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Nora Back, l’héritière déterminée



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Changement de génération, changement de style. André Roeltgen (à droite) passe le relai à Nora Back, mais le fond du discours sera dans la continuité de la tradition syndicale. (Photo: Matic Zorman)

Elle est la première femme à devenir présidente du syndicat OGBL. Nora Back, digne héritière d’André Roeltgen, a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne reculerait pas d’un pas sur le terrain du dialogue social.

Il ne devait y avoir aucun suspense et il n’y en a pas eu. C’est donc sans surprise que Nora Back est devenue la nouvelle présidente de l’OGBL, avec 97,5% des voix des délégués présents au congrès ordinaire du syndicat qui avait lieu les 6 et 7 décembre à l’Hémicycle au Kirchberg. Elle est la première femme à accéder à cette fonction, devenant donc l’héritière des prédécesseurs et figures syndicales, John Castegnaro et Jean-Claude Reding .

Elle succède surtout à André Roeltgen , le président sortant, qui a su détecter en elle les qualités nécessaires pour prendre les commandes d’une organisation de 70.000 membres revendiqués, qui l’a formée, préparée, soutenue, encadrée. Et qui ne s’éloignera guère dans les prochains mois, «pas pour jouer à la belle-mère, car Nora n’a pas besoin de cela, mais pour prodiguer un conseil si on me sollicite», dit-il.

C’est en 2004 qu’elle intègre l’OGBL. Le syndicalisme? Cela coule presque de source pour cette psychologue de 40 ans. Ses deux grands-pères ont été militants, tout comme son père. Elle débute comme secrétaire centrale adjointe affectée au syndicat Santé, Services sociaux et éducatifs, puis secrétaire centrale en 2008. «Sans jamais imaginer un jour devenir présidente», dit-elle. En juin 2019, elle est nommée secrétaire générale et est peu après élue présidente de la Chambre des salariés. Ce qui justifie qu’elle fasse la Une du numéro de juin de la version magazine de Paperjam: «La femme la plus puissante du pays».

Continuité et évolution

Puissante tout autant que déterminée. Ce qu’elle a parfaitement fait comprendre lors de son premier discours en tant que numéro 1. «La continuité a toujours joué un rôle important au sein de l’OGBL: continuité dans les valeurs, continuité dans l’unité programmatique... Mais continuité ne veut pas dire arrêt. La société évolue, notre syndicat aussi. C’est indispensable, car les degrés d’attente sont de plus en plus courts et nous devons pour notre part délivrer des messages de plus en plus clairs.»

Le cap est clair quant aux grandes orientations à venir. «L’OGBL continuera à lutter contre les inégalités», explique Nora Back. En ce qui concerne les frontaliers, les allocations familiales ou la charge fiscale «qui grandit pour les particuliers, mais diminue pour les entreprises», le logement, les conditions de travail, la digitalisation... Ce qui se fera notamment avec la volonté de «promouvoir des conventions collectives sectorielles».

Nora Back se décrit comme «empathique et à l’écoute», toujours soucieuse de «dégager des solutions». Ce qui ne l’empêche pas de faire preuve d’une abnégation en acier trempé. En 2018, elle lance un mouvement de grève dans les maisons de soins du pays pour défendre les intérêts de 350 salariés. Le gouvernement finira par plier après 11 jours.

Il n’en ira pas autrement en ce qui concerne le dialogue social. Alors qu’une première réunion du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE) vient d’avoir lieu après que l’UEL a appelé en septembre à de «nouvelles méthodes de travail» pour un «dialogue social novateur», Nora Back a prévenu que «la tripartite reste le modèle voulu par l’OGBL. On préfèrera toujours le dialogue à la confrontation. Mais si ce n’est pas possible et que c’est la voie du conflit qui est choisie, nous sommes prêts.»