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Réglementation européenne

Paiements en ligne: des couacs à prévoir avec PSD2



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Entre 25% et 30% des paiements en ligne pourraient être bloqués le 14 septembre, selon la Fédération bancaire britannique. (Photo: Shutterstock)

La Fédération bancaire européenne s’inquiète du retard pris par la mise en conformité des banques et des e-commerçants à PSD2, et demande un délai d’application supplémentaire à la Commission européenne. L’ABBL se dit, de son côté, confiante pour respecter le calendrier initial.

Les paiements en ligne seront-ils bloqués le 14 septembre, date de l’entrée en vigueur de PSD2? C’est ce que craint la Fédération bancaire européenne.

La deuxième version de la directive européenne sur les services de paiement (PSD2) rend entre autres obligatoire l’authentification forte pour les paiements de plus de 30 euros.

Aujourd’hui, pour valider une transaction en ligne, le client renseigne un code à usage unique reçu par SMS (technologie 3D Secure), après avoir indiqué ses coordonnées bancaires. Avec PSD2, exit le code envoyé par SMS: deux facteurs d’authentification seront requis.

Paiements refusés

Problème: les e-commerçants, comme certaines banques, pourraient ne pas être prêts pour l’entrée en vigueur de PSD2 le 14 septembre prochain.

C’est ce qu’a révélé le 12 juin le Financial Times , qui a eu connaissance d’une lettre de la Fédération bancaire européenne (dont l’ABBL est membre), adressée à la Commission européenne et au régulateur européen. Certaines autorités bancaires, dont la FCA britannique, souhaitent ainsi une nouvelle période de transition de 18 mois.

Pour appuyer sa demande, la Fédération bancaire européenne cite une estimation de la Fédération bancaire britannique, évaluant entre 25% et 30% des paiements en ligne qui seraient bloqués le 14 septembre.

«Le délai n’a pas été demandé à la Commission parce que les banques ne sont pas prêtes, mais surtout parce que certains commerçants ne le seront probablement pas», souligne Marc Hemmerling, general counsel Banque digitale, fintech et paiements à l’ABBL (Association des banques et banquiers, Luxembourg). Celui-ci ajoute: «Par cette demande de délai, nous défendons donc des entreprises tiers, mais nous y avons intérêt, car les clients des sites marchands sont in fine les clients des banques.»

Peu de craintes au niveau local

Le Luxembourg n’ayant pas un marché du commerce en ligne très développé par rapport à d’autres pays, l’ABBL ne craint pas de perte de chiffre d’affaires significative, ni pour les e-commerçants locaux ni du côté des commissions bancaires.

«Quelques banques de détail sont concernées par la mise en conformité avec les nouveaux standards de sécurité et travaillent pour réussir à être prêtes à temps, d’autant plus que la CSSF doit pouvoir évaluer les nouvelles interfaces avant la date butoir», affirme Marc Hemmerling.

Pour leurs nouveaux standards de sécurité, les banques luxembourgeoises ont notamment pu faire appel à des prestataires comme Luxhub ou Finologee .

Hotlines sollicitées

Les services clients des banques pourraient néanmoins connaître une hausse de leur activité. «Si plusieurs transactions sont bloquées, il risque d’y avoir une recrudescence de sollicitations des banques par les clients qui connaissent des soucis. Comme à chaque changement de standard ou de réglementation, nous nous préparons à faire face à quelques problèmes techniques et à des demandes de la part des clients», reconnaît Marc Hemmerling.

La Commission européenne semble pour l’instant peu sensible à l’appel à l’aide des banques. Un de ses porte-parole déclarait ainsi au Financial Times que «l’industrie a eu plus de trois ans pour se préparer aux nouvelles exigences» et «diverses consultations et notes techniques ont été publiées pour préparer l’entrée en vigueur de ces nouvelles règles».