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Rapport annuel d’Encevo

Pas de hausse de l’électricité avant la rentrée



Le CEO d’Encevo et le président du conseil d’administration, Claude Seywert et Marco Hoffmann, ont présenté des chiffres qui témoignent d’un retour «à la normale» pré-Covid, malgré la situation en Ukraine et sur les marchés de l’énergie. (Photo: Maison Moderne)

Le CEO d’Encevo et le président du conseil d’administration, Claude Seywert et Marco Hoffmann, ont présenté des chiffres qui témoignent d’un retour «à la normale» pré-Covid, malgré la situation en Ukraine et sur les marchés de l’énergie. (Photo: Maison Moderne)

Malgré des résultats très positifs en 2021, dont un bénéfice net à près de 80 millions d’euros pour un chiffre d’affaires en hausse de 25% à plus de 2,5 milliards d’euros et un Ebitda de 238,6 millions d’euros, Encevo nage en pleine incertitude sur l’évolution des prix de l’électricité et du gaz.

La table est ovale. Les cinq directeurs d’Encevo sont «carrés», mais ils ne témoignent d’aucune rondeur empathique pour l’Ukraine, à la différence de toutes les sociétés qui publient leurs résultats annuels en ce moment: c’est le signe visible de la tension qui règne sur le marché de l’énergie, alors même que l’énergéticien luxembourgeois annonce une hausse du prix de l’électricité de 2,5% «seulement» et qu’il n’est pas exposé directement à la perspective d’un embargo européen sur le gaz russe. Cela lui a permis d’en limiter la hausse à 13,8% malgré un prix cinq fois supérieur au dernier trimestre 2021 par rapport au premier trimestre de l’an dernier.

«Les mesures du gouvernement permettront de limiter la hausse du prix du gaz à 20%», analyse le CEO d’Enovos, Erik von Scholz . «Nous ne prévoyons pas une réduction des prix de l’énergie. Et nous ne pouvons pas exclure une augmentation cette année», ajoute-t-il en désignant vaguement la rentrée de septembre. «Le contexte rend les prédictions impossibles d’autant qu’il existe des facteurs d’atténuation comme les conséquences potentielles des infections du Covid en Asie et leur impact sur la demande.»

«Nous nous fournissons en Belgique pour le gaz, dont les fournisseurs sont en Norvège ou au Royaume-Uni», complète le CEO d’Encevo, Claude Seywert . «Donc nous sommes ‘safe’ même si nous serons dépendants de la manière dont la solidarité européenne va s’exprimer.» Autrement dit, de la manière dont il faudra voler au secours des États membres les plus dépendants du gaz russe.

Les investissements de record en record

Avec un bénéfice net (79,3 millions d’euros) qui retrouve son niveau d’avant-crise du Covid, un chiffre d’affaires record à 2,5 milliards d’euros et un Ebitda de 238,6 millions d’euros, le groupe aux 2.332 employés a absorbé les inondations de juillet 2021 sans trop de dommages. «Un de nos pires souvenirs», a dit le président du conseil d’administration du groupe, Marco Hoffmann, qui a préféré se focaliser sur les investissements.

Car, là aussi, Encevo enregistre un nouveau record à 268 millions d’euros, dont 203 millions pour les réseaux. Un chiffre derrière lequel se cachent 538 stations Chargy et SuperChargy (8), qui s’ajoutent aux 354 stations de recharge communales ou privées, et un déploiement des compteurs intelligents quasiment achevé (99% pour l’électricité et 97% pour le gaz). Le chiffre qui ne tiendra pas longtemps: le groupe prévoit d’investir 302 millions d’euros cette année, malgré une dette qui a, elle aussi, atteint un record à 488,9 millions d’euros.

L’urgence climatique n’attend pas. Le groupe a doublé sa capacité de production d’énergie renouvelable avec 374MW l’an dernier, dont 184 au Luxembourg. Ce qui porte le total à 705GWh de production, dont 292,3GWh d’éolien. La capacité de production photovoltaïque a doublé (de 15,7MW à 30,2MW) grâce à la première installation flottante au Luxembourg (chez ArcelorMittal), au carport de Goodyear et à l’extension de la plus grande installation ground-mounted, qui s’ajoutent aux cinq parcs de 5,8MW au total aux Pays-Bas et un nouveau parc de 11 sites de production de panneaux photovoltaïques de 214MW qui verra le jour d’ici le début de l’année prochaine à Südeifel, après sept nouveaux projets menés à terme l’an dernier pour 14,5MW de production additionnelle et cinq autres projets en cours de construction (+10MW).

Une troisième jambe mieux structurée

Outre les réseaux et la partie «fourniture et énergies renouvelables», le groupe a «rebrandé» ses services techniques en «Teseos» en y intégrant la reprise à 100% de Diego, pour mieux servir des clients de tous horizons.

Annoncés mi-janvier, cette reprise et le nouveau nom de la société confié à Vincent Lekens ciblent désormais les particuliers – propriétaires et locataires privés – ainsi que les professionnels, autrement dit les syndics de copropriété, mais aussi les communes, les entreprises, les promoteurs, les professionnels de la construction et de la mobilité.

Avec 4.755 dossiers d’économie d’énergie traités l’an dernier dans le programme des enoprimes et 181GWh d’économie d’énergie, le groupe se positionne clairement dans le conseil et l’accompagnement.

Avec un credo facile à comprendre: pour faire face à la hausse (impossible à contenir?) des prix, la meilleure façon de réduire la facture reste de procéder à des transformations – pour autant qu’on en ait les moyens et que les fournisseurs aient accès au matériel et à la main-d’œuvre pour installer – et à l’adoption de comportements plus vertueux.

«Malgré des températures plus clémentes ces derniers jours», a dit M. von Scholz, «la consommation de gaz ne baisse pas en proportion».