ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

L’horeca après les inondations 

Pas de retour à la normale pour tous les restaurants



Xavier Bettel a rendu visite aux restaurants touchés dans le Grund la semaine dernière, à l’instar du Kamakura, qui a été complètement inondé et qui restera donc fermé jusqu’à nouvel ordre. (Photo: SIP / Jean-Christophe Verhaegen)

Xavier Bettel a rendu visite aux restaurants touchés dans le Grund la semaine dernière, à l’instar du Kamakura, qui a été complètement inondé et qui restera donc fermé jusqu’à nouvel ordre. (Photo: SIP / Jean-Christophe Verhaegen)

Alors que les restaurants rouvrent après un week-end chargé en émotions, quelques établissements, dont certains sont des plus récents, doivent malheureusement rester portes closes suite à des dégâts importants. Un coup dur supplémentaire dans une saison déjà bien difficile…

Dans la famille des plaies estivales pour l’horeca, je demande l’inondation… Après des mois d’inquiétude et d’ascenseur émotionnel pour cause de pandémie et de mesures sanitaires, le secteur de l’horeca a été touché de plein fouet, comme beaucoup d’autres, par les pluies diluviennes de mercredi et jeudi dernier… Pour certains établissements situés dans les zones les plus touchées, impossible de rouvrir pour le moment, alors qu’une semaine très ensoleillée s’annonce.

Les petits nouveaux stoppés net

Nous vous en parlions ces dernières semaines, la sortie progressive de l’épidémie de Covid a vu la naissance de nouveaux concepts et restaurants, comme le Comptoir Bohème à la Cloche d’Or ou le pop-up Koloquio dans le Grund, à neimënster.

Ce dernier, qui sert d’espace convivial de transition en terrasse en attendant l’ouverture de la nouvelle brasserie à la rentrée, va tout de même pouvoir assurer ses missions dès cette semaine avec plusieurs événements à l’agenda. «Mais tout le projet à l’intérieur pour la brasserie va être forcément repoussé, car l’eau est entrée et nous devons à présent changer tout le parquet. Sans oublier que nous sommes dans un centre culturel public et que nous avons de ce fait des interlocuteurs à consulter pour cette démarche non prévue», nous confie Kim Mathekowitsch, la nouvelle gérante de l’endroit.

L’eau est montée très haut sur le parvis de l’abbaye de Neumünster, jusqu’à entrer dans la brasserie et retarder les travaux effectués pour son renouveau…  (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

L’eau est montée très haut sur le parvis de l’abbaye de Neumünster, jusqu’à entrer dans la brasserie et retarder les travaux effectués pour son renouveau…  (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Du côté de Gasperich, quartier plus élevé que l’on aurait facilement imaginé être épargné, le tout récent Comptoir Bohème, au sein du bâtiment Vega, a pourtant été frappé de plein fouet et a perdu toute une partie de son équipement technique, quelques semaines à peine après son ouverture. Pourtant, comme l’explique Jérémy Pastre, directeur d’exploitation: «On s’est retrouvés avec 80cm d’eau dans tout le restaurant. On a tout fait pour sauver le mobilier, mais le sous-sol et le parking étaient complètement inondés et nous y avions toute une partie du matériel technique. Les pertes sont énormes, il y a de gros dégâts sur tout ce qui est frigos, chambres froides, transformateurs, fours… Nous attendons le passage des experts, mais je vois mal comment ouvrir avant septembre.»

Le groupe Maison Mazelier va cependant pouvoir compter de manière relative sur une bonne nouvelle pour «compenser» comme il le peut cette fermeture qui tombe bien mal: la mise en place d’une terrasse sur la toute nouvelle place de Paris face à son restaurant Strogoff, qui bénéficie ainsi dès ce mercredi d’un espace extérieur.

Les grands noms pas épargnés non plus

S’il est un endroit en ville où les images étaient tout particulièrement spectaculaires, c’est bien la place Dargent, où les restaurants La Mirabelle et Sapori, du groupe Espace Saveurs, ont vu l’eau monter à vitesse grand V et toute une partie de leurs salles et de leur matériel envahie par celle-ci… Sur sa page, le directeur des Espaces Saveurs, Dominique Colaianni, déclarait ce lundi: «Nous nous efforçons de pouvoir très vite vous accueillir et reprendre du service», sans annoncer de date précise, mais sans non plus oublier de remercier ses équipes.

Une place Dargent complètement bloquée par les eaux jeudi dernier, comme de nombreux endroits en ville et dans tout le pays… (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Une place Dargent complètement bloquée par les eaux jeudi dernier, comme de nombreux endroits en ville et dans tout le pays… (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

De retour dans le Grund, le restaurant étoilé Mosconi doit lui aussi rester fermé au moins une semaine de plus, malgré le travail acharné fourni par son équipe depuis vendredi pour nettoyer l’endroit… Même chose juste en face, au célèbre restaurant japonais Kamakura, dont une partie du rez-de-chaussée a été inondée.

À quelques pas de là, aux Vins Fins, Franz Dickes, encore choqué, fait lui aussi le même constat: «C’est une épreuve épouvantable de voir son outil de travail rincé de la sorte. Notre cave a été entièrement vidée samedi avec l’aide de bénévoles, mais tous les frigos sont hors services… Je vais tout faire pour ouvrir vendredi soir!», réussit-il tout de même à annoncer.

Enfin, c’est aussi dans tout le pays que ces précipitations historiques sont venues gâcher encore un peu plus une saison déjà difficile pour les restaurateurs. Et les restauratrices, à l’instar, parmi tant d’autres, de Rachel Rameau au restaurant De Pefferkär à Huncherange, dont la cuisine, avec son matériel, et la cave, avec ses nombreuses références, se sont retrouvées sous l’eau… Mais il en faut plus pour mettre cette figure incontournable de la gastronomie luxembourgeoise à terre: «Nous avons pu ouvrir ce week-end avec beaucoup de travail d’amis, nous avons anticipé au maximum, sauvé tout ce que nous pouvions et nous avons réussi à tout remettre en ordre. Nous avons eu une chance: que les salles du restaurant ne soient pas touchées…»