’organisme cherche notamment des places dans les écoles européennes et internationales du Luxembourg qui dispensent des cours d’anglais.

Le ministère de l’Éducation, pour sa part, travaille à l’embauche de personnes d’origine ukrainienne ou parlant la langue pour faciliter l’intégration scolaire. LUkraine, de son côté, confirme avoir plus d’une cinquantaine d’enseignants et d’éducateurs inscrits. Pour être retenus, les candidats peuvent envoyer leur dossier de candidature comprenant un CV et une lettre de motivation à [email protected]

Si certains enfants ont déjà commencé l’école, le ministère s’attend à ce que la plupart d’entre eux débutent les cours dans les deux prochaines semaines. Pour rappel, les prochaines vacances scolaires, celles de Pâques, ont lieu du 2 au 18 avril.

«Trouver des services de garde d’enfants peut être un véritable défi»

En ce qui concerne les familles avec des enfants en dessous de l’âge préscolaire – le système éducatif luxembourgeois commence à l’âge de 3 ans pour le cycle 1 –, la recherche pourrait être encore plus difficile.

Une femme avec un enfant d’un an et demi «s’est entendu dire qu’il n’y avait pas de places en maternelle. Ils habitent à Luxembourg-ville. La situation semble pire avec les enfants d’âge préscolaire. Les places ne sont pas garanties», commente, via un courriel, un porte-parole de LUkraine. Ce dernier précise aussi que plusieurs familles avaient éprouvé les pires difficultés dans leur recherche de garde d’enfants.

«Trouver une garde d’enfants peut être un véritable défi au Luxembourg», indique Sam O’Dea, directeur de la crèche Sunflower Montessori. De nombreux parents luxembourgeois inscrivent leurs enfants avant même leur naissance afin de s’assurer une place à la fin du congé parental.

«Pour l’instant, nous n’avons que des places disponibles l’après-midi.» Un nouveau site qui s’ouvre à Moutfort pourra offrir des places à partir de mai, ainsi qu’une autre crèche qui s’ouvre à Belval. «Bien sûr, nous serons ravis d’offrir ces places aux enfants d’Ukraine», souligne Mme O’Dea.

La crèche a dernièrement organisé une matinée-café sur son site du Findel. «Les familles ont pu rencontrer d’autres personnes dans une situation similaire pour échanger des histoires, des problèmes et des solutions», raconte Sam O’Dea, qui ajoute qu’elle prévoit d’organiser ces rendez-vous matinaux chaque semaine.

Une fois que les parents ont obtenu un statut de protection temporaire, ils ont accès aux chèques-service, un système de prestations qui couvre partiellement les frais de crèche et de garderie. Dans le cas où les familles n’ont aucun revenu, ce service est gratuit.

Le ministère travaille avec les représentants du secteur pour obtenir des places pour les enfants âgés de 0 à 4 ans, indique encore le porte-parole dans un courriel adressé à Delano, «ainsi qu’une garde après l’école pour les enfants âgés de 4 à 12 ans».

Cet article a été rédigé par  Delano  en anglais, traduit et édité par Paperjam en français.