POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Conférence de presse du Cesas

Un nouveau centre de lutte contre les violences sexuelles



Viviane Lima, chargée du pôle de lutte contre les violences sexuelles du Cesas. (Photo: Delano)

Viviane Lima, chargée du pôle de lutte contre les violences sexuelles du Cesas. (Photo: Delano)

L’augmentation des violences sexuelles au Luxembourg a incité l’organisme de promotion de l’éducation sexuelle du pays, le Cesas, à créer un réseau dédié aux acteurs de terrain.

Au cours d’une conférence de presse mercredi, le Cesas (Centre national de référence pour la promotion de la santé affective et sexuelle) a présenté sa cinquième membre, Viviane Lima, chargée du pôle de lutte contre les violences sexuelles du Cesas depuis juillet, après avoir précédemment travaillé sur le sujet pour une ONG.

«Nous allons rencontrer nos partenaires un par un pour voir comment nous pouvons travailler ensemble. Pour nous, il est extrêmement important de valoriser ce réseau et le travail qu’ils font. Nous n’allons pas tout réinventer», a-t-elle déclaré à Delano, après la conférence.

Si les différentes organisations partenaires n’ont pas encore publié de chiffres sur les violences sexuelles au Luxembourg, on constate une tendance notable à l’augmentation de la violence domestique en Europe, où les cas de violence domestique signalés ont augmenté d’environ 30% cette année.

Les centres d’accueil ont besoin de plus de structures, de plus de capacités pour accueillir les victimes.
Viviane Lima

Viviane Lima,  chargée du pôle de lutte contre les violences sexuelles ,  Cesas

«Il faut garder à l’esprit que ces 30% comptabilisent seulement les personnes qui ont demandé de l’aide. Il y a des victimes qui ne peuvent ou n’osent pas demander d’aide, et nous ne pouvons pas les quantifier», a déclaré Mme Lima. Le confinement et les mesures introduites ensuite afin de freiner la propagation du Covid-19 ont isolé de nombreuses victimes avec leurs agresseurs.

Selon Mme Lima, les associations tentent de mettre en place un système de contact simple, mais la plupart d’entre elles utilisent le téléphone. «Ce n’est pas possible dans ce contexte, car il y a cette grande crainte que l’agresseur le découvre et que cela aggrave la situation. Il y a aussi le fait que la liberté de mouvement a été fortement réduite. Peut-être que sortir, trouver de l’aide, ce n’était pas possible non plus pendant cette période», a déclaré Mme Lima.

Les centres d’accueil, qui ont dû réduire leurs capacités pour se conformer aux mesures du Covid-19, ont également du mal à suivre la demande. «Ce que nous entendons sur le terrain, c’est qu’ils ont besoin de plus de structures, de plus de capacités pour accueillir les victimes».

«Repenser l’éducation que nous donnons à nos enfants»

Le travail du nouveau centre ne s’arrête pas à la violence domestique. Il englobe également des sujets sensibles comme les mutilations génitales féminines et l’augmentation du partage de matériel pédopornographique, dont le nombre d’incidents signalés a atteint 70 en juillet de cette année, contre 40 les années précédentes.

Outre une collaboration et une communication étroites avec les acteurs gouvernementaux, le Cesas met l’accent sur l’éducation préventive dès le plus jeune âge et la formation pour briser le cycle de la violence sexuelle.

Mme Lima conclut: «Pour moi, la base de tout est de repenser l’éducation que nous donnons à nos enfants. Nous devons leur enseigner l’égalité entre les hommes et les femmes, l’égalité des sexes. L’éducation à l’égalité des sexes est la base de la lutte contre la violence.»