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Revue de presse

Pierre Gramegna: «Je ne suis pas un utopiste»



Dans une interview au Wort, Pierre Gramegna estime que l’Eurogroupe aurait besoin d’évoluer vers davantage de «transparence sur ses résultats». (Photo: Sébastien Goossens/Archives)

Dans une interview au Wort, Pierre Gramegna estime que l’Eurogroupe aurait besoin d’évoluer vers davantage de «transparence sur ses résultats». (Photo: Sébastien Goossens/Archives)

Dans un entretien accordé au Luxemburger Wort, le ministre des Finances revient sur sa candidature à la présidence de l’Eurogroupe et sur l’état du secteur financier luxembourgeois dans le contexte de la crise du coronavirus.

La motivation première de Pierre Gramegna (DP) pour être élu président de l’Eurogroupe : «apporter plus de convergence et de consensus à un moment où l’Europe fait face à des défis d’une envergure inédite». C’est ce que le ministre des Finances déclare dans un entretien accordé au Wort , paru le 26 juin.

Selon lui, l’avantage notable de l’Eurogroupe consiste dans son organisation informelle, qui lui permet d’avoir une «importante capacité de proposition». Et de rappeler le rôle du groupe rassemblant les ministres des Finances des pays de la zone euro dans le soutien à l’économie dans le contexte du Covid-19.

Pierre Gramegna estime cependant que l’Eurogroupe aurait besoin d’évoluer vers davantage de «transparence sur ses résultats».

Concentration d’acteurs

Concernant l’état des lieux actuel du secteur financier luxembourgeois, le ministre des Finances rappelle que les banques du pays sont «plus solides qu’il y a 12 ans» , et qu’elles permettent de soutenir la reprise économique.

«Des moratoires à hauteur de plus de 3,5 milliards d’euros ont été accordés par les banques, et le taux d’acceptation dépasse 95%», précise-t-il dans l’interview.

Peut-on cependant s’attendre à des faillites d’établissements bancaires? À cette question, Pierre Gramegna répond par le pragmatisme: «Je ne suis pas un utopiste. Si la crise économique dure longtemps, le nombre de faillites va augmenter dans beaucoup de pays européens, et cela aura bien sûr un impact sur les crédits défaillants et les résultats des banques. On ne peut pas faire comme si les deux choses n’étaient pas corrélées.»

Mais le ministre des Finances s’attend plutôt à une accélération des mouvements de concentration entre acteurs bancaires, et à une remise en cause du modèle de distribution via des agences bancaires.