POLITIQUE & INSTITUTIONS

Orientation économique

Une stratégie «triple win» autour du satellite



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Étienne Schneider pense aux retombées économiques du premier satellite militaire et réfléchit déjà à d'autres investissements sur base des retombées économiques. (Photo: Sven Becker)

Présent mardi sur la base Grand-Duc Jean de Diekirch, le ministre de la Défense et de l’Économie, Étienne Schneider, a précisé les ambitions du gouvernement dans la compétition mondiale autour de la communication satellitaire.

Faire des contraintes imposées par l’Otan un avantage concurrentiel. Tel est l’esprit de la stratégie développée par le Luxembourg dans la course internationale que se livrent les États en matière de communication satellitaire. Critiqué par l’organisation transatlantique pour son faible effort budgétaire à son égard – 0,4% du PIB actuellement -, le pays entend développer une stratégie dans un domaine présenté comme «incontournable à l’avenir». Celui de la communication militaire.

Intervenant dans le cadre de la présentation de «la station militaire d’ancrage satellitaire», première unité d’émission et de réception de données de l’armée luxembourgeoise, Étienne Schneider (LSAP), ministre de la Défense et de l’Économie, a fait part de son intention «d’investir dans le domaine de la défense afin que le Luxembourg bénéficie du retour sur investissement». En clair, multiplier les projets militaires de haute technologie au Grand-Duché afin de former des personnels à haute valeur ajoutée, capables d’interagir ou d’intégrer le secteur satellitaire privé, chez SES ou les autres sociétés du secteur spatial.

Beaucoup de pays se sont déjà déclarés intéressés par notre satellite.

Étienne Schneider, ministre de la Défense et de l'Économie

L’un des exemples de cette stratégie a donc été dévoilé mardi avec l’utilisation du «Wideband Global Satellite System» (WGS), système américain à la pointe en matière de communication. Permettant de placer le Luxembourg sur la carte des pays disposant de cette technologie dans le cadre d’accords avec l’Otan, ce système devrait faire du Grand-Duché un acteur central dans la communication militaire en Europe. Que ce soit pour ses besoins ou celui de ses alliés.

Disponible jusqu’en 2031 sur le site de Diekirch, la technologie WGS sera associée, à partir de 2017, au grand projet de la Défense luxembourgeoise: la gestion du satellite LuxGovSat. Pierre angulaire de la stratégie gouvernementale, ce satellite militaire doit non seulement servir aux besoins de renseignement du gouvernement en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe ou en Asie, mais aussi être loué.

Réflexion autour de la création d'un hôpital militaire spécialisé

Assurant que «beaucoup de pays se sont déjà déclarés intéressés par notre satellite», Étienne Schneider voit dans ce projet une stratégie globale qu’il qualifie de «triple win». «Ce satellite va permettre à l’État d’être gagnant grâce à la location de 80% de ces capacités, il permettra à l’État de faire des économies via les sommes engrangées par SES et LuxGovSat dont nous sommes actionnaires et nous avons calculé un retour direct sur investissement à plus ou moins 13%», assure-t-il. Si le carnet de commandes se remplit rapidement, la possibilité de la commande et le lancement d’un deuxième satellite pourront même être envisagés.

Et pour compléter cette stratégie destinée à «apporter des retombées économiques pour l’économie luxembourgeoise», le gouvernement réfléchit à d’autres pistes. Comme celle de la création d’un hôpital militaire, accessible au public et spécialisé dans les biotechnologies. «Nous en sommes encore au début des réflexions, mais l’idée est d’injecter une partie des sommes engendrées par l’exploitation de LuxGovSat dans un hôpital dont le coût de fonctionnement serait retiré du budget du ministère de la Santé et de développer un secteur d’avenir.» Aucun détail sur l’emplacement de cet hôpital ni sur les partenaires potentiels n’a encore été dévoilé.