POLITIQUE & INSTITUTIONS

Cour de justice de l’UE

Une troisième tour pour «cimenter» l’Union européenne



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La nouvelle tour de la CJUE doit entrer en service en juillet 2019, tandis que l’ensemble des nouvelles réalisations doivent prendre fin en décembre 2020. (Photo: dpa)

Hasard du calendrier, la pose de la première pierre de la cinquième extension de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) est intervenue quelques jours après les résultats du référendum britannique. L’occasion pour certains de réaffirmer l’avenir du projet européen.

Selon les prévisions présentées lundi, les 750 nouveaux postes de bureaux attendus au sein de la CJUE entreront en service en juillet 2019. C’est à cette date, donc, que l’ensemble des personnels de l’institution européenne devraient à nouveau être réunis sur un même site, comme ils l’étaient en 1972 lors de l’implantation de l’institution européenne à la Villa Vauban. Sauf qu’en plus de 40 ans, les espaces nécessaires au fonctionnement de l’organe représentant la justice européenne n’ont cessé de grandir au rythme de l’activité juridictionnelle de plus en plus importante de la Cour.

Le nouvel édifice, conçu sous forme de deux volumes décalés par l’architecte Dominique Perrault, occupera 39.750m² de surfaces nettes. Avec 30 étages, il sera le nouveau bâtiment le plus élevé du pays avec ses 120 mètres hors sol et respectera les normes écologiques les plus poussées. Et ce notamment grâce à l’exploitation de l’énergie solaire via des panneaux photovoltaïques installés sur les toits et les façades ou une isolation performante au travers de l’enveloppe du bâtiment. Comme décidé en conseil de gouvernement et voté en décembre 2015, l’enveloppe du projet s’élève à 168,7 millions d’euros. Outre la tour, ce dernier prévoit également l’extension de la galerie pour permettre la communication du nouvel ensemble.

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Tout comme ses jumelles, la troisième tour permettra «d’observer depuis son sommet quatre pays de l’Union européenne», comme le souligne lundi Koen Lenaerts, président de la CJUE, en référence directe à «l’onde de choc» provoquée par la volonté des citoyens britanniques de quitter l’Union européenne. Pour Koen Lenaerts, la pose de la première pierre de la cinquième extension de la CJUE intervient «comme un symbole» destiné à illustrer à la fois que «la justice cimente la cohésion européenne» et que ce projet «illustre la solidité de la construction européenne».

Une vision partagée par Félix Braz (Déi Gréng), ministre de la Justice, qui voit dans la mise en œuvre de la troisième tour «une démarche destinée à cimenter l’avenir de la Cour et de l’Union européenne», assurant même n’avoir «aucun doute» sur le fait que «l’avenir appartient à l’Europe et pas aux États nationaux». C’est dans cette logique que le locataire de la rue Érasme a plaidé lundi pour le développement de Luxembourg «en tant que capitale du droit européen».

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Comprenez sa volonté de faire venir au Kirchberg le futur Parquet européen, organe destiné à rechercher, poursuivre ou renvoyer devant les juges les auteurs d’infraction portant atteinte aux intérêts financiers de l’UE et toujours en phase de négociations entre États membres. Profitant de la présence de François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures, Félix Braz a souhaité lancer la réflexion autour de «la création d’un nouveau bâtiment au Kirchberg qui hébergerait le seul ministère de la Justice». Car «le fait d’être l’hôte de la Chambre de commerce n’est pas la meilleure des choses sur le plan symbolique...»