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Service de secours

Nouveau plan de secours: intervenir en 15 minutes



La ministre de l’Intérieur a annoncé une hausse de 8% du budget annuel du Corps grand-ducal d’incendie et de secours. (Photo: Ministère de l’Intérieur)

La ministre de l’Intérieur a annoncé une hausse de 8% du budget annuel du Corps grand-ducal d’incendie et de secours. (Photo: Ministère de l’Intérieur)

La ministre de l’Intérieur Taina Bofferding a présenté ce jeudi le nouveau plan national d’organisation des secours. Avec un objectif clair: réduire encore le temps d’intervention en cas d’urgence. Et les moyens nécessaires pour que cela devienne réalité. 

«Mon but est de doter le Corps grand-ducal d’incendie et de secours (CGDIS), à travers le plan national d’organisation des secours (PNOS), de moyens lui permettant dans le futur d’intervenir endéans 15 minutes partout dans le pays en cas d’urgence.» C’est avec ces mots que la ministre de l’Intérieur, Taina Bofferding (LSAP), a résumé la présentation faite ce jeudi d’un PNOS sur lequel toutes les communes sont d’ores et déjà invitées à donner leur avis.

Or, à l’heure actuelle, sur ce fameux quart d’heure, les équipes du CGDIS parviennent à se rendre sur les lieux de 78% des opérations dites de «risque courant» (c’est-à-dire les interventions de secours, les incendies, les désincarcérations…). «Et en 20 minutes, on monte à un taux de 97%. Pour atteindre le but fixé par la ministre, à savoir 90 à 95% des opérations en 15 minutes, on doit donc parvenir à gagner cinq minutes», explique Raymond Guidat, directeur de la stratégie opérationnelle du CGDIS, qui était présent aux côtés de la ministre ce jeudi lors de la conférence de presse de présentation.

Cinq minutes à gagner

Gagner ces cinq minutes, voilà donc tout l’objectif du nouveau plan national d’organisation des secours. Le CGDIS ayant réalisé lui-même l’étude qui a mené à ce dernier, il sait donc où le bât blesse. «Il y a certaines fragilités», expliquait ainsi Raymond Guidat. «Si les risques courants sont globalement assurés par nos équipes, c’est plus difficile pour les risques particuliers (du type inondation, tornade, glissement de terrain… ndlr). Mais le gros problème se situe au niveau de l’organisation et de l’élaboration de certains de nos concepts.» Et tout ça est lié au facteur humain. «Ce qui nous manque pour atteindre l’objectif fixé, c’est du personnel. On a besoin de plus de pompiers professionnels, mais aussi de plus de personnel administratif, technique et de contrôle médical.»

Et le directeur de la stratégie opérationnelle du CGDIS d’expliquer: «Pour arriver à gagner ces cinq minutes, la seule action sur laquelle on peut jouer, c’est le délai entre l’alerte et le départ vers le lieu de l’opération. Dans le cas d’un pompier volontaire, ce dernier met au maximum 10 minutes pour arriver à la caserne et partir en intervention. Vous pouvez faire le calcul comme moi, cela signifie que dans certains cas, il n’y a plus que cinq minutes pour faire le trajet. Par contre, un pompier professionnel, lui, ne met que deux minutes (au maximum).» D’où la nécessité de recruter. D’autant plus que les défis ne vont pas manquer dans les prochaines années, avec une population en augmentation et des interventions forcément plus nombreuses. 

Un petit millier de pompiers professionnels en plus

Sur les documents présentés ce jeudi par la ministre, il était ainsi évoqué des objectifs en termes de personnel à atteindre: 1.500 pompiers professionnels, 4.000 pompiers volontaires et 500 personnes des secteurs administratif et technique. «Nous possédons déjà ces 4.000 volontaires et nous souhaitons évidemment les garder. Par contre, nous ne comptons à l’heure actuelle qu’un peu moins de 600 pompiers professionnels…», reprenait Raymond Guidat. Il va donc falloir en recruter un petit millier dans les prochaines années.

Tout cela a évidemment un coût. Entre le facteur humain, les infrastructures et les moyens financiers nécessaires, le budget du CGDIS (qui est de 133 millions cette année) sera réévalué à la hausse de 8%, ce qui correspondra à 10 millions d’euros par an.